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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs diplomatiques CXIV. Chateaubriand → M. de Marcellus, 5 juin 1823, Paris

Correspondance

CXIV. Chateaubriand → M. de Marcellus, 5 juin 1823, Paris

Souvenirs diplomatiques · 1 min de lecture · p. 286 · chapitre 123 sur 163

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Paris, 5 juin 1823.

Depuis ma dernière lettre, il m'est arrivé un courrier de Pétersbourg, et un autre de Vienne. Le prince Metternich m'écrit, de sa propre main, une lettre tout obligeante et pleine de reconnaissance pour ce que j'ai fait. Il parle à peine du roi de Naples, et m'annonce qu'il a envoyé à Madrid un agent diplomatique; c'est M. Brunetti. - De la part de la Russie, même concours. L'empereur me comble personnellement de bontés, et Pozzo reste libre d'aller Ini-même à Madrid, ou d'y envoyer M. Bulgari, qui serait bientôt suivi d'un ambassadeur. Ainsi voilà les affaires bien arrangées. Castelcicala et Metternich ont renoncé d'eux-mêmes à une pelite intrigue qui nous aurait pu faire bien du mal. Gardez encore le secret sur tout cela.

Est-il vrai qu'un banquier, M. Coke, ait prêté deux cents millions aux Cortès? Cela paraît de la démence. Tâchez de savoir le fond de cette affaire.

Bordesoulle a du se mettre en marche sur Séville le 2 de ce mois. II y arrivera le 17, et alors que sera devenu le roi? Ne parlez pas de ce mouvement, parce qu'il est possible que quelque chose le contrarie.

Le Moniteur d'aujourd'hui contient l'ordonnance pour la vente de nos vingt-trois millions de rente. N'est-ce pas prodigieux de nous voir, au milieu d'une guerre, nous débarrasser de nos dettes, et nettoyer le trésor du papier qui l'encombrait? Ce coup hardi ne peut avoir que le meilleur effet sur l'esprit public, et donner une idée juste et honorable de notre crédit, de notre résolution et de nos ressources.