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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre XII

Histoire de la vie et des ouvrages de M. de Chateaubriand, considéré comme poète, voyageur et homme d'état, avec l'analyse de ses ouvrages · 14 min de lecture · p. 158–173 · chapitre 12 sur 53

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Chez Vimont, 1832, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Pauvreté de M. de Chateaubriand à Londres. - Ses réflexions sur le malheur. - Ses passe-temps. - Historique de l'Essai sur les révolutions. - Son injustice actuelle contre ce livre. - Pourquoi ces préventions injustes? - L'Essai aux journaux républicains.

фіо, нахи на всті второ жиру Епістата вротої й отак хлібу

Kax « y TÈ) On, TáUTa dELaivEL G »

"Otan de capon tup tenaital Ton dò dưî dat du Tưn.

i Amis, l'expérience nous l'apprend, l'homme,

si le cours des choses le seconde, croit que le vent

de la fortune ne saurait changer; s'il est assailli

par l'orage du malheur, il s'alarme de tout. »

(ESCHYLE, les Perses.)

Tandis que M. de Chateaubriand, sous l'arrêt du jury médical, s'écriant comme cet autre infortuné qui n'avait ni son acquis, ni son étendue d'intelligence :

Au banquet de la vie infortuné convive,

J'apparus un jour, et je meurs ;

Je meurs, et sur ma tombe, où lentement j'arrive,

Nul ne viendra verser des pleurs ; il jetait sur le passé, qu'il comparait au présent, ces regards moroses, dédaigneusement scrutateurs et étincelans parfois du courroux de l'athéisme; tandis enfin qu'il écrivait son Essai, quelle était sa position? Ce n'est pas seulement aux écrits que l'on s'intéresse dans la vie d'un grand homme; on court aux épisodes domestiques, à son Odyssée. Que ne donnerait-on pas pour un Virgile dans son intérieur, pour un Aristophane dans la coulisse ?

M. de Chateaubriand s'interrompant de désespoir dans son écrit, se détournant, et de Miltiade, et de Mardonius, et de Dumouriez, un jour il laissa courir sa plume sous l'instinct de ses douleurs. Là, sans arrière-pensée, c'est un chapitre de révélations qu'il écrit, et à propos de Richard II, prisonnier, prêt à mourir.

Richard II lui a rappelé ses propres infortunes :

« Les grands, c'est-à-dire les riches, ne voient la misère qu'avec un dégoût extrême. Il ne faut attendre d'eux qu'une pitié insolente, que des dons, des politesses, mille fois pires que des insultes. »

Cela est vrai ; M. de Chateaubriand, devenu à son tour et riche et grand personnage, n'a guère répondu que par une lettre pleine de froides politesses à une enfant de génie, mademoiselle Mercœur. Et que sollicitait-elle? sa protection. Quoi ! des phrases stériles au lieu de ce qu'on lui demandait ! La protection est si facile à un homme investi d'une grande influence ! Un mot de M. de Chateaubriand (l'enfant sublime) a fait la prospérité de M. Victor Hugo.

Continuons & « Le marchand, si vous entrez dans son comptoir, ramassera précipitamment l'argent qui se trouve atteint : cette âme de boue confond le malheureux et le malhonnête homme.

• ... En Angleterre, le peuple méprise souverainement l'infortune. Il ne rêve que guinées ; il sent, il frotte, il mord, il examine, il fait sonner son schilling ; il ne voit partout que du cuivre ou de l'argent. »

Une inflexible destinée le tenait dans cet entourage deboue, lui infortuné ; alors, à défaut de ressource, il cherchait en lui des consolations, il jouait sur ses maux, il définissait le malheur, demandant à l'argutie, au sophisme, à tout, une illusion, une illusion pour un jour; ç'aurait été un jour de gagné ; et comme M. Mme Jui avait dit : « Il n'y a qu'une infortune réelle, celle de manquer de pain, » il voulait savoir s'il était réellement malheureux.

Tantôt il se retournait aux philosophes anciens, sceptiques, stoïques, cyniques, n'importe, leur demandant la recette de l'insensibilité. Les uns lui disaient la lecture, les autres la vertu, d'autres le courage; lui, finissait par s'écrier : « C'est comme le médecin qui dit au patient : Portez-vous bien. »

Sans doute M. M*** persistait sur sa panacée, l'indifférence en ayant le pain du jour; mais encore fallait-il l'avoir, ce pain-là.

