Chapitre III. Lettres de France. (Mai 1800-mai 1803) (suite)
[Chateaubriand] → Fontanes, 11 thermidor, au soir [30 juillet 1800]
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11 thermidor, au soir [30 juillet 1800].
Je vous envoie, mon cher ami, un Mémoire que de Sales m'a laissé pour vous.
Rendez-moi deux services :
Donnez-moi d'abord un mot pour le médecin.
Tâchez ensuite de m'emprunter vingt-cinq louis.
J'ai reçu de mauvaises nouvelles de ma famille, et je ne sais plus comment faire pour attendre l'autre époque de ma fortune, chez
Migneret. Il est dur d'être inquiet sur ma vie, pendant que j'achève l'œuvre du Seigneur. Juste et belle Révolution ! Ils ont tout vendu. Me voilà comme au sortir du ventre de ma mère, car mes chemises même ne sont pas françaises. Elles sont de la charité d'un autre peuple. Tirez-moi donc d'affaire, si vous le pouvez, mon cher ami. Vingt-cinq louis me feront vivre jusqu'à la publication qui décidera de mon sort. Alors le livre paiera tout, si tel est le bon plaisir de Dieu, qui jusqu'à présent ne m'a pas été très favorable.
Tout à vous.
La Sagne.
(Suscription) Au citoyen Fontanes,
rue Honoré1.