Chapitre XII. Les amis, l'empereur et l'institut (suite)
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De « ces beaux vers » Villemain a dit : « Nous les savions par cœur. - Strophes qui méritent de n'être jamais oubliées. » - & Tout cela nous charmait comme Boileau consolant Racine de critiques injustes. Au fond, l'acte de M. de Fontanes était plus méritoire; et celui qui prenait ainsi la parole pour la défense et la gloire d'un ami disgracié, occupait une grande place fort enviée qu'un mot jugé blessant pouvait lui faire perdre. Nulle crainte semblable ne fut admise par un esprit réservé d'ailleurs, mais noble et sensible, avant tout, au talent d'autrui et à l'éclat des lettres. »
Hoffmann riposta par deux articles où il y a de l'esprit encore : gerbes d'étincelles qui ne mordent plus. La préface et les notes de Chateaubriand avaient un autre éclat et une autre force.
Le critique termine par des ironies où se trahissent d'abord l'étonnement de voir se relever un livre qui semblait écrasé, et puis l'humeur d'être seul à soutenir la lutte, quand, au début, on était légion. Cette fin est on ne peut plus caractéristique.
L'effet désastreux des premiers articles, tous l'ont dit et souligné en l'exagérant très fort, puisque « il s'écoula beaucoup plus d'exemplaires des Martyrs en quelques mois qu'il ne s'était vendu d'exemplaires du Génie du Christianisme en plusieurs années ».
Le long feu, le raté des deux derniers articles, nul, à ma connaissance, n'en a parlé; personne n'a cité cette fin :
Grâce à mes critiques, les Martyrs ont acquis un volume de plus. Les notes apologétiques sont en même temps si édifiantes, qu'elles ont touché les cœurs les plus durs, et converti à la foi les esprits les plus incrédules. Les journaux les plus philosophiques canonisent aujourd'hui l'auteur qu'ils attaquaient il y a quelques années. Un écrivain du plus grand mérite, M. le comte de Fontanes, grand-maître de l'Université impériale, a fait, en l'honneur des Martyrs, des stances où il y a plus de poésie que dans les Martyrs même. Eh bien! que M. de Chateaubriand prie son illustre ami de mettre les Martyrs en vers; alors ils seront incontestablement un poème, et le critique examinera ensuite s'ils sont une épopée.
Au cours de l'année 1810, Chateaubriand composa d'enthousiasme, et comme en se jouant, l'Itinéraire de Paris à Jérusalem.
Voici un billet de ce temps. Point de date, il est vrai, mais aux détails qui s'y trouvent on voit qu'il fut écrit quand s'achevait l'Itinéraire. Est-ce Malte-Brun, est-ce Lenglès, que Chateaubriand appelait à son aide? La nature des ouvrages demandés le ferait supposer. Malte-Brun et Lenglès sont au nombre des personnes auxquelles l'auteur offre des remercîments dans sa préface :