« Or, que faudrait-il faire pour se procurer ce premier besoin ( passons sur les anglicismes que l'auteur n'a pas voulu corriger, pour des raisons par lui souvent déduites)? Travailler, répondent ceux qui n'entendent rien au cœur de l'homme. Nous supportons l'adversité non d'après tel ou tel principe, mais selon notre éducation, nos goûts, notre caractère, et surtout notre génie. Celui-ci, s'il veut gagner passablement sa vie par une occupation quelconque, s'apercevra à peine qu'il a changé de condition ; tandis que celui-là, d'un ordre supérieur, regardera comme le plus grand des maux de se voir obligé de renoncer aux facultés de son âme, de faire sa compagnie de manœuvres, dont les idées sont confinées autour du bloc qu'ils scient, ou de passer ses jours, dans l'âge de la raison et de la pensée, à faire répéter des mots aux stupides enfans de son voisin. Un pareil homme aimera mieux mourir de faim que de se procurer à un tel prix les besoins de la vie. •

Les ressources qu'il indique contre cette fatale adversité qui frappe si lentement, si lentement ses heures d'angoisses à côté du voluptueux, dont les momens fuient rapides devant sa table couverte d'or étincelant, de vins délicats, environné qu'il est de beautés nageant dans la gaze, rosées et plus enivrantes que le médoc et l'aï ; les ressources que M. de Chateaubriand indique nous montrent ses passe-temps d'alors. Il évitait les lieux de rassemblement public : le contentement, la joie, l'ostentation y auraient triplé ses froissemens de cœur; il ne sortait que la nuit. Lorsque la brune commençait à confondre les objets, s'aventurant hors de sa retraite, et, traversant en hâte les lieux fréquentés, il gagnait quelque chemin solitaire où il pût errer en liberté. Un jour il allait s'asseoir sur le sommet d'une colline qui domine la ville ; il contemplait les feux qui brillaient dans l'étendue du paysage ; sa vue s'égarait sur les illuminations d'un hôtel, dont les habitans plongés dans les plaisirs ignoraient qu'il était un malheureux à regarder de loin la lumière de leurs fêtes, un malheureux qui eut aussi des fêtes et des amis. Il ramenait ensuite ses regards sur quelque petit rayon tremblant dans une pauvre maison écartée du faubourg; et il se disait : « Là, j'ai des frères. »

Une autre fois, par un clair de lune, il s'asseyait sur le bord d'un grand chemin pour jouir encore, à la dérobée, de la vue des hommes sans être aperçu d'eux » de peur, dit-il, qu'en apercevant un malheureux, ils ne s'écriassent, comme les gardes du docteur anglais dans la Chaumière indienne : Un Paria ! un Paria ! »

Mais le but favori de ses courses, c'était un bois de sapins, à quelque deux milles de la ville. Là, jeté hors de la société, la surabondance de son âme, à défaut d'objets réels, se répandait jusque sur l'ordre muet de la création; là, il trouvait une sorte de plaisir qu'il n'aurait pas soupçonné. Devenu moins propre à la société, sa sensibilité se déployait davantage. Sa panacée, à lui, c'était l'aspect des campagnes, s'enfonçant dans les forêts, errant sous leur voûte mobile; et le souvenir de ses amis, de ses proches, se fondait au calme des cieux, des bois. « Heureux, s'écriait-il, ceux qui aiment la nature ! ils la trouveront, et trouveront seulement elle au jour de l'adversité. »

L'étude de la botanique valait à notre jeune émigré une vacance à l'école du malheur. Armé de ses ciseaux, de sa lunette, il s'en allait longeant les fossés d'un vieux chemin, courbé sur chaque végétal, s'arrêtant aux massifs d'une tour en ruines, aux mousses d'une antique fontaine. Il se plaisait à rencontrer la Tulipa sylvestris, il s'attachait au lis mélancolique, au convolvulus, qui entourait de ses fleurs pâles quelque aulne décrépit; dans les Thyms et les Calamens qui embellissaient généreusement un sol ingrat de leur verdure, il reconnaissait le symbole de l'amour de la patrie.

Oh ! qu'avec délices il rentrait après dans sa demeure chargé des dépouilles des champs ! Il fermait mystérieusement sa porte, il se mettait à l'analyse, blâmant ou approuvant Tournefort, Linnée, Jussieu, Vaillant, du Bourg, Solander. La nuit arrivée, un livre qu'il était parvenu à se procurer remplissait ses frileux loisirs. Auprès d'un humble feu et d'une lumière vacillante, il s'attendrissait sur les maux imaginaires des Clarisse, des Clémentine, des Héloïse, des Cécilia. « Les romans, dit-il, sont les livres des malheureux ; ils nous nourrissent d'illusions, il est vrai ; mais en sont-ils plus remplis que la vie ? »

Souvent aussi lorsque tout reposait, entre deux et trois heures du matin, au murmure des vents et de la pluie qui battaient contre ses fenêtres, il écrivait ce qu'il savait des hommes. « L'infortuné, dit-il, occupe une place avantageuse pour les bien étudier, parce qu'étant hors de leur route, il les voit passer devant lui. »

