Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand Chapitre IV. Lisez après la deuxième avant-dernière ligne :

Chapitre IV. Lisez après la deuxième avant-dernière ligne :

Chateaubriand · 22 min de lecture · p. 196–206 · chapitre 56 sur 57

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de [Paris : Dufour, Mulat et Boulanger], 1861, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Chateaubriand croit rectifier ici, comme il l'avoue dans ses Études, le système de Bossuet. A-t-il raison? Examinons.

Bossuet envisage d'un seul point de vue l'universalité de l'histoire : il fait de la Vérité religieuse la raison de tout. De ce centre où il nous place, l'œil voit tout le genre humain en marche vers un même but, sous la main de Dieu qui le mène malgré ses perpétuelles agitations. Le tableau est complet. Rien de plus dramatique, de plus divin : d'un côté, c'est la sagesse humaine humiliée coup sur coup dans ses déconvenues par la ruine successive des empires ; de l'autre,. l'humanité longtemps avilie et enfin expirante par les excès les plus monstrueux, mais soudain ressuscitée et réhabilitée par Celui qui est la vie et la vérité même. Ici Bossuet semble révéler le plan providentiel, et il nous montre toute T'histoire convergeant par une attraction incessante vers la sphère lumineuse du Christianisme, cercle inflexible comme la vérité, et partant non susceptible d'extension ni de d minution.

Ceci ne se comprend plus aujourd'hui; le progrès, voilà la loi suprême, voilà le dieu du siècle : tant l'humaine raison est encore incapable de discerner l'effet d'avec la cause, le progrès essentiellement mobile, d'avec la vérité son principe, soleil toujours fixe, éternel, immuable. I y a donc une grave erreur, que Chateaubriand partage ici avec les hommes de son temps, dans le passage des Études que nous signalons. Dire que le christianisme est un cercle qui s'élargit à mesure que la civilisation s'étend, ce n'est pas rectifier, mais fausser le système.

Que les rôles restent ce qu'ils doivent être. Ce n'est pas à la vérité religieuse d'entrer dans le mouvement inférieur de ce qu'on appelle la vérité philosophique (vérité toujours incomplète) et de se rétrécir dans la sphère de la civilisation ; mais c'est à la science de monter par la foi (c'est-à-dire de se compléter) dans le cercle supérieur, invariable, de ce christianisme qui renouvelle et change tout, et qui seul ne change pas.

Correspondances

ET

Appréciations relatives a cette étude

Nous étions loin de croire que, dans notre livre sur Chateaubriand, insuffisamment mûri, à notre sens, faute de temps, et comme improvisé par la circonstance du procès inattendu fait à la mémoire du grand homme, on trouverait une œuvre presque complète et remplissant à peu près l'intention que nous nous étions proposée. C'est beaucoup d'indulgence de la part du lecteur; c'est peut-être aussi l'effet du piége que nous lui avons tendu.

L'ouvrage, en effet, est précédé d'un très-beau portrait de M. de Chateaubriand, d'après Giraudet (c'est le plus exact qui existe), où l'on voit le grand homme dans l'âge de son énergie et de toute sa gloire. Nous aimons à croire que c'est à l'animation et à la vie que donne tout d'abord à notre livre cette magnifique gravure, que sont dues les dispositions favorables avec lesquelles on le parcourt (quelques-uns disent qu'ils le dévorent). Nous ne nous faisons pas assez d'illusion pour croire que, sans avoir, comme écrivain, d'autres antécédents que nos modestes sermons de village, puis nos causeries musicales et autres avec nos vénérés confrères, nous soyons devenu subito digne des nombreux éloges qu'on juge à propos de nous adresser. Nous avons, au reste, une ressource pour tout concilier : c'est de reporter ces éloges au savant professeur, notre collaborateur, dont il est parlé dans la préface, ainsi qu'aux cinq ou six personnes compétentes et de haut talent qui, voulant bien manipuler la pâte que nous avions préparée, lui ont donné forme, coloris, vie, enfin tout ce que, d'après la sorte de coopération que nous devons à leur rare obligeance, le lecteur croit trouver dans ce travail d'intéressant et d'utile.

Ce préliminaire posé, cette justice étant de nouveau rendue à qui le mérite, c'est sans scrupule que nous citons quelques-unes des appréciations qui nous sont venues de toutes parts à l'occasion de la première édition, et nous arrivent encore tous les jours.

