Au même. « Mantes, 15 août 1804
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Calmann Lévy, 1889, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« Je m'approche de vous et je sors enfin du silence, mon cher Chênedollé. Je n'ai osé vous écrire de peur de vous compromettre pendant tout ce qui m'est arrivé1. Que j'ai de choses à vous dire! Quel plaisir j'aurai à vous embrasser si vous voulez ou si vous pouvez faire le petit voyage que je vous propose! Je vais passer quelques jours chez Mme de Custine, au château de Fervaques, près Lisieux, et vous voyez, par la date de ma lettre, que je suis déjà sur la route. J'y serai d'aujourd'hui en huit, c'est-à-dire le 22 d'août. La dame du logis vous recevra avec plaisir, ou, si vous ne voulez pas aller chez elle, nous pourrions nous voir à Lisieux. Écrivez-moi donc au château de Fervaques, par Lisieux, département du Calvados. Vous ne devez pas en être è plus de quinze ou vingt lieues. Tâchons de nous voir pour causer encore une fois, avant de mourir, de notre amitié et de nos chagrins. Je vous embrasse les larmes aux yeux. Joubert a été bien malade et n'a pu répondre à une lettre que vous lui écriviez. Tout ce qui reste de la petite société s'occupe sans cesse de vous. Me de Caud est très-mali
1 Il veut parler de sa démission donnée après le meurtre du duo ‹'Enghien et de l'éclat qui s'ensuivit. ↩