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L'Enchanteur 1768—1848
Correspondance de J. Joubert XVIII. Villeneuve-sur-Yonne, 27 août 1797

XVIII. Villeneuve-sur-Yonne, 27 août 1797

Correspondance de J. Joubert · 1 min de lecture · p. 40 · chapitre 21 sur 93

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1914, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

A madame de Beaumont, à Theil.

Votre régime me fait un bien infini, rien seulement que d'y penser. Je suis persuadé que vous vous en trouverez à merveille.

Je ne vous ai pas dit que ma femme était enclouée, c'est-à-dire qu'elle avait un fort gros clou sous le bras. C'est probablement un rejeton de la petite vérole de son fils, soignée avec trop de hardiesse. Elle me charge de vous dire que, sans ce désagrément, qui durera encore quelques jours, nous vous aurions priée de nous envoyer sur-le-champ Obadiah et les grands chevaux.

Je vous ai écrit hier une grande lettre où je me suis embourbé dans le temps présent, comme Coulanges, quand il voulut plaider, s'embourba dans la mare à Colin. Je conseille à votre attention de sauter à pieds joints ce long article, et d'aller droit à la moralité : aimez le repos, le repos ! Laissez les tracassiers se tracasser, et si nous montons sur quelque bâton, ne le choisissons pas d'épines.

J'ai mangé beaucoup de fruits ces jours-ci, et je m'en trouve si bien, depuis hier après midi, que ce matin j'ai été tenté deux ou trois fois de faire claquer mes doigts, comme Yorick redevenu gai. La belle disposition pour aller vous voir! et qu'il est fâcheux qu'Obadiah ne soit pas là, et que le clou ne soit pas loin !

Je coupe court, parce que la petite Marie se dit fort pressée. Ne me faites grâce d'aucun détail, quand vous me parlerez de votre régime, et parlez-m'en souvent, si vous voulez que je me sente comblé de vos bontés. De tous les journaux de ce siècle, il n'en est point qui puisse autant m'intéresser que celui de votre pot au feu.

Vous nous promettez une chère qui passe notre gourmandise de fort loin. Vos lits ont donc fait des petits? En ce cas la fin du siècle est arrivée, et Theil nous verra très-certainement. Merci. Soignez-vous.