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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand, sa femme et ses amis Chapitre V. Six mois à Rome. (Juin 1803-janvier 1804) (suite)

Chapitre V. Six mois à Rome. (Juin 1803-janvier 1804) (suite)

Chateaubriand, sa femme et ses amis · 1 min de lecture · p. 192 · chapitre 76 sur 167

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Bordeaux : Féret, 1896, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Les amis de Mme de. Beaumont l'attendaient, cette relation. Elle circula de main en main. M. Molé en eut connaissance et déclara k ne pas l'aimer . Mme de Vintimille qui, naguère, influencée par Molé, approuvait comme lui la disgrâce du secrétaire, déclara pareillement qu'elle ne l'aimait pas.

Quel autre jugement attendre de Molé, esprit sec et gourmé, tendu obstinément aux espérances administratives, réfractaire au sentiment de l'admiration, - en perpétuelle et radicale opposition avec le génie de Chateaubriand.

Quoi qu'en ait dit Sainte-Beuve, jamais, à aucune époque, Molé ne fut « tendrement lié avec Chateaubriand ». Jamais celui-ci n'obtint le retour auquel sa sincère amitié pour Molé jui créait des droits particuliers. Sainte-Beuve s'est trop fié, dans son livre et ses articles, aux souvenirs et aux impressions de Molé; car c'est auprès de lui que le critique alla se renseigner sur les choses anciennes et intimes, étudier Chateaubriand, comme il le dit, intus et in cute : « J'ai causé à fond de lui avec M. Molé, un des hommes, en petit nombre, qui l'ont bien connu. i - Donc, Sainte-Beuve trouvait la relation « longue et officielle de ton ». Joubert pensait autrement, Joubert moraliste et critique, Joubert qui tant aima, vivante et morte, Mme de Beaumont : « Rien au monde, écrivait-il, n'est plus propre à faire couler les larmes que ce récit. Cependant il est consolant. On adore ce bon garçon en le lisant. Et quant à elle, on sent, pour peu qu'on l'ait connue, qu'elle eût donné dix ans de vie, pour mourir si paisiblement et pour être ainsi regrettée. »

Avec Joubert, avec Fontanes, avec Mme de Staël, et, pour arriver aux écrivains du jour, avec M. Bardoux, je la tiens, cette relation, pour « simple », « touchante », « belle ». - Il y a des mots déchirants. »

Je viens de relire la lettre de Montaigne sur les derniers moments de son a unique ami .

Elle est bien belle certes, - moins belle que la relation de Chateaubriand.