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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand, sa femme et ses amis Chapitre XIV. Encore la Vallée aux Loups (suite)

Chapitre XIV. Encore la Vallée aux Loups (suite)

Chateaubriand, sa femme et ses amis · 15 min de lecture · p. 517–526 · chapitre 153 sur 167

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Bordeaux : Féret, 1896, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Au témoignage de Sismondi, Mme de Grollier faisait alors le centre de la société de Chateaubriand. Elle « avait au moins soixante-dix ans2 »

(2) « C'est dans la société presque uniquement que j'ai trouvé le charme de Paris, et ce charme va croissant à mesure qu'on remonte à des sociétés plus âgées; je suis confondu du nombre d'hommes et de femmes qui approchent de quatre-vingts ans, dont l'amabilité est infiniment supérieure à celle des jeunes gens... Mme de Boufflers... Mme de Coislin... Mme de Grollier... ... Après avoir considéré ces monuments d'une civilisation qui se détruit, on est tout étonné, lorsqu'on passe à une autre génération, de la différence de ton, d'amabilité, de manières.i (Sismondi.) ↩

Quelques années plus tard, Chateaubriand « ramagea des vers » à son intention : il les écrivit sur un album qui renfermait des pensées de M. le baron de Humboldt, autre visiteur assidu, pendant les dernières années de l'Empire. Mme de Grollier offrait à l'illustre savant cet album qu'elle avait orné de fleurs peintes :

Vous qui vivrez longtemps, comment pouvez-vous croire Qu'on vous offre des fleurs si promptes à mourir ?

« Présentez, direz-vous, ces filles du zéphir

A la beauté, mais non pas à la gloire. » Des dons de l'amitié connaissez mieux le prix,

Dédaignez moins ces fleurs nouvelles :

En les peignant sur vos écrits, J'ai trouvé le secret de les rendre immortelles.

De qui Sainte-Beuve tenait-il le propos suivant? Peut-être de la marquise de Grollier ; plus probablement, de Mme la comtesse de Boigne. En toute hypothèse, il a sa place bien marquée dans ce chapitre :

Une personne de grâce et de distinction, qui habitait près d'Aulnay en 1812, me raconte que quelquefois, le matin, on allait, en compagnie, surprendre M. de Chateaubriand dans son ermitage de la Vallée aux Loups. Il quittait aussitôt son travail, fourrait sa plume sous son papier, ou sous un certain coussin de canapé, comme un écolier qu'on délivre (il n'avait pas encore de secrétaire), et faisait gaiement, le reste du jour, des promenades où il se montrait tout à fait bon garçon.

Promenades dans les environs, c'est probable; mais, certainement, après avoir circulé dans l'enclos inspirateur et enchanté, après en avoir visité tous les coins et recoins.

Sainte-Beuve aurait bien dû s'en tenir au récit original. Qu'avait-il besoin de glisser dans la parenthèse une remarque de sa façon? Déjà Chateaubriand avait un « secrétaire qui travaillait pour lui » Non peut-être encore un secrétaire attitré; aussi dit-il: a une espèce de secrétaire . Ne serait-ce pas à ce même copiste intermittent qu'il répondait par une lettre dont l'original est sous mes yeux : « Je n'avais point oublié, Monsieur, les rapports que j'ai eus, il y a quelques années, avec vous, et je voudrais qu'il fût en mon pouvoir de les multiplier. Malheureusement, j'ai moins besoin que jamais de secrétaire, et ma position m'oblige à resserrer ma vie dans le cercle étroit de ma fortune... »

Récrivait à Dieppe, octobre 1812 : «... Le sénéchal Gerbert, dont le fils est devenu pendant quelque temps mon secrétaire; le procureur fiscal Petit ; le receveur Courvoisier ; le chapelain, l'abbé Charmel : voilà la société de Combourg1. »

(1) Souvenirs d'Enfance et de Jeunesse. ↩

Un enfant de Combourg à la Vallée aux Loups ! Quelle occasion de rêves et quelles évocations mélancoliques ! Les bois, les charmilles, le château féodal, la cour verte, le petit mail, le grand mail, le lac, les hauteurs profilées de Bécherel, la famille, et Lucile !

La maison n'a pas cessé d'être une chaumière. Examinonsa d'un coup d'œil rapide.

