Correspondance
L. Chateaubriand → M. de Marcellus, 3 mars 1823, Paris
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Paris, 3 mars 1823.
Vos dépêches, comme vos lettres particulières, sont très bonnes. Continuez ainsi. Laisser mon honorable ami Canning se fâcher tant qu'il lui plaira. Il s'est fourvoyé. Il avait rêvé la guerre, et il ne peut pas la faire : voilà la raison secrète de son humeur. Yous pouvez être certain qu'il se fâchera à propos de tout. Mon discours, qui devrait le satisfaire, puisque je dis que nous écouterons toute proposition de paix, ne le satisfera pas. Il y trouvera quelque raison nouvelle d'aigreur et d'irritation. - A Madrid, tout est en dissolution. Comment l'Angleterre prendrait-elle ce moment pour rompre la neutralité? Il a'y aura pout-être plus de Cortès dans huit jours. Je parlerai demain, à la chambre des députés, longuement et tout en éloges de l'Angleterre, et particulièrement de lord Liverpool et de M. Canning. Je m'attends néanmoins à des attaques dans le parlement comme dans les journaux d'outre-mer; mais si cela m'arrive, je me défendrai de mon mieux dans nos chambres ou ailleurs, et nous verrons qui gagnera au marché. - Voici une affaire de Portugal; vous verrez l'insolence de ce petit royaume révolutionnaire qui veut à toute force qu'on s'occupe de lui.