Au même. « Mercredi, 23 ventôse (1804)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Calmann Lévy, 1889, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« Migneret3, mon très-cher ami, vient de m'envoyer votre billet. Vous devez avoir à présent entre les mains une lettre de moi. Je vous disois que je partois pour le Valais, que j'espérois n'y faire qu'une courte résidence, et que j'attendois de la bonté du Consul la permission de revenir cetautomne à Paris; que, si pourtant le voyage vous tentoit, quoique vous connoissiez déjà les montagnes, vous pouviez venir sur-le-champ me rejoindre à Paris ou à Villeneuve-sur-Yonne, d'où je me chargeois ensuite de tous les frais de votre voyage. La chose n'est pas brillante; mais le Diable ne peut offrir que son Enfer.
3 Le libraire. ↩
« Être avec vous seroit un grand bonheur pour moi; mon amitié pour vous est inaltérable ; malheureusement on ne me met guère à lieu de vous le prouver; vous ne pouvez vous faire une idée de mes chagrins.
«Je crois connoître tous les vôtres. Notre chère Lucile1 est très-malade!... Mon ami, si nous ne nous voyons pas encore cet été sous les montagnes de Sion, les landes de la Bretagne et de la Basse-Normandie nous réuniront cet hiver. Quelle triste chose que cette vie ! Je vous embrasse en pleurant : c'est maintenant mon habitude2.
1 Ceci se rapporte à ces nouveaux chagrins dont il est question dans la lettre précédente. ↩
2 C'est pourtant le même homme qui disait de lui avec vérité : « Je n'ai jamais pleuré que d'admiration. » En effet, s'il pleurait pour d'autres choses, c'étaient des larmes légères et qui ne comptaient pas. ↩
« P. S. - Adressez votre réponse chez Joubert, au Singe violet, rue Saint-Honoré, près la rue de l'Échelle.»