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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs diplomatiques LXXXVII. M. de Marcellus → Chateaubriand, 5 mai 1823, Londres

Correspondance

LXXXVII. M. de Marcellus → Chateaubriand, 5 mai 1823, Londres

Souvenirs diplomatiques · 1 min de lecture · p. 223 · chapitre 96 sur 163

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Londres, 5 mai 1823.

Depuis les souhaits hostiles de M. Canning, je ne 'le cherchais pas, et mon silence semblait attendre ou provoquer de sa part une sorte de palinodie. C'est lui qui me cherche maintenant, et qui me revient. Je disais hier, devant lui, au prince Esterhazy, sans affectation, que le télégraphe de Calais m'apportait régulièrement les plus promptes nouvelles de France et d'Espagne. Un moment après, le ministre m'a pris à l'écart : - « Seriez-vous assez bon pour me transmettre ces bulletins télégraphiques dont vous parliez tout à l'heure? -Moi. Je l'aurais déjà fait; mais comme ils annoncent nos succès, j'ai pensé qu'ils vous seraient désagréables, à vous qui souhaitez nos revers. - M. CANNING. « Oh! vous attachez trop de sens à un mot. » - Moi. C'est ici mon tour de vous répéter ce que vous me disiez, il y a un mois, de mes explications : des confidences commentent toujours mal des déclarations publiques. - M. CANNING. « Allons! allons! pas de rancune, et envoyez-moi vos bulletins. »• - Moi. Des ce soir même, à la condition qu'ils passeront sous les yeux du roi, qui prend, vous le savez, un grand intérêt à nos opérations militaires.

Au reste, je n'ai pas attendu pour ce fait la bonne volonté du ministre; et j'ai pris des moyens pour transmettre promptement et directement à Georges IV toutes les dépêches que le télégraphe de Calais m'apporte. M.