(Pour abréger, nous ne prendrons que des extraits.)

Mercredi, 5 décembre 1860. -

Monsieur l'abbé, j'ai lu avec le soin qu'il mérite le livre que vous m'avez confié. Je ne crois pas qu'il soit possible d'élever à Chateaubriand un monument plus digne et plus glorieux, en lui rendant une justice éclatante et méritée pour la grandeur de son génie si splendidement développée dans ses nombreux ouvrages. - J'ai éprouvé une grande jouissance dans la lecture de votre intéressante réfutation; et votre style empreint de ce beau modèle a retrempé mon âme affadie et comme blasée par les tristes compositions du temps présent. Chateaubriand et ses œuvres sont habilement vengés des cris impuissants de la littérature contemporaine (Sainte-Beuve et consorts). - J'ai remis aujourd'hui à mon ami Charpentier, éditeur de la Revue nationale et étrangère, l'exemplaire de votre ouvrage, afin qu'il en soit rendu compte dans un des plus prochains numéros, avec le soin et le sérieux que comporte une contestation littéraire d'une si haute importance.

D.... chef de bureau.

Paris, le 5 décembre 1860. - Monsieur l'abbé, permettez-moi de vous remercier de la bonté que vous avez eue de m'adresser votre excellent livre sur Chateaubriand. Je l'ai lu avec un intérêt soutenu, et J'ai été heureux de voir que votre habile plume défendait avec talent enthousiaste le père de notre littérature moderne. On a beau dire tout ce qu'on voudra : c'est a l'illustre Chateaubriand que se rattachent,

grand nombre

fut le premier qui raviva la grande poésie en regardant avec une égale admiration les temples de la Grèce, les cathédrales du moyen âge et les magnificences de la nature...

Une preuve que Chateaubriand fut bien l'homme noble et dévoué que vous retracez, c'est la vénération profonde qu'il inspirait à ses amis, à quelque parti politique qu'ils appartinssent. Béranger ne peut être soupçonné d'indulgence pour les défenseurs du catholicisme, et cependant nul ne parlait de Chateaubriand avec plus de respect et d'affection. N'est ce pas un bel éloge, quand les hommes de toutes les opinions se réunissent devant une tombe pour regretter et pleurer ?

Par votre livre, écrit d'un style si rapide et si coloré, vous avez en quelque sorte ajouté à la gloire de notre illustre poëte ; comme ces lentilles qui concentrent les rayons du soleil, vous avez donné plus de force persuasive à cette vie illustre en la rassemblant dans un petit espace; et en même temps vous avez conservé la poésie du maître, en partageant son enthousiasme pour le beau. Recevez donc, monsieur l'abbé les remercîments de la génération à laquelle Chateaubriand a appris à connaître la véritable poésie. Quels que soient ceux par qui est soulevée la poussière qui tourbillonne autour du piédestal du grand poëte, le dieu n'en porte pas moins sa tête dans le ciel !..

Thalès bernard

Collaborateur de l'Ami de la Religion.

Alençon, 7 décembre 1860. - Monsieur l'abbé, merci tout cordial de votre très-gracieux envoi. C'est pour le coup une surprise. L'à-propos est vivement saisi autant qu'il pouvait l'être dans le temps où nous sommes. Quel feu! quelle mitraille...!!!

Je vous avoue, Monsieur, que je ne m'attendais pas à voir mon humble collaboration entourée d'une telle auréole. Je suis tout disposé à travailler au développement de l'ouvrage. Je suivrai là-dessus vos instructions. Soyez bien persuadé, Monsieur, que mon dévouement égale ma reconnaissance.

Veuillez agréer, avec mon profond respect, etc., etc.

Vacquerie

Monsieur et cher confrère, je ne saurais vous dire combien je suis sensible au témoignage de bon et affectueux souvenir que M. l'abbé Lejeune m'a remis aujourd'hui de votre part; je vous en remercie mille et mille fois. Ce que j'ai lu de votre livre dans ma soirée m'a vivement frappé; cet ouvrage est une œuvre de cœur ; le sujet en est souverainement intéressant, et je me ferai un plaisir d'en continuer la lecture; mais j'en ai vu assez pour pouvoir déjà vous remercier, non-seulement de votre spéciale bonté pour moi, mais encore du bien que doit produire cet ouvrage, au milieu des graves préoccupations du moment.

