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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand et son groupe littéraire sous l'empire Au même. « Ce 9 vendémiaire (1802)

Au même. « Ce 9 vendémiaire (1802)

Chateaubriand et son groupe littéraire sous l'empire · 2 min de lecture · p. 217 · chapitre 52 sur 101

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Calmann Lévy, 1889, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Notre ami n'est sûr de rien. Sa destinée est plus incertaine que jamais, tout est dans le vague et tristement dans le vague; cependant, à son retour de la campagne, il vous écrira la lettre déterminante, si nécessaire pour vous tirer de cet abîme d'ennui et pour vous ramener au milieu de nous. S'il eût été sûr que vous voulussiez la lettre, quel que fût l'état des choses, il l'aurait écrite1; vous l'aurez incessamment. La correction de l'ouvrage2 est entièrement finie; l'article de Fontanes a paru et surpasse nos espérances3. Le Léviathan4 est accablé de critiques injustes et grossières; le livre de l'Éléphant son père est estimé et peu lu. Il y a, ce me semble, des choses fort nobles et fort courageuses dans ce livre que j'ai à peine parcouru, parce que M. Joubert s'en est emparé pour ne le pas lire. M. Delalot et Fiévée dominent toujours dans le Mercure. Le petit corbeau5 est parti pour la Bourgogne, l'autre corbeau1 est à la campagne avec mauvais cœur2, et je vous écris de Lucienne, de chez la belle Mme Hocquart. Mais Lucienne n'a dans ce moment aucun charme pour moi : cette vue immense ne m'intéresse point; la campagne est desséchée, et la société m'ennuie. Il n'y a plus qu'une société pour moi. La pauvre hirondelle3 est dans une sorte d'engourdissement fort triste; elle vous plaint cependant, mais elle espère pour vous, car le mal vient du dehors : en changeant de position, vous serez mieux. J'attends pour vous ce mieux avec impatience. Dans quelques jours, notre ami vous écrira, et j'espère que sa lettre vous ramènera parmi nous. Adieu, je ne suis point votre exemple. Je finis sans le moindre compliment, en vous assurant du tendre intérêt de toute la société et du mien en particulier. J'espère que nous rirons incessamment des dames de Vire; pensez un peu que vous nous en divertirez un jour : cela vous donnera du courage pour les supporter. Adieu encore une fois. J'ai, ce me semble, répondu à toutes vos questions. Portez-vous bien, songez à nous, et soyez sûr que la lettre de notre ami suivra de près la mienne. »

1 Il s'agissait d'une lettre à écrire au père de Chênedollé, pour le déterminer à faire à son fils une petite pension qui le mît à même de tenter une carrière. C'est la lettre de la page 198, ou queique autre pareille. ↩

2 La correction du Génie du Christianisme pour la seconde édition. ↩

3 Le second article de Fontanes dans le Mercure sur le Génie du Christianisme. ↩

4 Mme de Staël, à cause de Delphine, et plus loin M. Neck er. ↩

5 M. Gueneau de Mussy. ↩

1 M. de Chateaubriand. ↩

2 Une note manuscrite m'indique Mme de Vintimille; ce sont des schriquets de société. ↩

3 C'est toujours elle. - Il n'y a plus qu'une société pour moi ! Heureux qui a pu inspirer à une telle âme de tels sentiments ! ↩