Chapitre IV. Chateaubriand est nommé secrétaire d'ambassade (suite)
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Depuis la lettre de M. de Talleyrand, trois jours s'étaient écoulés, trois jours d'hésitations. Chateaubriand savait trop à quoi s'en tenir sur le caractère de l'ambassadeur et sur ses mauvaises dispositions.
D'autres difficultés l'attendent à Rome :
« M. Cacault se croit insulté dans son ami [M. Artaud, secrétaire de la légation]. Il va, sans avertir celui qui l'intéresse tant, tâcher à sa manière de conjurer la disgrâce. Il écrit à M. de Talleyrand :
M. de Chateaubriand est un grand auteur, un homme d'un grand mérite; cependant c'est gâter le bon effet que doit produire à Rome la légation de M. le cardinal Fesch, que de le faire arriver avec un secrétaire de légation, auteur célèbre, dans les livres duquel on ira chercher quelle est la doctrine et la théologie du cardinal. Il naît déjà, à cette occasion, des idées troubles et inquiètes. Tâchez de placer mieux M. de Chateaubriand. M. le cardinal Fesch est excellent, mais si sa mission est gâtée par des alentours mal combinés, il n'aura pas tous les agréments qu'il mérite1.
(1) Vie et Pontificat de Pie VII, par le chevalier Artaud. ↩
Le jeune secrétaire n'a qu'à se bien tenir. Ceux qu'il éclipse ou remplace vont épier d'un regard jaloux ses moindres démarches. Gare au novice diplomate !
Notre correspondance reprend ici par une lettre de Chateaubriand à Fontanes :