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L'Enchanteur 1768—1848
Correspondance de J. Joubert XXXII. Ce mardi, 12 juillet 1803

XXXII. Ce mardi, 12 juillet 1803

Correspondance de J. Joubert · 2 min de lecture · p. 76–77 · chapitre 34 sur 93

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1914, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

A M. de Chênedollé, à Vire.

Michaud vous a écrit. Je lui ai dit samedi soir, notre dernière entrevue, qu'il se tînt pour bien averti que vous auriez de la répugnance à traiter d'argent avec lui; que vous étiez à cet égard presque un glorieux; que pour lever cette difficulté, on était convenu que Fontanes seul réglerait à l'amiable cet article avec lui; qu'au surplus, je le prévenais aussi que vos voyages à Paris exigeraient des dépenses et des avances que votre famille serait certainement peu disposée faire, etc. Il me répondit qu'on pourvoirait à tout avec plaisir, qu'il verrait Fontanes le lendemain avant de partir pour la campagne où il allait, etc. Il vit Fontanes en effet, mais il se contenta de lui dire qu'il vous avait fait dans sa première lettre des propositions dont il espérait que vous seriez content. Fontanes croit que ces propositions sont magnifiques et fort supérieures à celles dont votre extrême modération aurait consenti à se contenter. C'est de quoi vous aurez soin de nous instruire en temps et lieu.

Malgré mon dire à Michaud, s'il a traité l'article franchement et à cru avec vous, je vous conseille de le traiter du même ton, sinon Fontanes réglera tout. Adressez-vous à lui sans réserve, il est charmé d'avoir à mener cette petite affaire, et il y met de l'affection pour vous, et de l'affection pour l'ouvrage. Si je vois Michaud ce soir (ce qui est douteux, car je le crois encore absent), je lui parlerai de votre réponse à moi, qui lui fera plaisir.

Ce Michaud ne dit jamais tout. Je trouve qu'il ressemble assez à un bouillon froid, assez bon, assez onctueux, peut-être même assez substantiel (en affaires), mais il n'a pas l'apparence d'un solide. Il est, au surplus, indubitable qu'il en aura la réalité. Ainsi préparez-vous, et exécutez en plein repos. Quant à l'argent, comme il est presque honorable d'en avoir, il ne faut pas avoir honte d'en gagner, et quand on en est capable, il faut en gagner le plus qu'on peut. Ainsi ne négligez rien pour faire une bonne affaire. Nous sommes tous persuadés que vous ferez un bon ouvrage.

Vous me faites des recommandations que les circonstances repoussent... Le Mercure est livré au jeu du petit bonhomme vit encore. Ces gens-ci ne veulent pas qu'il meure dans leurs mains, mais ils ne se soucient point qu'on le rallume. Je suis piqué de laisser là mon but sans l'avoir atteint, mais j'ai fait ce qui était possible.

Nous partons demain mercredi... Écrivez-moi à Villeneuve-sur-Yonne, rue du Pont. Je suis pressé comme un homme qui part. Ce mot a un grand sens pour vous, dont l'expérience est toute chaude. Je viens d'écrire madame de Caud; mettez-nous à ses pieds quand vous la reverrez. J'aurai un grand plaisir à vous retrouver ici à mon retour. Adieu, adieu.