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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand, sa femme et ses amis Chapitre II. Correspondance de l'exil (suite)

Chapitre II. Correspondance de l'exil (suite)

Chateaubriand, sa femme et ses amis · 2 min de lecture · p. 46 · chapitre 10 sur 167

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Bordeaux : Féret, 1896, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Le nom tracé dans la suscription est effacé. Je crois le rétablir en lisant Fontanes. Les allusions de la lettre m'y autorisent pleinement. D'ailleurs, ne suffit-il pas que l'autographe figure parmi les papiers de Fontanes? Il est accompagné de deux copies, toutes deux de la même main; l'écriture n'est plus celle de Chateaubriand. Ces deux copies présentent quelques légères différences de rédaction; en outre elles ne portent pas en tête, ni dans le corps, le mot « citoyenne »; le paragraphe de la fin & quel long silence » ne s'y trouve pas. L'une de ces copies est datée du 20 août 1799; elle offre au commencement et à la fin les initiales F. S. L'autre est datée du 26 août 1799; elle offre en tête et à la fin les initiales L. M.

Petits problèmes à résoudre et dont la solution m'échappe. Peut-être ces copies étaient-elles destinées, la première, marquée des initiales F. S., à Fontanes, errant de ville en ville en Allemagne; la seconde, avec les initiales L. M., à M. Lemierre, neveu du poète du même nom et traducteur des poésies de Gray. Il avait écrit de Paris le 15 juillet 1797, à Chateaubriand, que l'Essai & avait le plus grand succès »2.

(2) Mémoires d'Outre-Tombe. ↩

La seconde copie se termine par les lignes suivantes : « Si le citoyen F. S. était à Paris et relevé du décret qui l'a condamné à l'exportation, nous vous prions de le voir et de lui parler de nous. »

Voici la troisième lettre de Chateaubriand, en réponse à une lettre de son ami, pleine de tristesse. Publiée par Sainte-Beuve1 sans la « permission s de Mme de Fontanes, celle-là donna lieu à un incident pénible qui sera raconté en détail.

(1) Causeries du Lundi, t. X. - Lundi 17 avril 1854. ↩

Indiscrétion à part, la lettre n'y a pas perdu : il faut même convenir qu'elle y a gagné.

Avant de la produire dans l'article du Moniteur intitulé : Anniversaire du & Génie du Christianisme , Sainte-Beuve en discute et en mesure la portée avec un lumineux bon sens .

« La sincérité de l'émotion dans laquelle Chateaubriand conçut la première idée du Génie du Christianisme, est démontrée par la lettre suivante écrite à Fontanes, lettre que j'ai trouvée autrefois dans les papiers de celui-ci, dont Mme la comtesse Christine de Fontanes, fille du poète, possède l'original, et qui, n'étant destinée qu'à la seule amitié, en dit plus que toutes les phrases écrites ensuite en vue du public. On me permettra de la donner ici tout entière : c'est un titre essentiel; c'est la seule réponse victorieuse qui se puisse opposer aux notes marginales qu'on invoque, et dont j'ai cité quelques-unes, du fameux exemplaire de l'Essai. Confidence intime contre confidence; et, à quelques mois de date, un cœur qui se retourne et se réfute éloquemment avec sanglots. Le ton de cette lettre paraîtra certainement étrange, le style est exagéré; celui qui écrit est encore sous l'empire de l'exaltation, mais le caractère véridique de cette exaltation ne saurait être mis en doute un moment. »