Agréez, monsieur et cher confrère, avec l'expression de ma vive gratitude, l'assurance de mon respectueux dévouement.

Moulin, vendredi, 7 décembre 1860.

V. DUcRoT, Chan.

Monsieur l'abbé, j'ai reçu hier et j'ai lu avec avidité le volume que vous venez de publier sur Chateaubriand et que vous avez bien voulu m'offrir.

Ce tableau saisissant d'une des plus grandes figures de notre siècle est certainement la peinture la plus fidèle et la plus propre a faire re ivre dans l'imagination du lecteur la vraie nature de l'homme et d l'écrivain.

L'appréciation de son caractère est aussi frappante sous votre plume rue celle de ses écrits, et vous avez noblement venge des calomnies du bel esprit le courageux auteur du Génie du christianisme.

Cet hommage posthume et désintéressé, rendu par un prêtre a l'immortel écrivain dont il a connu la vie intime, est non-seulement un glorieux tribut payé au génie, mais une couronne déposée par une main pieuse sur la tombe du chrétien.

Tous les gens de cœur et de foi, toutes les âmes en qui vit encore le culte des grandes et saintes choses, du beau, du vrai et du bien, vous en sauront gré.

Pour moi, monsieur l'abbé, je vous remercie non-seulement de votre aimable attention, mais surtout du bonheur que m'a procuré cette attachante lecture, et je vous prie d'agréer, etc.

Paris, 13 décembre 1860.

WILHELMINE comtesse DE BRUNSWICK

19 décembre 1860 (Auxerre, Yonne). - J'ai lu avec grand plaisir et beaucoup d'intérêt votre étude sur Chateaubriand : c'est l'œuvre d'un homme de cœur et d'esprit A l'exception de certaines parties sur lesquelles je fais des réserves, je donne mon assentiment à toutes vos appréciations... Chateaubriand n'était pas certes un comédien ; il avait assez de ressource et trouvait assez de puissance dans son beau génie pour se présenter sans masque à ses amis comme à ses ennemis, etc. . Votre biographie sera lue par tous ceux qui s'intéressent aux lettres et à la recherche de la vérité.

26 décembre 1860. - Quoique souffrant beaucoup au moment où j'ai reçu votre Chateaubriand, j'ai voulu tout de suite en lire quelque chose; mais ce quelque chose est devenu des pages nombreuses qui m'ont charmé. Je vous remercie de ce gracieux cadeau, et je vous offre sincèrement mes félicitations ; je les joints à celles que les connaisseurs en talent vous ont adressées.

7 décembre 1860. - J'ai dévoré votre livre presque tout d'un trait et à la hâte ; j'en suis encore tout ébloui; et, sous cette première impression, circonstance que vous ferez peut-être bien de ne pas oublier, je dis que votre coup d'essai est un coup de maître. Concision, rapidité, vivacité dans un récit des plus intéressants; considérations d'un ordre élevé; exposés vrais et noblement tracés qui ne dépareraient pas les pages de nos plus grands maîtres ; réflexions profondes qui sont comme la philosophie de l'histoire de votre héros ; style enfin qui s'harmonise si bien avec le style de l'éminent écrivain qu'en vérité on ne saurait trop distinguer l'un de l'autre. - Bien : bien par le fond, bien par la forme. certaines appréciations toutefois pourront vous susciter quelques contradicteurs. Mais vous n'avez pas loué sans restriction; cela ouvrira bien des portes à votre bon livre...

27 décembre 1860. . Ils ne réussiront pas ceux qui veulent ravir Chateaubriand à l'Eglise. Vous conserverez à notre Mère cette gloire et ce génie; en cela encore vous aurez bien mérité de la re-

