Chapitre III. Lisez après la dernière ligne :
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Cette voix généreuse avait néanmoins fait défaut dans une circonstance importante pour l'avenir de la royauté. La pairie, grâce au pouvoir judiciaire devenu partie de ses attributions, venait d'être forcée d'exercer sa juridiction pénale dans toute sa rigueur, par la condamnation de Ney. Il y avait eu dans l'attentat du maréchal entraînement non pré-- médité, faiblesse irréfléchie de caractère politique, deux considérations bien propres à justifier un acte de clémence. Il eût été beau d'ailleurs de respecter cet héroïque débris, de sauver un général à qui, dans les désastres de Russie, des milliers de Français avaient dû leur salut.
Cette circonstance tout exceptionnelle se prêtait à un double rôle, le plus magnifique qui pût être ambitionné. Deux personnages semblaient posés particulièrement pour le remplir, la petite-fille de Marie-Thérèse et M. de Chateaubriand. La grande âme du royaliste pouvait inspirer une généreuse pensée à l'orpheline de 93, si digne de l'accueillir d'une bouche fidèle. Quel touchant spectacle que celui de la plus auguste victime du malheur intercédant pour une grande infortune ! Et quel concert d'applaudissements dans tous les partis, dans le peuple et dans l'armée! M. de Chateaubriand, si noble appréciateur en pareille situation, ne comprit pas celle-ci, au préjudice de la restauration et au sien propre. La mort du maréchal fut tout à la fois un malheur et une grande faute1.
(1) Le fond de ces réflexions appartient à M. Villemain. ↩