Chapitre XIII. Une « année des plus remarquables » (suite)
[Chateaubriand] → [M. Abel], 29 septembre 1815, Paris
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Paris, 29 septembre 1815.
... Ce fut ce morceau, et un autre où je réclamais la liberté de la pensée qui amenèrent les terreurs de Bonaparte et ses menaces de me faire fusiller, si jamais mon discours était prononcé en public. J'avais reçu l'ordre du duc de Rovigo de me présenter candidat à l'Institut, sous peine d'être enfermé pour le reste de mes jours à Vincennes. Ne voulant occuper aucune place sous l'assassin du duc d'Enghien, et forcé de me présenter pour demander celle de Chénier, je fis mon discours de manière qu'on serait obligé de me défendre de le prononcer, malgré l'éloge de droit dont chaque récipiendaire était obligé de couronner son discours... Je réussis dans ce dessein, mais je pensai y perdre la vie...1.
(1) L. a. S., à M. Abel... (Autographes, collection Fillon, 1879), 4 pp. petit in-4°. M. de Montalembert écrivait à M. Wailli, libraire, Paris (1851), 2 pp. in-8°, cachet, au sujet de sa réception à l'Académie française : « Les souvenirs de 1789, loin d'être le palladium de la liberté en France, en sont l'écueil permanent. La police interdit aux libraires de reproduire mon discours : je ne puis qu'être très flatté de me voir assimilé à M. de Chateaubriand, dont l'autre Napoléon ne voulut pas non plus laisser publier le discours. » (Charavay : Catalogues de ventes d'autographes.) ↩