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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand, sa femme et ses amis Chapitre V. Six mois à Rome. (Juin 1803-janvier 1804) (suite)

Chapitre V. Six mois à Rome. (Juin 1803-janvier 1804) (suite)

Chateaubriand, sa femme et ses amis · 1 min de lecture · p. 198 · chapitre 82 sur 167

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Bordeaux : Féret, 1896, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Mêler ses larmes aux larmes de son ami ne pouvait suffire à Fontanes. L'intolérable situation de Chateaubriand auprès du cardinal Fesch, il la connaissait mieux que personne, mieux que Chateaubriand lui-même. Car, au moment où le cardinal prodiguait à son subordonné des protestations de dévouement, auxquelles celui-ci avait le noble tort de se fier, le cardinal expédiait au Premier Consul des dépêches violemment accusatrices. Si la naïveté n'en avait atténué la cruelle portée, elles devaient, ou bien faire jeter dans les fers le secrétaire comme coupable de trahison, ou bien, et à coup sûr, lui fermer à tout jamais la carrière diplomatique. Heureusement, Fontanes veillait. Il voyait familièrement le Premier Consul et Mme Bacciochi. Celle-ci se moquait de l'oncle, et le crédit de la sœur aînée, joint au dévouement du favori, réussit à paralyser le mauvais vouloir de l'ambassadeur. Et toutefois, « Chateaubriand eut un temps de disgrâce presque effrayant ». Joubert, qui l'écrivit à Chênedollé le 2 janvier 1804, tenait l'information de bonne source. Fontanes dut transmettre avec bien de la joie la bonne nouvelle à laquelle répond la lettre suivante :