28 décembre 1860. - Merci, mille fois, pour votre excellent livre et plus encore du noble motif qui vous l'a dicté. Votre ouvrage n'est pas tombé tout à fait en pays étranger; je possède les chefs-d'œuvre du grand maître, c'est vous dire que je ne me défends pas de quelque enthousiasme pour lui; c'est vous dire aussi que sa défense sortie de votre plume reconnaissante m'a fait le plus sensible plaisir. J'ai vu que vous aviez hérité d'autre chose que de son encrier... C'est donc avec le plus grand intérêt que j'ai suivi de nouveau avec vous le grand homme dans sa rêveuse enfance, dans ses immenses aspirations. J'ai partagé son exil, et je ne l'ai pas vu une seule tois s'agenouillant devant le veau d'or, ni se courbant devant la toute-puissance humaine. Sa vie politique que vous nous révélez m'était presque inconnue, et elle forme ce me semble, une des pages les plus intéressantes de l'histoire moderne. Que les hommes d'un tel caractère et d'une telle loyauté sont rares ! G'était un vrai Breton. Une foi, une loi, un roi : voilà sa devise. Comme une colonne centrale de l'édifice, il eût pu sauver la royauté croulante son craint das in site dut u s'abâtardit, on tout est carpe re protée..

29 décembre 1860. J'ai lu, j'ai dévoré, je puis le dire votre excellent livre. Quels tableaux admirables et saisissants peints i larges traits !... Puis ces épisodes qu'il est impossible d'amener plus à propos... La lecture de votre livre m'a fait un plaisir infini. O tempora! Cela soulage l'esprit en présence de ce dévergondage des brochures, des publications de nos jours. Merci donc, grand merci !...

29 décembre 1860. - Monsieur l'abbé, vous avez raison de le dire, vous êtes un homme de cœur et vous savez en trouver le chemin chez les autres. Cette aimable et délicate attention... Ce que je puis dire, c'est que la lecture de votre livre m'a vivement intéressé, et que je suis ner de voir un membre du clergé, en vengeant la mémoire d'un homme illustre, continuer les traditions d'une bonne et saine littérature...

29 décembre 1860. - ..... Bien certainement les félicitations vous arrivent de tous côtés ; pour ma part, je vous assure que j'ai lu votre ouvrage avec le plus grand intérêt et la plus vive satisfaction. Vous étiez digne, mon ami, d'élever ce monument à la gloire du grand écrivain. Vraiment, je crois que vous avez trouvé quelque chose de son génie au fond de son encrier. - Auteur !... Voilà donc encore un titre de plus à mon estime et a mes respects...

29 décembre 1860. - Monsieur, j'ai envisagé d'un œil caressant le volume de votre œuvre en l'honneur de M. de Chateaubriand. Je l'ai lu avec avidité de cœur. Me permettrez-vous à moi, que vous n'avez jamais ru et que vous ne connaissez pas , de vous appliquer la réponse di Souverain Pontife au livre de la Maxime des Saints : Excessu caritatis peccavit. Le piédestal que vous faites à un écrivain de premier talent, à un chef d'école littéraire, à un personnage européennement connu, dont la vie se lie aux intérêts d'un grand État, avait-il besoin des dimensions que vous lui donnez? Vous avez trop hissé, selon moi, le pavillon de M. de Chateaubriand; il n'en avait pas besoin. Le bagage littéraire de M. Sainte-Beuve ne dépasse pas un arrondissement circonscrit; j'ai peur que vous lui ayez donné une importance dont il manquait avant votre œuvre. Il fallait, en galant homme que vous êtes, traiter M. S.-B. avec le laconisme d'une intelligence telle que la vôtre, d'un cœur posé comme le vôtre, ou, si vous voulez, d'un cœur à toute sa hauteur. Vous auriez échappé à l'inconvénient de n'avoir qu'un tort, celui de voir tout beau et rien que bien, ce qu'il serait difficile de pratiquer en toute justice, même envers le meilleur des héros...

Maintenant, honorable Monsieur, votre excursion dans le domaine de l'histoire m'a vivement fait jouir. Savez-vous, abbé Clergeau, que vous n'avez pas consacré votre temps qu'au système transpositeur seulement! Vous revêtez, en touchant la partie historique de votre œuvre, les qualités de l'historien de premier ordre. Il v a de la majesté parfois, de la noblesse toujours, et surtout de l'impartialité dans votre manière de traiter l'histoire. C'est bien et fort bien. Vos appréciations sont si justes qu'elles sont toujours celles du lecteur... Dans votre beau travail, vous ne m avez pas appris a aimer M. de Chateaubriand, je l'aimais tant ! Mais vous m avez parlé de lui avec attrait. Dans votre mode de traiter la langue de la poésie il y a souvent de l'élégance, toujours de la dignité. S'il m'est donné d'aller un jour frapper à la porte de votre cabinet, je vous jette mon nom au front et je fais succéder l'accolade la plus affectueuse, la plus vive de considération que vous ayez jamais reçue..

