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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand, sa femme et ses amis Chapitre V. Six mois à Rome. (Juin 1803-janvier 1804) (suite)

Chapitre V. Six mois à Rome. (Juin 1803-janvier 1804) (suite)

Chateaubriand, sa femme et ses amis · 1 min de lecture · p. 183 · chapitre 74 sur 167

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Bordeaux : Féret, 1896, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Outre la copie qui lui était adressée, Fontanes avait sous les yeux la lettre originale à M. de la Luzerne sur les derniers moments de sa belle-sœur. Il était prié de la remettre au destinataire. La place de cette relation est donc ici; elle fait partie intégrante de notre correspondance. Elle aide surtout à comprendre l'homme qu'était Chateaubriand. Deux jours avant la mort, il s'était cru obligé d'avertir M. de la Luzerne du malheur qui le menaçait : « Vous savez, lui écrivait-il, que depuis longtemps sa santé était languissante. Il ne paraît pas que les eaux l'aient soulagée. Les médecins lui conseillèrent alors, comme dernière ressource, l'air d'Italie. Elle m'écrivit pour m'en prévenir et pour me dire que, ne connaissant personne en Italie, elle préférait se fixer à Rome, où je pourrais lui être de quelque utilité. Je priai un de mes amis, qui se trouvait à Milan, de recevoir madame votre belle-sœur, et de la conduire à Florence, où je me rendrais moi-même. J'eus en effet le bonheur d'arriver quelques heures avant elle dans cette dernière ville. Je connus alors, Monsieur, tout ce que nous avions à craindre. Mme de Beaumont ne pouvait plus ni marcher, ni monter un escalier; cependant elle supporta assez bien la dernière partie du voyage jusqu'à Rome. Je la conduisis au logement que je lui avais préparé; j'assemblai des médecins qui déclarèrent qu'il ne fallait plus espérer la vie de la malade que d'un miracle... Au reste, Monsieur, tout ce qui dépendra de moi, de mes soins, de mes moyens, vous pouvez y compter. Je passe mes jours et mes nuits auprès d'elle, et, quand le temps le permet, je la promène une heure à midi, en voiture. Enfin, tous les secours des hommes et tous ceux de la religion lui seront prodigués. Si les vœux de l'amitié la plus dévouée étaient exaucés, votre chère belle-sœur serait bientôt pleine de vie. »