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L'Enchanteur 1768—1848
Essai sur la littérature anglaise Citation de Shakespeare

Deuxième partie

Citation de Shakespeare

Essai sur la littérature anglaise · 1 min de lecture · p. 114 · chapitre 37 sur 107

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859 (Essai sur la littérature anglaise), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

S'il me fallait choisir parmi les plus beaux ouvrages de Shakespeare, je serais bien embarrassé entre Macbeth, Richard III, Roméo et Juliette, Othello, Jules-César, Hamlet; non que j'estime beaucoup dans la dernière pièce le monologue tant vanté, et pour cause, de l'école voltairienne : je me demande toujours comment le prince très-philosophe du Danemark pouvait avoir les doutes qu'il manifeste sur l'autre vie : après avoir causé avec la « pauvre ombre, » poor ghost, du Roi son père, ne devait-il pas savoir à quoi s'en tenir?

Une des plus fortes scènes qui soient au théâtre, est celle des trois reines dans Richard III, Marguerite, Elisabeth et la Duchesse. Écoutez Marguerite retraçant ses adversités pour s'endurcir aux misères de sa rivale, et finissant par ces mots : « Tu usurpes ma place, et tu ne prendrais pas la part qui te revient de mes maux? Adieu, femme d'York! reine des tristes revers! Farewell, York's wife, and queen of sad mischance! » C'est là du tragique, et du tragique au plus haut degré.

Je ne sais si jamais homme a jeté des regards plus profonds sur la nature humaine que Shakespeare.

Troisième scène du quatrième acte de MACBETH :

Macduff. Qui s'avance ici?

Malcolm

C'est un Écossais, et cependant je ne le connais pas.

Macduff. Cousin, soyez le bienvenu !

Malcolm

Je le reconnais à présent. Grand Dieu, renverse les obstacles qui nous rendent étrangers les uns aux autres !

Rosse

Puisse votre souhait s'accomplir !