C'est très petit, surtout bas de plafond, en réalité trois entresols, presque trois entreponts (le mot n'aurait pas déplu au Malouin toujours épris de l'Océan). Mais les embellissements, rêvés dès la première heure, les voilà réalisés.

L'aspect extérieur offre quelque originalité à tort et à travers. La façade, surface plane et blanche, forme juste un parallélogramme; le toit, très bas, est caché par les « créneaux gothiques » Sur le derrière, au premier étage, une fenêtre ogivale avec balcon; au deuxième, une rangée de fenêtres à cintre surbaissé. Sur le devant, face au parc, le petit portique avec ses deux colonnes de marbre noir et ses deux cariatides de marbre blanc; fenêtres et portes très simples, plein cintre; persiennes superposées, c'est-à-dire coupées à partir du cintre.

A l'intérieur : le rez-de-chaussée comprend le vestibule, un escalier à deux branches, cuisine, salle à manger, salon, office; le premier étage comprend deux chambres à coucher, un petit salon, séparé des deux chambres par un vestibule. A l'attique des mansardes, deux chambres de garçon, quatre chambres de domestiques.

Dans le parc, enclos de murs, largement dessiné, et très bien tenu, citerne, serre, remise, écurie, basse-cour, logement du jardinier.

A notable distance de la maison, dans une partie du parc (actuellement très ombragée), en plein silence et parfait recueillement, sur un des coteaux, et le mieux situé, voici le petit pavillon. C'est dans cet édicule hexagone, bien simple, bien ordinaire, petit, sorte de pigeonnier, que furent composés les Martyrs, l'Itinéraire, les Abencérages, Moïse, les Études historiques; et bientôt, De Buonaparte et des Bourbons, la Monarchie selon la Charte.

Au rez-de-chaussée, le cabinet de travail, avec bibliothèque; au premier étage, une chapelle, et un balcon en fer.

A nommer et dénombrer ainsi pièce après pièce, une illusion serait possible; et l'on serait tenté de concevoir une certaine idée de grandeur. Or, les pièces sont toutes petites. Et petite aussi toute la maison.

Quelle maison pour lui ! , le chevalier, grandi dans l'immense château de Combourg ! S « les appartements en étaient petits », au moins n'avait-il pas sujet de dire avec « le bon Socrate › : « Plût au ciel que de vrais amis - telle qu'elle est... elle pût être pleine ! »

Les jours de lectures, et maintes fois aussi par l'effet des rencontres fortuites, la maison s'était trouvée insuffisante : a l'on y tournait à peine. » Impossible que, parmi ces lettrés, l'un ou l'autre ne se fût pas accordé la fantaisie de citer la jolie fable, de la détourner de son sens amer, de la retourner en manière de louange :

Chacun admirait son ouvrage.

Lui, de son côté, fier de son k ouvrage , moins que de ses amis, les prenait à témoin contre la moralité passée en proverbe, et s'écriait, en les désignant du doigt :

Heureux qui s'y repose !

La maison », disait, en 1812 ou 1813, un visiteur qui fut avec Chateaubriand en correspondance suivie, « la maison est agréable; le parc est enclos de murs et planté avec soin. Le tout présente l'aspect d'une vallée solitaire environnée de bois qui semblent en faire partie. On y trouve la collection presque entière des arbres exotiques ou naturels au sol de la France, »

Ses arbres croissent, et, en même temps, croît aussi le bonheur d'avoir un foyer hospitalier, un jardin qui prend figure et que les flatteurs appellent le parc.

Il ajoute à ses plantations ; il remanie ses allées; il prépare plates-bandes et massifs, pour égayer et embaumer la Vallée ; il demande ou accepte arbustes, fleurs, a terre de bruyère › ; il espère agrandir son petit domaine et convoite la lisière des bois voisins ; « l voudrait accroître sa promenade de quelques arpents ».

Fiers de sa gloire, et surtout heureux de son bonheur, ses amis le poussent dans cette voie; chacun se fait complice par ses dons agrestes, ou par ses compliments affectueux.