30 décembre 1860. - ... Quoique nourri dès mon enfance de votre héros , je me sens fort incompétent pour exprimer un jugement sur les ouvrages tels que le vôtre ou sur ceux de l'immortel auteur que vous étudiez. Seulement, dans notre pays, la Savoie, le jugement porté universellement sur M. le vicomte de Chateaubriand, c'est qu'il est une des plus grandes autorités littéraires de la France. Quant à sa religion, dans les ouvrages qu'il a mis au jour, on ne doit, on ne peut en exiger une exactitude mathématique. Il a pu l'avoir un peu poétisée, permettez-moi le mot, mais il l'a présentée gracieuse, il l'a faite abordaljle à la science,

il a été son Isaïe à l'ouverture du xixe siècle. Il a été vox clamantis : parafe viam Domini - rectas fecit semitas ejus - aspera convertit in vias planas. Chateaubriand, rendons-lui hautement cette justice, a été un des ›lus habiles apologistes de la religion. Il ne l'a pas rendue forte, mais 1 l'a montrée aimable. Depuis lui, les bons esprits ont pu prendre impunément sa défense. Quelle reconnaissance ne doit-on pas à ce grand homme ! Et vous , monsieur le chanoine, quel service ne rendez-vous pas à la religion et à la littérature en remettant les choses à leur place et en lavant...

sure, non ige et mon pel avoir y notat bacte. gren

l'expression de ma plus vive gratitude..

l'envoi que vous avez en l'amabilité de me faire de votre notice sur Chateaubriand. Je l'ai lue avec beaucoup de satisfaction..... Je vous félicite d'avoir si bien fait ressortir et cette noblesse de caractère qu a porté à n'être jamais que le courtisan du malheur, et ce mépris des biens de la fortune que tant d'autres recherchent per fas et nefas.....

30 décembre 1860 (Yonne). - (Monastère de la Pierre-qui-Vire.) Monsieur l'abbé, je vois une fois de plus que vous n'oubliez pas les premiers enfants que vous avez formés. Vous venez encore d'en donner une preuve en m'adressant votre travail sur l'illustre écrivain dont vous avez été l'aumônier. Je vais le lire avec bonheur et le faire lire par toute ma communauté, parce que venant de vous, ce doit être une œuvre de cœur. Je suis bien reconnaissant, je vous l'assure, de cette attention de votre part envers un pauvre religieux si au-dessous de la charge que la Providence lui a imposée. Je vais prier et faire prier pour vous, qui êtes à la fois mon bienfaiteur et mon père en Dieu. C'est vous, j'aime à le dire, qui avez été le moyen dont sa bonté s'est servie pour faire naître en moi la vocation à l'état ecclésiastique et par suite à l'état religieux. Quoique cela remonte à plus de trente années, je me souviens toujours avec bonheur du zèle aimable avec lequel vous saviez m'en inspirer le goût par les saintes cérémonies et par le chant liturgique. Ces souve-

30 décembre 1860. - Très-honorable Monsieur, c'est après la lecture de votre beau travail sur Chateaubriand que je vous écris pour vous exprimer tout le plaisir que m'a procuré ce livre intéressant à tous égards. Si mon jugement et mes impressions étaient de quelque poids, j'oserais, Monsieur, signaler la richesse du style, l'intérêt des détails et des faits historiques ; en un mot, je louerais, comme il le mérite, cet important ouvrage, qui est l'œuvre de votre dévouement non moins que celui de votre savoir.

31 décembre 1860. - Monsieur le chanoine, il vous appartenait plus qu'à tout autre de défendre l'immortel auteur du Génie du christianisme contre d'injustes et malveillantes attaques, et de conserver à l'Eglise catholique cette gloire de notre siècle. Votre opuscule me semble avoir atteint parfaitement ce but.

