Chapitre XIV. Encore la Vallée aux Loups (suite)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Bordeaux : Féret, 1896, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Aux dates mises en tête de plusieurs chapitres des Mémoires, je vois qu'il passa les mois de septembre et d'octobre à Dieppe.
Est-ce que le 4 octobre, jour de sa fête, il le passa sur la grève, béant aux flots, aux lointains bleuâtres, dans la solitude et la tristesse de l'exil?
Est-ce qu'il revit seulement en pensée sa maison, sa tourelle, ses arbres, ses fleurs, l'horizon des bois, sa femme et ses amis ?
La part de chacun dans la fête de 1811, les présents, les absents, les lectures, les souhaits, les prévisions réalisées ou démenties, est-ce qu'il se les rappela, dirai-je avec l'amertume ou la douceur du contraste ?
Une lettre autographe est sous mes yeux. Elle me permet d'affirmer qu'il était à la Vallée aux Loups, au moins du 3 au 6 octobre 1812. Il prit donc part, comme les années précédentes, au « banquet des vieux amis ».
La Chatte n'avait pu supporter la séparation, au retour de la Saint-François.
Je suppose qu'elle avait sollicité et obtenu du préfet de police, pour son mari, la permission de rompre le ban. A moins que, de son propre mouvement, et en témoignage d'amitié, Pasquier n'eût pris l'initiative de réunir Chateaubriand au groupe des amis pour le 4 octobre.
Cette supposition n'est pas moins naturelle que la première : elle s'accorderait avec le caractère de Pasquier, homme d'esprit et de cœur.
Peut-être aussi la publication d'un factum anonyme daté Paris, 1er octobre 1812 », aura-t-elle été pour quelque chose dans la demande de Mme de Chateaubriand et dans le retour de l'exilé. Il va être question de ce pamphlet.