Au meme. Rue Cassette, n° 832, à Paris
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Calmann Lévy, 1889, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« Dimanche (mai 1804).
« L'Adresse du Corps législatif n'a point déplu, mon cher ami1. Je sais qu'on doit la publier d'un jour à l'autre, mais l'ignore le moment; on veut saisir l'à-propos. Je désire qu'on m'imprime exactement; passez done ce soir au Journal officiel, rue des Poitevins, et si on a envoyé le manuscrit de Saint-Cloud, corrigez quelques fautes, sur celui que je vous fais pas ser. La faute la plus essentielle est à la fin. Il s'agit du Pouvoir héréditaire : « S'il veut trop s'étendre, il se relâche et se détruit, dit la bonne leçon que je vous adresse. Dans la copie remise au Premier Consul on lit : » Il se dénature et se détruit. » Se relâche et bien plus juste ; il y a plus de convenance entre les mots s'étendre et se relâcher. Vous trouverez aussi quelques bagatelles moins importantes que je vous prie de corriger d'après la copie ci-jointe.
1 Fontanes était Président du Corps Législatif : cette Adresse du 10 mai 1804 avait pour objet d'adhérer et d'applaudir à l'établissement d'un Gouvernement impérial héréditaire. On se demande d'abord comment une pareille Adresse aurait pu déplaire : c'est qu'il y avait , en effet, des paragraphes tels que ceux-ci : « On ne verra point le silence de la servitude succéder au tumulte de la démocratie. Non, Citoyen Premier Consul, vous ne voulez commander qu'à un Peuple libre : il le sait, et c'est pour cela qu'il vous obéira toujours. - Les Corps de l'Etat se balanceront avec sagesse; ils conserveront tout ce qui peut maintenir la liberté, et rien de ce qui peut la détruire. » ↩
« Vos relations actuelles avec Agasse vous donnent la facilité de me rendre ce service : d'ailleurs Sauvo le rédacteur est fort honnête. En s'annonçant de ma part, on est bien reçu.
« Adieu, je vous embrasse et vous attends toujours demain, mon cher enfant. FONTANES. »