J'ai eu l'honneur précédemment d'être en relation avec vous au sujet de l'excellent harmonium transpositeur que vous avez fourni à la petite église du Gourgan, faubourg maritime de Calais. Puisque j'ai aujourd hui une nouvelle occasion de vous écrire, j'en profite pour vous dire que vous avez rendu un bien grand service à notre population en lui procurant d'excellentes eaux, dont le prix est très-modéré, et que le succès

naissance,

31 décembre 1860 (Maligny, Yonne). - Mon cher ami, très-cordial remercîment pour l'intéressante étrenne que tu as bien voulu m'adresser. Ton livre sur Chateaubriand est pour moi un objet très-précieux a deux titres. Le premier, c'est qu'il me donne une relique de l'ami qui , le premier, a fait naître en mon cœur le sentiment de la plus vive sympathie, et cela il y a quarante ans ; le second, c'est qu'il me retrace, écrit par cet ami, le résumé de tout ce qu'a été un des hommes les plus célèbres de son siècle, et du caractère le plus honorable sous une foule de rapports : résumé digne du grand écrivain lui-même. J'ai dans ma bibliothèque tous ses ouvrages; mais je n'ai rien lu de plus attrayant que ton étude historique et biographique. Il t'a fallu, mon cher ami, un travail bien long et bien assidu pour produire une telle œuvre. Reçois mes embrassements aussi cordiaux que mes félicitations

31 décembre 1860. - Ce que j'ai pu lire de votre travail, malgré les occupations accablantes de ces derniers jours, démontre que votre plume n'est pas aussi inexpérimentée que vous voulez bien le dire. Quoique je n'aie pas l'avantage de bien connaître les œuvres de M. de Chateaubriand, je sais, du moins, que l'opinion publique à son égard n'est pas celle qu'on s'efforce de faire prévaloir. Mais votre monsieur S.-B. eût-il un peu raison, je ne vois pas le but louable et utile de ses efforts. Ni la gloire littéraire de la France, ni la morale, ni la religion, ni l'amour d'une stricte justice, n'ont pu être le mobile d'une entreprise que le souvenir des bienfaits reçus et les simples devoirs de la reconnaissance interdisaient à M. S.-B. plus qu'à tout autre. Vous avez bien fait, cher confrère, de repousser un pareil procédé, qui n'honorera jamais personne.

31 décembre 1860. - Si j'ai tardé à vous accuser réception du travail que vous venez de publier sur Chateaubriand et ses œuvres, c'est que je voulais lire et juger. Vos appréciations de l'éminent écrivain, soit dans sa vie privée, soit dans sa vie publique, m'ont paru exemptes de ces flagorneries et de ce ton de réclame qui peuvent séduire pour un temps, mais qui tombent avec les heures et les jours. Je ne viens pas donner un resume des idées principales qui animent votre œuvre. Il me semble toutefois que le souffle du vrai a passé sur ces pages. L'honnêteté en a soutenu le fond qui présente à l'œil une si grande diversité de sujets. Vous n'avez oublié ni l'enfant, ni l'homme fait, non plus que ses aptitudes originales. C'est le Breton avec sa mélancolie, sa foi, son austérité

savent fondre et faire pâlir les hommes du demi-honneur! Sincérité, loyauté en toute chose, générosité, constance et dévouement héroïque dans le désir d'arriver au bien!!!..... Je n'ai qu'une petite édition des œuvres du grand homme, du fier chrétien. Vous m'inspirez la résolution de posséder au complet un trésor aussi précieux pour une bibliothèque.

1er janvier 1861. - Monsieur le chanoine et honoré confrère, étranger à l'art de bien dire, en présence de votre livre, je devrais me taire et admirer. Cependant, ayant une dette de reconnaissance à acquitter, vous serez assez indulgent pour me laisser vous dire mes impressions.

• Vous écrivez, monsieur le chanoine, avec la main de notre Chateaubriand, vous pensez avec son esprit..... Votre style est imagé, pitto-

la fois, et parsemé de bonnes et pro

ondes pensées. L'érudition ne vous fait pas oublier le sentiment qu émeut. Vous êtes tellement imbu des pensées et de la manière de dire de votre modèle, qu'on croirait votre livre un écho d'outre-tombe qui répète les accents harmonieux que faisait entendre pendant sa vie notre chantre du christianisme... Comme lui encore vous êtes peintre, poëte, musicien; qui le contestera?... -- On aime à lire les détails historiques que vous donnez sur Chateaubriand, sur sa vie intime, sur ses œuvres... a apprendre pourquoi tel ouvrage, et pourquoi à telle époque. Ces détails qui en font saisir l'opportunité et qui en augmentent le prix, on es désirait depuis longtemps : vous venez de combler cette lacune.

a chaque page de votre livre, on sent que votre âme de prêtre a voulu réjouir les cœurs de toutes les personnes en qui vit le culte d'une noble mémoire outragée, comme aussi le respect au génie, en les faisant battre à l'unisson avec le vôtre, sur le beau, le vrai, le sublime de la vie, des allures, des œuvres du royal et immortel cœur breton.

