Correspondance
CXLV. M. de Marcellus → Chateaubriand, 17 juillet 1823, Londres
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Un mot du parlement en dehors de mes grandes dépêches spéciales.
La réforme et les intérêts catholiques l'ont à peine occupé cette année; en voici la raison. Le cabinet anglais, qui n'était jusqu'ici divisé en lui-même que sur des points consciencieux et, pour ainsi dire, théologiques, s'est vu tout d'un coup, par l'accession d'un puissant ministre, désuni en opinions politiques, et presque en principes fondamentaux d'administration. Il a alors employé son influence dans les deux chambres a retarder l'époque où cette désunion devait éclater; ainsi, après quelques discussions étouffées, la cause de la réforme et la question catholique ont du céder presque sans combat.
Quelques lois sévères ont été appliquées è l'Irlande; mais, malgré certains palliatifs, on ne peut prédire une fin prochaine à ces troubles, qui se fondent sur la religion, les mœurs, et sur le caractère de six millions d'individus.
L'Amérique présente aux yeux des ministres anglais un avenir plus satisfaisant. De ce côté, re connaissances, médiations, stipulations commerciales, il faut s'attendre à tout.
Ma dépêche politique, n° 115, renferme une espèce de récapitulé de ma gestion, que termine cette dépêche officielle. Vous venez de voir les derniers traits de ma plume confidentielle aussi. Portez, de grâce, aux pieds du trône, l'hommage de ma reconnaissance éternelle pour les fonctions momentanées que le roi a bien voulu me confier. Si, pour le reste de ma carrière politique, j'ai à souhaiter de ne plus servir mon pays dans des circonstances aussi difficiles et aussi pénibles, je ne puis désirer au moins pour mon avenir des encouragements plus flatteurs que ceux dont Louis XVIII, Georges IV et vous, avez daigné m'honorer. M.