On aime à prolonger l'entretien et la promenade dans son enclos, à suivre les allées sinueuses tracées de ses mains; on jouit du soleil, du grand silence, du grand air; on admire la belle vue ; on étend les perspectives en montant à la tour. On se souvient du mot : o fortunatos nimium, et on le lui applique; d'autant que le propriétaire de la Vallée connaît son bonheur, et l'avoue en citant à son tour :

Son bonheur consistait aux beautés d'un jardin...

J'inspirerais ici l'amour de la retraite.

Elle offre à ses amants des biens sans embarras,

Biens purs, présents du ciel qui naissent sous nos pas.

Solitude où je trouve une douceur secrète, Lieux que j'aimai toujours...

La Parque à filets d'or n'ourdira point ma vie;

Mais voit-on que le somme en perde de son prix?

En est-il moins profond et moins plein de délices ?

On sait que Chateaubriand admirait beaucoup et citait souvent les auteurs classiques, La Fontaine surtout.

Le beau panorama ! Des plaines et des collines, des moissons, des cultures, des arbres fruitiers, des landes couvertes d'ajoncs sauvages, des châtaigneraies en amphithéâtre, et dont le versant, « velouté de mousses, est fleuri de bruyères roses ».

Les prairies, coupées de fontaines et bornées d'aulnes, finissent sous le vieux clocher de Chatenay, - où venait prier la reine Blanche, - où fut baptisé Voltaire.

Derrière le coteau du Nord, à deux lieues, Paris, le Louvre, le Champ de Mars; au sommet, Châtillon, dont Rabelais desservit la cure; à ses pieds, le village de Plessis, avec son étang mélancolique.

Sceaux, où furent des parcs fastueux, de hardis jets d'eau, et les cours si brillantes de Penthièvre et du Maine, splendeurs évanouies.

« Ce sillon blanc, qui coupe les champs sous un rayon de soleil » c'est la route de Choisy. Fatiguée autrefois de tant d'équipages et de courtisans, elle est si déserte, maintenant, cette route, que l'herbe croît dans l'inutile grandeur de ses marges, et, le plus souvent, ce sont les loups seuls qui vont à Versailles par ce chemin.

Derrière ces grands bois, le soleil se couche sur Meudon, Versailles et les ruines de Port-Royal.

Combien de maisons forment le hameau? Huit. La plus belle appartient à M. Lenoir-Laroche. C'est là que mourut Saint-Martin, « le philosophe inconnu1.

(1) Ce passage résume le chapitre intitulé « Étude de paysage » dans le livre de M. de Latouche : la Vallée aux Loups (Paris, 1833). C'est le seul chapitre qui réponde au titre. ↩

Quel doux et champêtre silence! Quelle sérénité et quelle poésie dans cette solitude !

Une anecdote, que Sainte-Beuve tenait de la bouche même de Cousin, se rattache à ce temps :

Charles Loyson et Cousin, vers 1812, se décidèrent un matin de dimanche à aller faire visite à Chateaubriand, qui logeait alors, je crois, à la place Louis-XV2. Annoncés comme élèves de l'École normale, ils furent accueillis avec politesse et exposèrent l'objet de leur visite, qui était de soumettre à l'illustre auteur des Martyrs un essai de traduction de l'Iliade, que Loyson avait commencée. M. de Chateaubriand s'en fit lire quelque chose, approuva l'exactitude que cherchait le traducteur, lui demanda plus de fidélité encore et de littéralité, et l'engagea à poursuivre.

(2) Sainte-Beuve « croit » à tort. - Chateaubriand logeait alors rue de Rivoli. C'est en 1805, au printemps, et seulement jusqu'à l'acquisition de la Vallée aux Loups, automne de 1807, qu'il occupa un appartement à l'hôtel de la marquise de Coislin, place Louis-XV. ↩

La semaine ne se passa point sans que lui-même fût venu à l'École normale, alors au collège du Plessis, déposer sa carte à l'adresse des deux jeunes gens.

Mais lorsqu'à l'un des dimanches suivants, les deux amis retournèrent pour lui rendre visite et pour jouir de sa conversation, tout en restant très poli, il leur fit comprendre que d'autres intérêts et d'autres soins le réclamaient pour le moment. La politique, en effet, et ses fureurs vengeresses allaient déjà le ravir aux lettres1.

