Troisième partie
Fairfax
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859 (Essai sur la littérature anglaise), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
«Il ne serait pas juste de passer sous silence Fairfax qui unit le plus grand courage à la plus grande modestie, à la plus haute sainteté de vie, et qui est l'objet des faveurs de Dieu et de la nature. Ces louanges te sont justement dues, quoique tu te sois retiré à présent du monde, comme autrefois Scipion à Literne. Tu as vaincu non-seulement l'ennemi, mais l'ambition, mais la gloire qui ont vaincu tant d'éclatants mortels. La pureté de tes vertus, la splendeur de tes actions consacrent la douceur de ce repos dont tu jouis, et qui constitue la récompense désirée des travaux des hommes. Tel était le repos que possédaient les héros de l'antiquité après une vie de gloire : les poëtes, désespérant de trouver des idées et des expressions propres à exprimer la paix de ces guerriers, disaient qu'ils avaient été reçus dans le ciel et admis à la table des dieux. Mais quelles que soient les causes de ta retraite, soit la santé, comme je le crois principalement, soit tout autre motif, je suis convaincu que rien ne t'aurait fait abandonner le service de ton pays, si tu n'avais su que dans ton successeur, la liberté trouverait un protecteur, l'Angleterre un refuge et une colonne de gloire. »
Les efforts de Milton sont visibles ; il appelle i lui toute la poésie de l'histoire pour masquer la véritable cause de la retraite de Fairfax, le jugement de Charles Ier. On sait la comédie que Cromwell fit jouer auprès de cet honnête mais pauvre homme.