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L'Enchanteur 1768—1848
Essai sur la littérature anglaise Plan du Paradis perdu tragédie

Troisième partie

Plan du Paradis perdu tragédie

Essai sur la littérature anglaise · 2 min de lecture · p. 197–198 · chapitre 69 sur 107

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859 (Essai sur la littérature anglaise), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Acte premier

Moïse, prologiste, raconte qu'il a son vrai corps ; que ce corps ne se corrompt point parce qu'il habite avec Dieu sur la montagne ; que lui, Moïse, est semblable à Élie et à Enoch ; qu'outre la pureté du lieu qu'il habite, les vents purs, la rosée et les nuages le préservent de la corruption. De là, il exhorte les hommes à parvenir à la vue de Dieu ; il leur dit qu'ils ne peuvent voir Adam dans l'état d'innocence, à cause de leurs péchés.

La Justice, la Miséricorde, la Sagesse s'enquièrent de ce qui arrivera à l'homme s'il tombe.

Chœur d'anges qui chantent un hymne à la création.

Acte II

L'Amour céleste, l'Étoile du soir et le Chœur chantent le cantique nuptial et décrivent le paradis.

Acte III

Lucifer machine la ruine d'Adam.

Le Chœur craint pour Adam et raconte la rébellion et la chute de Lucifer.

Acte IV

Adam et Ève tombés.
La Conscience les cite à l'examen de Dieu.
Le Chœur se lamente et dit les biens qu'Adam a perdus.

Acte V

Adam et Ève chassés du paradis.

Un ange présente à Adam le Travail, la Peine, la Haine, l'Envie, la Guerre, la Famine, la Maladie, le Mécontentement, l'Ignorance, la Peur et la Mort, entrés dans le monde : Adam leur donne leurs noms, ainsi qu'à l'Hiver, à la Chaleur, à la Tempête, etc.

La Foi, l'Espérance et la Charité consolent Adam et l'instruisent. Le Chœur conclut rapidement.

Dans ce plan, la plupart des personnages surnaturels du Paradis perdu, sont remplacés par des personnages allégoriques. Lucifer, dans la tragédie, projette la ruine d'Adam comme Satan la machine dans le poëme, mais toutes les grandes scènes de l'Enfer sont supprimées de même que les grandes scènes du Ciel : on ne voit point les conseils tenus dans l'Abîme ; on n'entend point les oracles du PÈRE, les paroles du Fils sur la sainte montagne; le drame ne comportait pas ces développements de l'épopée. Le chœur raconte la rébellion et la chute de Lucifer, mais il est évident qu'il n'aurait pu le faire que d'une manière fort courte, non dans un long récit, et comme celui de Raphaël. Dans la tragédie l'Amour céleste et l'Etoile du soir chantent le cantique nuptial; dans le poëme, c'est le poëte lui-même qui entonne le cantique : on peut regretter le chant de l'Étoile du soir et en présumer la beauté. Mais Milton ne peut se passer de génie, témoin ce trait remarquable jeté dans une simple note: l'ange présente à Adam, après sa chute, toutes les calamités de la Terre, depuis le Travail jusqu'à la mort; Adam pécheur les nomme, comme dans son innocence il avait imposé des noms aux innocents animaux de la création. Cette sublime allégorie ne se retrouve point dans le Paradis perdu.