Correspondance
LIV. Chateaubriand → M. de Marcellus, 10 mars 1823, Paris
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Paris, 10 mars 1823.
Je vous envoie copie de la lettre que j'écris directement à M. Canning, afin que vous sachiez où j'en suis avec lui. Son humeur augmente à mesure que ses espérances de négociation, de médiation ou d'action diminuent; c'est dans l'ordre. Nous avons les meilleures nouvelles de Russie. L'empereur m'a écrit une lettre pleine de bonté. Il nous soutiendra de tout son pouvoir, si l'Angleterre était assez aveugle pour nous attaquer; et vous pouvez être sûr que l'Autriche et la Prusse suivraient : mais, grâces à Dieu, nous n'en sommes pas là, et l'Angleterre restera neutre.
Vous aurez vu toute la farce de nos libéraux! Ils en sont bien honteux ; ils n'ont pas pu, à propos de Manuel, ameuter quatre Savoyards. Ils boudent encore, mais on croit qu'ils reviendront voter le budget. Nous sommes en plein succès. Je parlerai à la chambre des pairs sur la loi des cent millions; et j'y dirai ce que je n'ai pu dire en réplique, à la chambre des députés, parce qu'il n'y avait plus d'opposants.
Rassurez le comte de Lieven. Je n'ai rien dit de • l'empereur de Russie que par son ordre. C.