Chapitre V. Six mois à Rome. (Juin 1803-janvier 1804)
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Encore une lettre de bonheur. - Il se concilie M. Cacault et les secrétaires. - Audience demandée au Souverain Pontife. - Lettre au libraire Migneret. - Le secrétaire et l'ambassadeur en conflit. - L'ambassadeur éclipsé par la gloire du secrétaire. - Dépit du cardinal. - Menaces du Premier Consul. - L'opinion publique, à Rome, favorable au secrétaire. - Confidences de Chateaubriand. - Erreur diplomatique. - Mme de Beaumont supplie Fontanes d'intervenir. - Plaintes du cardinal au Premier Consul. - Mémoire du secrétaire contre l'oncle Fesch. - Est-ce que « Chateaubriand perd la tête » ? - Lettre amicale et diplomatique de Fontanes. - Mme de Beaumont à Rome. - Chateaubriand se dévoue à son amie mourante. - Nouvelles accusations. - Sera-t-il enfermé au Temple? - On lui offre des asiles. - Mort de Mme de Beaumont. - Relation de ses derniers moments. - Molé n'aime pas cette relation. - Sainte-Beuve la trouve officielle de ton. - Qu'en pensaient Joubert et Mme de Staël ?
Chateaubriand arrive à Turin le 17 juin, à Milan le 21, à Rome le 27, a comme le soleil se couchait ›.
De ces trois villes, il écrit à Joubert. Le soir du 28, à onze heures, il rouvre la troisième lettre et ajoute : « J'ai déjà vu le Colisée, le Panthéon, la colonne Trajane, le château Saint-Ange, Saint-Pierre; que sais-je ! J'ai vu l'illumination et le feu d'artifice qui annoncent pour demain la grande cérémonie consacrée au Prince des apôtres ; tandis qu'on prétendait me faire admirer un feu placé au haut du Vatican, je regardais l'effet de la lune sur le Tibre, sur ces maisons romaines, sur ces ruines qui pendent ici de toutes parts »
Il oublie de dire que M. Artaud le mena, ce même soir, à un bal.
« Je me chargeai, raconte M. Artaud, d'être le cicérone à Rome du nouveau secrétaire : je leconduisis par la rue détournée qui est à droite de larue du Borgo, jusqu'à la façade de Saint-Pierre, pour qu'il eût tout à coup la surprise de ce coup d'œil, et j'eus beaucoup de plaisir à jouir des émotions qu'il exprimait d'une manière simple, franche et en même temps imprévue. Il parlait peu parce qu'il était comme hors de lui d'admiration. Sans doute, rien de si grand, de si magnifique n'avait frappé ses yeux. Je conduisis aussi mon hôte vers le Colisée... c'était toujours avec une aménité si douce et si élégante qu'il manifestait ses moindres sensations, qu'on ne tarda pas à l'aimer dans Rome...»
Deux jours de bonheur sans mélange.
Une lettre à Fontanes va nous le montrer tout rayonnant, dans l'enthousiasme de ce début :