XXX. Ce dimanche, 10 juin 1803
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1914, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
A M. de Chênedollé, à Paris1.
1. Cette lettre et celles qu'on trouvera plus loin, et qui sont adressées à la même personne, ont été publiées pour la première fois par M. Sainte-Beuve, dans une intéressante étude sur M. de Chênedollé 'Revue des Deux Mondes, 1er et 15 juin 1849). - M. Sainte-Beuve vient de les reproduire dans le second volume de son livre sur M. de Chateaubriand et son Groupe littéraire sous l'Empire. 2 vol. in-8, Paris, Garnier, 1860. ↩
Bonjour, pauvre convalescent.
Fontanes aurait une grande envie de vous consulter sur les vers de Saint-Cloud, que Paesiello va mettre en musique, et qu'on doit chanter incessamment à l'Opéra.
Tenez-vous pour bien averti que ces vers ne sont point du tout ceux que nous avons lus dans le Journal de Paris, et que nous avons été tentés de croire siens :
Voilà de vos arrêts, messieurs les gens de goût!
Il ne faut pas même lui avouer cette méprise, qu'il ne nous pardonnerait pas. Il appelle cela des vers canaille.
Les siens sont des vers fort honnêtes, puisqu'ils commencent par l'éloge de Racine et de Louis XIV.
Il m'a témoigné un grand désir de savoir de vous s1, en homme du métier, vous en trouveriez la coupe ass ez lyrique pour le musicien. Deux circonstances me paraissent peu favorables à cette épreuve. Il ne peut pas aller chez vous ce matin, parce qu'il est obligé d'attendre chez lui de pied ferme si on viendra le chercher pour aller à Saint-Cloud, auquel cas il serait possible qu'il fût parti à onze heures, et possible aussi qu'on le fit attendre jusqu'à quatre. Votre santé ne vous permettra peut-être pas de vous rendre chez lui, surtout avec l'incertitude de le trouver parti, et l'inconvénient de prendre une peine inutile; et, à cet égard, c'est surtout de votre santé qu'il faut que vous preniez conseil. Gardez-vous de la contrarier. J'ai voulu cependant vous instruire de tout ceci, afin que la marque d'estime et de confiance qu'il vous a donnée de lui à moi ne fût pas entièrement perdue.
Madame de Caud ' a chargé madame Joubert de vous faire savoir qu'au lieu de l'adresse que nous vous avons donnée de sa part, il fallait faire usage de celle qui suit: Varier, libraire, rue Derrière, à Fougères.
Elle vous invite, ainsi que madame de Beaumont, à déguiser un peu vos écritures.
Quand vous voudrez venir nous voir, vous savez que vous nous ferez toujours plaisir.