Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848

Œuvres

Les Martyrs

Publié : 27 mars 1809 · rédaction commencée en 1804 ·

Conçu rue de Miromesnil, achevé en mars 1808. Accueil mitigé, cabale.

Genèse

La préface de 1809 présente l’ouvrage comme la preuve par l’exemple de la thèse du Génie du christianisme : le christianisme serait plus favorable que le paganisme aux caractères et aux passions de l’épopée, d’où le choix d’un sujet qui réunisse, dans un même cadre, les deux cultes. Les Mémoires datent de 1804, rue de Miromesnil, la première apparition d’une « ombre » que l’auteur appellera plus tard Cymodocée.

L’œuvre

Épopée en prose en vingt-quatre livres : sous Dioclétien, le Grec chrétien Eudore et la prêtresse païenne Cymodocée, convertie, meurent ensemble dans l’arène. Les tableaux de Rome, de la Gaule et de la Grèce, et l’épisode de Velléda, la druidesse, sont restés célèbres.

Réception

Dans la préface de 1826, Chateaubriand dit avoir cru l’ouvrage « tombé » sous la violence de la critique, avant que le livre ne se relève seul, avec quatre éditions consécutives. Il rappelle que Fontanes lui répétait : « Ils y reviendront. » Il ajoute que l’ouvrage lui valut sous l’Empire un redoublement de persécutions, à cause des allusions au pouvoir contenues dans le portrait de Galérius.

L’attaque la plus connue est celle d’Hoffman, dans le Journal des Débats. Les Mémoires la tiennent pour commandée :

« Le Journal des Débats n’était plus libre ; ses propriétaires n’y avaient plus de pouvoir, et la censure y consigna ma condamnation. »

Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 6 · Lire le passage

Il écrit alors à Mme de Custine qu’il n’en fait que rire ; Robethon, qui publie la lettre, juge son amour-propre « cruellement » atteint :

« Cela m’amuse d’être attaqué littérairement par ordre et par un mouchard. »

Chateaubriand à Mme de Custine, dans Robethon, Chateaubriand et Madame de Custine · Lire le passage

Le reproche d’Hoffman, selon les Mémoires, porte sur le rapprochement du christianisme et de la mythologie, et les chrétiens, qui attendaient un martyrologe, se scandalisent aussi. Déplace le défend à Lyon, chez Ballanche, dans un Examen de la critique des Martyrs (Collombet). Benjamin Constant, dans le Mercure selon Benoît, lui oppose l’histoire : le polythéisme n’existait plus en réalité.

« J’ai toujours été surpris que l’illustre auteur des Martyrs ne l’eût pas conçue. »

Benjamin Constant, cité par Benoît, Chateaubriand · Lire le passage

Chateaubriand répond par l’Examen des Martyrs. Bardoux le lui reproche, et résume : le livre « souleva à la fois le plus d’admirations et de critiques ».

Éditions

Édition de référence en ligne : Œuvres complètes, éd. Garnier, 1861, tome IV (Wikisource), avec la préface de 1809, celle de 1826 et l’Examen des Martyrs.

Textes en ligne

Texte en ligne : Les Martyrs ; préface de 1809 ; préface de 1826.

Extraits

« Je veux raconter les combats des chrétiens et la victoire que les fidèles remportèrent sur les esprits de l’abîme par les efforts glorieux de deux époux martyrs. »

Premières lignes du livre premier (Wikisource). · Lire le passage

« J’ai avancé, dans un premier ouvrage, que la religion chrétienne me paroissoit plus favorable que le paganisme au développement des caractères et au jeu des passions dans l’épopée. »

Préface de la première édition (Wikisource). · Lire le passage

« […] la violence de la critique avoit ébranlé ma foi d’auteur, et j’avois fini par être convaincu que je m’étois trompé. »

Préface de l’édition de 1826 (Wikisource). · Lire le passage

« Les Martyrs sont restés, contre ma première attente, et je n’ai eu qu’à m’occuper du soin d’en revoir le texte. »

Préface de l’édition de 1826 (Wikisource). · Lire le passage

« Mon malheureux cousin, Armand de Chateaubriand, fut fusillé à l’apparition des Martyrs : en vain je sollicitai sa grâce […] »

Préface de l’édition de 1826 (Wikisource). · Lire le passage