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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs diplomatiques LXXVI. M. de Marcellus → Chateaubriand, 14 avril 1823, Londres

Correspondance

LXXVI. M. de Marcellus → Chateaubriand, 14 avril 1823, Londres

Souvenirs diplomatiques · 1 min de lecture · p. 200–201 · chapitre 85 sur 163

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Londres, 14 avril 1823.

Voilà l'orage venu. Je l'entendais gronder. Ma dépêche vous dit tout. Vous y verrez, en détail, l'horreur et le dégoût qu'inspirent à M. Canning le discours du roi de France, les sarcasmes dont il cherche à le flétrir; comment, tandis qu'il présage et hâte l'émancipation des colonies espagnoles, coup si terrible pour le cabinet de Madrid, il espère vivement que l'Espagne sortira triomphante de la lutte où elle est engagée : le tout assaisonné de la neutralité franche et réelle de l'Angleterre; enfin, comment, effrayé d'aveux si naïfs, ou accablé sous le poids des applaudissements de l'Opposition, il a brusquement terminé sa harangue. Oui, M. Canning a fait des vœux pour l'Espagne et contre nous, au milieu des plus vives acclamations de l'Opposition, qui se répercutent aujourd'hui dans la rue, et pendant le silence embarrassé de ses amis. C'est bien sa véritable pensée; son secret lui est enfin échappé. L'amour de la popularité l'emporte. Adieu le passé monarchique et le culte de Pitt!

Je le redis néanmoins au plus fort de la tempête : il n'y a ici, pour notre affaire d'Espagne, rien à espérer; mais il n'y a non plus rien à craindre.

M.