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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs diplomatiques CXXII. M. de Marcellus → Chateaubriand, 20 juin 1823, Londres

Correspondance

CXXII. M. de Marcellus → Chateaubriand, 20 juin 1823, Londres

Souvenirs diplomatiques · 2 min de lecture · p. 302–303 · chapitre 131 sur 163

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Londres, 20 juin 1823.

Les vents continuent à être contraires : point de nouvelles directes de Séville ni de Lisbonne. Les souscriptions pour les Cortés et les bals de secours's vont leur train. On ne peut se le dissimuler, l'opinion publique se nourrit de son fiel contre nous, le répand et le propage. Le meilleur contre-poison, c'est notre parfaite sécurité en Espagne, nos progrès et le commencement de la fin.

Ici, la querelle intestine du ministère s'envenime. M. Canning est plein d'aigreur; ses collègues lui reprochent d'avoir rendu la neutralité de l'Angleterre hostile à la France, quand elle devait être plutôt bienveillante pour nous. « Je les avais avertis, » me disait hier le duc de Wellington, « je savais comment finirait l'affaire. Ils ont agi suivant leurs idées de ressentiment; qu'en résulte-t-il? Que tout se fait sans nous, ou malgré nous. Nous sommes séparés du continent. Penitus toto orbe di- "sos. » (Voilà le guerrier lui-même devenu scolar. C'est une mode qui prend.) « Nous sommes sans nouvelles..... Eh bien! nous avons mérité d'être laissés de côté, et notre rôle en tout ceci n'a pas été oe qu'il devait être, »

Pour sortir de cette position si fausse envers ses collègues, M. Canning fera tôt ou tard des pas vers nous. Je le rencontre souvent; mais, après le Quid novi fert Iberia? qui sort toujours de sa bouche, et ma réponse, nous parlons des événements de Lisbonne ou des transactions. du parlement.

Le courrier Albancs, porteur d'uno lettre de la régence pour M. Canning, est arrivé ici le 19. Il a •remis sa lettre; on lui a expliqué au Foreign-o/fice que, s'il y avait une réponse, on l'enverrait directement à Madrid par un courrier anglais. Cet Albanie s'est présenté ici à la légation espagnole, où il a été fort mal reçu.

On prétend que l'anniversaire du 7 juillet va être célébré ici par les réfugiés espagnols. Quelle scandaleuse atrocité. Je ne veux pas y croire.

M.

P. S. M. de Bacourt, attaché à la légation des États-Unis, cst depuis quelques jours à Londres. Il me parait, sur tous les points, digne de votre bienveillance, et je la sollicite pour lui.