31 décembre 1800. - Votre ouvrage est un bon livre, il vient du cœur ; la reconnaissance l'a produit.... Tout restreint qu'il est dans certaines notions intimes sur la vie de l'écrivain aimé, il plait beaucoup ; plus détaille, il plairait encore davantage. Pour ma part, j'ai éprouvé un bonheur sincère en le lisant. Il ne saurait en être autrement, car la vérité plaît et son soleil réjouit tous les yeux.

C'est donc un devoir bien doux que je remplis, Monsieur le chanoine, en vous témoignant toute ma reconnaissance et pour votre œuvre et pour la pensée qui vous l'a fait entreprendre. Soyez remercié comme doit l'être un bon, digne et généreux confrère.

1er janvier 1861. - Monsieur l'abbé, j'ai reçu votre ouvrage; je l'ai lu et relu, et toujours je trouve à cette lecture un charme nouveau. A ce Langage simple et touchant, souvent sublime, un esprit juste et droit reconnait la vérité. Ce livre, Monsieur, aura tout le succès qu'il mérite, et la mémoire de l'auteur du Genie du christianisme est noblement ven gée; cette gloire de la France continuera à briller de l'éclat le plus pur, malgré d'insidieuses et jalouses critiques. On a voulu voiler cet astre dont. l'éclat offusque ; mais une main amie, guidée par un cœur Joyal, brise l'obstacle et rend à cette figure toute sa splendeur et sa Y Permettez-moi, dans cette occasion, de vous offrir mes vœux qui sont que sur vous et sur tout ce que vous faites tombent les bénédictions célestes, et que Dieu vous accorde trois choses : sa grâce, la santé et le bonheur de faire autant de bien que vous le désirez.

2 janvier 1861. - Monsieur et cher confrère, je commence par vous exprimer ma vive reconnaissance pour le beau livre que vous m'avez envoyé. Plus je vais, et mieux je vois que vous mettez votre bonheur à rendre service à vos confrères et à leur être agréable en toutes circonstances... J'avais beaucoup entendu parler de Chateaubriand; j'avais u ses ouvrages, et cependant je ne le connaissais qu'imparfaitement; sa ie intime et publique m'était inconnue. Sous ce rapport, vous rendez service à moi et à bien d'autres. Quant au style et aux appréciations, je me borne à dire ce que je sens, c'est que j'ai lu votre livre avec le plus vif intérêt, avec avidité, éprouvant un vrai regret chaque fois que j'étais obligé d'en interrompre la lecture.

3 janvier 1861. - . Les belles et vigoureuses pages que vous venez d'écrire sur Chateaubriand vengent noblement la mémoire de l'illustre auteur du Genie du christianisme. Votre excellent travail est remarquable par la clarté de l'historien qui, prêtre en même temps, sait pratiquer la retenue et échapper aux vivacités. Il faut plaindre ces hommes qui veulent, sous toute forme et à tout propos, continuer l'œuvre de conspiration contre la vérité catholique. Souhaitons-leur de vivre et de mourir comme l'hypocrite Chateaubriand.

3 janvier 1861 - Merci mille fois! Votre livre est un monument digne et glorieux élevé à la mémoire du grand homme dont vous vous êtes fait l'apologiste. S'il se pouvait redresser un instant dans sa tombe, il ne le dédaignerait pas, et il se rendormirait avec la douce consolation

(Dans votre livre, tout est charmant.) Les impressions défavorables sont effacées. On se sent porté irrésistiblement à excuser même ses fautes, ses défauts. Monsieur, vous avez conquis une place dans l'estime des vrais gens de lettres, et votre réputation comme écrivain est faite. Comme c'est l'exécution qui assure la durée des œuvres d'art, , dit M. Thiers, c'est le style qui assure celle des œuvres de l'esprit. Votre ouvrage restera.