Deuxième partie
Édouard VI et Marie
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859 (Essai sur la littérature anglaise), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Edouard VI et la reine Marie, qui succédèrent à Henri VIII et précédèrent Elisabeth, sont aussi comptés au nombre des auteurs dans la Grande-Bretagne. Le jeune roi mort à seize ans, élevé par deux savants de cette époque, John Cheke et Antony Cooke, et enseigné par Cardan, laissa un journal écrit de sa main et utile à l'histoire. Tenu à l'écart et comme exilé dans sa jeunesse, Edouard jouissait des loisirs que d'autres princes ont trouvés dans le bannissement en terre étrangère.
Édouard était zélé réformateur et sa sœur Marie fut violente catholique : elle ramena de force la nation à la communion romaine. Gardiner et tant d'autres, qui avaient brûlé les catholiques pour la réformation, brûlèrent pour le catholicisme les protestants qu'eux-mêmes avaient faits : on voit ainsi, dans les révolutions, de vieux hommes fidèles à tous les pouvoirs, ranimer leur carcasse pour radoter leur bassesse. Les Communes se prostituaient aux volontés de Marie comme elles s'étaient livrées aux ordres de son père. On changeait de foi plus que d'habit; on jura; puis on rejura le contraire de ce qu'on avait déjà juré ; puis on retourna aux premiers serments sous Élisabeth. Combien faut-il de parjures pour faire une fidélité ?
Marie a laissé des lettres latines et françaises : Érasme a loué les premières, et elles ne valent rien du tout ; les secondes sont illisibles.