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L'Enchanteur 1768—1848
Correspondance de J. Joubert XLVIII. Paris, ce 10 mai 1804

XLVIII. Paris, ce 10 mai 1804

Correspondance de J. Joubert · 2 min de lecture · p. 130–131 · chapitre 49 sur 93

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Perrin, 1914, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

A M. de Chênedollé.

Votre dernière lettre a attendu quelque temps mon arrivée, et j'ai attendu le retour de Chateaubriand pour répondre à la seconde.

Il se porte bien, il vous a écrit. Rien de fâcheux ne lui est arrivé. Madame de Chateaubriand, lui, les bons Saint-Germain que vous connaissez1, un portier, une portière et je ne sais combien de petits portiers, logent ensemble rue de Miroménil, dans une jolie petite maison. Enfin notre ami est le chef d'une tribu qui me paraît assez heureuse. Son bon génie et le ciel sont chargés de pourvoir au reste.

1. C'étaient des gens de madame de Beaumont que M. de Chateaubriand avait pris chez lui. (Note de M. Sainte-Beuve.) ↩

Il a passé dix jours à la campagne avec la moitié de sa peuplade. Je l'ai vu hier au soir; il est content. Vous saurez à votre arrivée tout ce qui pourrait intéresser d'ailleurs votre curiosité.

Mettez-moi au nombre de ceux qui vous reverront avec le plus de plaisir, et qui se trouveraient le plus heureux s'ils pouvaient vous servir.

Une grande partie de notre maison est malade depuis quinze jours ; mais les malades et les sains me chargent avec le même zèle de vous faire leurs compliments.

Mon frère Élie se donne de grands coups de poing de ne vous avoir pas remercié de je ne sais quelles poulardes et quelles carpes dont les plus dégoûtés de la famille parlent encore avec un souvenir glouton. Il n'y a pas beaucoup de noblesse à tout cela; mais il y a de la cordialité et de la reconnaissance.

Portez vous bien, et arrangez-vous de manière à venir le plus tôt possible J'ai rencontré Michaud qui m'a paru gras. Je lui ai rendu sa salutation avec plus de bonne grâce que je n'aurais fait sans cet incident. Comme il est changé, ma rancune a été surprise, et il ne lui a pas été possible de rester la même.

Vous êtes sûr, à compter d'aujourd'hui, que vos lettres m'arriveront exactement, et que je vous répondrai sur-le-champ. Au revoir, et en attendant, adieu.