(1) Nouveaux Lundis, t. XI, article sur Charles Loyson. ↩

C'est trop tôt alléguer la politique, sinon pour ajouter qu'elle allait de nouveau l'exiler. Quand éclateront « les fureurs vengeresses » il faudra convenir qu'elles auront été terriblement provoquées. Quel régime que celui auquel Sainte-Beuve gardait une sorte de culte domestique !

Voici la vérité sur le congé poli donné aux jeunes visiteurs : Chateaubriand ne voulait à aucun prix d'une suite de disciples. Allait-il sitôt démentir la solennelle déclaration contenue dans les notes des Martyrs : « Je vis seul; je n'ai point d'école, point de jeunes gens qui viennent recueillir les paroles du maître. Si j'en crois pourtant la faveur publique, il ne tiendrait qu'à moi de m'entourer de nombreux disciples. »

Sainte-Beuve, qui devait reprocher à l'illustre auteur cette réserve, et la lui reprocher pour son propre compte, aurait bien pu, sans grand effort, deviner ce que j'indique comme le vrai motif. - Peut-être aussi, de la part de Chateaubriand, n'était-ce que prudence, sous un régime aussi ombrageux.

Un autre de ces jeunes enthousiastes, appelé lui aussi à s'illustrer dans les lettres, Genoude, fut reçu à l'ermitage d'Aulnay.

Il n'avait pas vingt ans.

C'est à la Vallée qu'il eut pour la première fois le bonheur de voir Chateaubriand, sa grande admiration. A ce jeune homme ardent, épris de littérature et d'art, de philosophie aussi, et converti depuis peu, l'auteur des Martyrs parla de religion et de poésie, de la Bible et d'Homère. Il lui dit avant de le quitter : « Je mettrais ma tête sur le billot pour confesser la divinité de Jésus-Christ. »

A quelque temps de là, en 1812, pendant que se préparait la guerre de Russie, Genoude revint à la Vallée aux Loups. Chateaubriand lui prédit la chute de Bonaparte. « Il aura le sort de Crassus, dit-il. Les Russes vont se retirer devant lui comme les Parthes, et cette expédition sera l'écueil de sa puissance1. »

(1) V. Etudes et Portraits, par Edmond Biré (pp. 122 et 127). ↩

Dangereux métier que celui de prophète, par des temps comme celui-là.

Ce fut sans doute à quelque propos de ce genre que le solitaire de la Vallée fut redevable d'un nouvel ordre d' exil ». Il lui fut transmis par Pasquier, préfet de police, le 4 septembre 18122.

(2) Les dates sont toutes brouillées dans le livre de Villemain : « François-Auguste de Chateaubriand naquit à Saint-Malo le 4 décembre 1768 (p. 5) »; et plus loin (p. 501) : « Né en mai 1768, il avait alors soixante-deux ans. » Or, « François-René de Chateaubriand est né le 4 septembre 1768 ». Chateaubriand ajoute, dans ses Mémoires : « On voit que je m'étais trompé dans mes ouvrages : je me fais naître le 4 octobre et non le 4 septembre ; mes prénoms sont : François-René, et non pas François-Auguste. » - « Toute son ambition était alors d'insérer quelques vers dans l'Almanach des Muses, comme ce fut la mienne de retrouver, sous la date de 1787, cette première trace, assez indécise, d'un talent qui se cherchait lui-même » (p. 29). Or, voici ce qu'on lit dans la préface des poésies de Chateaubriand : « C'est dans ces idylles d'une espèce nouvelle que le lecteur rencontrera les premières lignes qui aient jamais été imprimées de moi. Le neuvième tableau fut inséré dans l'Almanach des Muses de 1790; il y figure à la page 205, sous ce titre que je lui ai conservé : l'Amour de la campagne, par le chevalier de C...» - En août 1791, le jeune homme [Chateaubriand] naviguait sur un vaisseau de commerce parti de Saint-Malo, avec quelques étrangers, quelques prêtres, se dirigeant vers Baltimore... » (p. 5 r.) -« Poussé en dix-sept jours d'un bord de l'Atlantique à l'autre, après des coups de vent terribles et de graves périls, pendant cinq jours, parmi les récifs voisins du Havre, le navire aborda dans ce port le 2 janvier 1792. Il revit Saint-Malo après quatorze mois d'éloignement de la France » (p. 57). Du 1er août 1791 au 2 janvier 1792, cela ferait cinq mois et non quatorze. Dans le vrai, Chateaubriand partit de France en avril 1 791 et reparut au Havre le 2 janvier 1792 : l'absence avait duré neuf mois. - (P. 63.) « Il n'a marqué nulle part les jours et les semaines de sa pénible convalescence. Mais il paraît avoir été retenu à Jersey pendant plusieurs mois, jusqu'au printemps de 1793. Là, sans doute, il apprit le crime du 21 janvier, et dut trembler pour la vie des siens (a). » - (P. 72.) « Nous le disons avec regret, bien que M. de Fontanes ait été le premier et peut-être le seul ami [!!] du grand écrivain, plus jeune que lui de quinze années...i M. de Fontanes naquit le 6 mars 1757. Chateau- ↩

