Fragment de lettre (suite 4)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Calmann Lévy, 1889, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Tel est mon rêve ét le Chateaubriand idéal, impossible sans doute, mais non pas indigne de l'autre, ni tout à fait chimérique, que j'aurais voulu. - « Que faites-vous? s'écrie une femme qui vient de me lire, vous lui ôtez tous ses défauts, ses défauts individuels et si français, si charmants; vous me faites un Chateaubriand-Grandisson, un Chateaubriand a la Washington ; celui-là m'ennuierait; je préfère et je veux mon Chateaubriand tel quel :
Que dis-je ? tel qu'il est, le monde l'aime encore. »
A la bonne heure; je n'ai rien à répondre, si le monde l'aime encore comme cela; mais je craignais que, tel qu'il s'est trop montré, sous sa seconde et troisième forme, le
monde ne l'aimât plus. Et le poëte en Chateaubriand, ce premier type, ce père de qui nous émanons, je tiens non-seulement à ce qu'on l'admire, mais à ce qu'on l'aime toujours.