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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs diplomatiques LXXXII. M. de Marcellus → Chateaubriand, 29 avril 1823, Londres

Correspondance

LXXXII. M. de Marcellus → Chateaubriand, 29 avril 1823, Londres

Souvenirs diplomatiques · 1 min de lecture · p. 217–218 · chapitre 91 sur 163

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Londres, 29 avril 1823.

Je le vois bien ici, l'humeur et la colère sont de mauvais conseillers. Il est temps de mettre fin aux récriminations. Elles ne doivent rien modifier de notre système à Paris, et elles ne renverseraient pas M. Canning à Londres. Ces altercations de tribune ou de cabinet ne dominent point sans doute les nobles caractères de deux hommes supérieurs; mais elles peuvent laisser quelques nuages dans les esprits les plus élevés et les plus fermes.

Vous verrez, dans ma dépêche n° 88, tout ce qui touche à la déposition des documents diplomatiques.

Après quelques questions sur notre marche en Espagne, auxquelles j'ai répondu en traçant sur la carte nos progrès, M. Canning m'a lu le brouillon de la note responsive qu'il prépare sur les armements en course : la voici en gros :

L'armement en course est toujours défendu en Angleterre, ainsi que l'enrôlement pour l'étranger ; mais après de longues excursions sur le terrain de l'histoire maritime aux États-Unis, en France même, le gouvernement britannique se déclare impuissant à proscrire la vente des prises. - Vous lirez mes objections et mes répliques dans ma dépêche : en voici de plus vives que je n'ai pas épargnées au ministre.

Quoi! vous défendez l'enrôlement pour l'étranger, et sir Robert Wilson annonce dans tous les journaux son départ pour l'Espagne, enrôle vingt officiers anglais, s'embarque à Falmouth sans obstacle; vous n'empêchez rien, et vous n'aurez le droit de les punir qu'à leur retour? Il est vrai, ai-je ajouté, que, s'ils font face à nôtre armée, ils ont quelque chance de ne pas revenir du tout.

Vous dites aussi que les puissances neutres ont toujours ouvert leurs ports aux prises; mais jamais puissance belligérante leur a-t-elle fermé les siens? Et c'est cependant ce noble exemple que la France vous donne! -Le reste dans ma dépêche. M.