Le fait, attribué par Mme de Chateaubriand à l'année 1807, doit être rattaché à 1812.

M. Pasquier, alors préfet de police et avec lequel nous avions été extrêmement liés, fut chargé de nous annoncer notre bannissement. Comme il y voulut mettre des formes, il m'écrivit un petit billet plié en corne, où il me priait de passer chez lui. Je lui répondis que si c'était le préfet de police qui m'invitait à me rendre chez lui, j'étais à ses ordres; mais que si c'était M. Pasquier, comme l'indiquait le petit chiffon de papier, je l'attendais chez moi. Il ne vint point, je n'allai point chez lui, et ce fut à mon mari qu'il transmit les ordres de son maître.

(a) On lit dans les Mémoires d'Outre-Tombe : « Je demeurai quatre mois entre la vie et la mort. Dans les derniers jours de janvier 1793, voyant entrer chez moi mon oncle en grand deuil, je tremblai ; car je crus que nous avions perdu quelqu'un de notre famille. Il m'apprit la mort de Louis XVI... J'arrivai à Londres le 21 mai 1793. »

Le texte du billet d'appel, cette fois à l'adresse de l'incorrigible frondeur, a trouvé place dans le premier volume des Mémoires d'Outre-Tombe :

briand, né le 4 septembre 1768, était plus jeune non pas de quinze ans, mais de onze ans et six mois. - (P. 94.) « Le Génie du Christianisme fut publié au mois de mai 1802, pour se rencontrer en quelque sorte avec le grand événement du Concordat promulgué, des églises rouvertes... » Le Génie du Christianisme parut en avril 1802. Le Concordat fut publié le 18 avril, jour de Pâques, dans tous les quartiers de Paris, avec grand appareil. Le Te Deum fut chanté à Notre-Dame, où s'était transporté le Premier Consul. Le Moniteur du 18 avril reproduisit le premier article de Fontanes publié d'abord dans le Mercure. - (P. 145.) « Nous l'y trouvons [à Villeneuve] à la fin de 1804, près de sa femme, qu'il avait conduite d'abord aux eaux de Vichy et qu'il venait rejoindre dans cette demeure amie [de Joubert]. » Le voyage de Vichy se fit en 1805. - (P. 146.) « Pendant • son séjour chez cet ami (en 1804), sa sœur Lucile, veuve depuis un an, sous le nom de Mme de Caud, vivait seule à Paris. » Lucile devint veuve le 15 janvier 1797; la date a été relevée dans le registre des décès pour l'an V de la mairie de Rennes. - (P. 158.) « Dans les jardins de l'Alhambra, une amitié trop tendre était venue attendre le nouveau et plus faible pénitent, au retour de sa mission. Il n'en dit rien dans ses Mémoires...i Il s'agit de la duchesse de Mouchy, née de la Borde. Chateaubriand n'a que trop parlé de ce rendez-vous dans ses Mémoires. - (P. I9I.) « L'ordre verbal qui, en 1813, l'éloigna quelque temps de Paris, cette espèce de relégation à Dieppe, qui lui fut conseillée plutôt que prescrite, ne dut pas le ramener à des études trop insuffisantes pour occuper son âme, dans la crise violente de la France et de l'Europe, » Le billet du préfet de police (Pasquier) invitant Chateaubriand à passer à son cabinet pour y recevoir « l'ordre de s'éloigner de Paris » est daté « 4 septembre 1812 ».