Heureux ceux qui peuvent absorber leurs angoisses dans l'examen du pistil, des pétales d'un lis et d'une tulipa sylvestris ! Les malheurs imaginaires des héroïnes de romans me semblent de fort pauvres consolations, lorsque l'affliction a fatigué les ressorts de notre âme. Quoi, pas même de relâche durant la lecture? Aux peines réelles joindre des peines imaginaires ! n'en avez-vous pas assez ? il vous faut encore le désespoir de Saint-Preux. Pour moi, il me faut Regnard dans ses endroits les plus gais, son Retour imprévu, son Joueur; il me faut les Scènes populaires d'Henri Monnier. Cher Hector! bon Scapin ! bon M. Prudhomme, élève de Saint-Omer, expert assermenté près les cours et tribunaux ! merci de vos distractions dans mes déplorables journées.

Vers la fin de 1796, l'Essai historique achevé,. de Boffe, libraire à Londres, demeurant Gerrard-Street, s'en rendit éditeur ; cependant l'ouvrage fut publié par souscription, au prix d'une guinée en trois termes ; sept schellings à la livraison de chaque volume.

Le prospectus est daté de la fin de 1796; il annonçait l'apparition du premier volume pour le mois de décembre. L'auteur dédiait son ouvrage à tous les partis ; il annonçait devoir examiner dans ses trois livraisons1 :

(1) Ces trois livraisons ne formaient cependant qu'un gros volume. ↩

1° Quelles sont les révolutions arrivées dans les gouvernemens des hommes ; quel était jadis l'état de la société, et quelle a été l'influence de ces révolutions sur l'âge où elles éclatèrent, et les siècles qui le suivirent ;

2° Si parmi ces révolutions il en était quelques unes qui, par l'esprit, les mœurs et les lumières des temps, pussent se comparer à la révolution de la France ;

3° Quelles étaient les causes primitives de la révolution française, et celles qui en avaient opéré le développement soudain ;

4° Quel était alors le gouvernement de la France; s'il était fondé sur les vrais principes ; s'il pouvait subsister ;

5° S'il subsistait, quel devait en être l'effet sur les nations et autres gouvernemens de l'Europe ;

6° S'il était détruit, quelles en seraient les conséquences pour les peuples contemporains et pour la postérité.

Quoi qu'en veuille dire M, de Chateaubriand aujourd'hui, cet ouvrage eut du succès ; du moins la souscription se remplit rapidement ; car, dans la préface qu'il appela notice, il disait :

» L'empressement avec lequel on a bien voulu demander cet ouvrage me flatte moins qu'il ne m'effraie : ce qu'on commence par exalter sans raison, on finit souvent par le déprécier sans justice. »

On le lui demanda même à traduire, tant on en avait jugé favorablement. Un homme de lettres allemand lui proposa des arrangemens ; ce fut une dame qui voulut le traduire en anglais ; mais le premier volume ayant vu le jour, elle se scandalisa de quelques expressions hasardées sur M. de Lafayette, et dont l'auteur fit entrevoir le véritable sens qui n'avait rien d'injurieux pour le prisonnier d'Olmutz.

Le libraire de Boffe voulut même publier à Paris une édition de l'Essai historique en même temps que celle de Londres; mais des évènemens l'en détournèrent.

D'après ces marques d'empressement, nous pouvons nous laisser aller à croire que ce livre se répandit, et cependant l'auteur n'appartenait à aucune coterie; il n'avait ni argent pour se faire prôner dans les gazettes anglaises les plus vénales du monde, ni cette camaraderie qui est toute faite autour d'un écrivain quelque peu répandu dans sa capitale. Il n'avait pas alors à sa disposition l'un des plus puissans organes de l'opinion publique ; son nom ne vibrait pas encore en échos laudatifs dans des multitudes de petits journaux. On osait avoir un avis sur son compte ; le jugement était libre. Il fut examiné sans complaisance, sans partialité, plutôt même avec cette partialité de dédain contre un nouvel arrivant dans la république. L'ouvrage eut du succès : il le devait donc à son mérite intrinsèque. Mais pourquoi M. de Chateaubriand vient-il nous dire aujourd'hui à chaque page que c'est une œuvre bien digne de l'obscurité où elle demeura ? Pourquoi tantôt s'excusant sur sa pénible position passée, tantôt alléguant sa jeunesse, tantôt ce philosophisme, choléra-morbusd'alors, s'efforce-t-il à chaque note de faire avorter un second succès ? Pourquoi? je l'ai dit : les antécédens se sont accumulés aujourd'hui, et , pour harmonier tout cela, force lui est continuellement de rajuster les choses. En 1797, il n'était que l'auteur de l'Essai historique; aujourd'hui les Martyrs, le Génie du Christianisme, la Monarchie suivant la Charte, l'indisposent contre un là-cheux aîné.

Nous découvrons de nombreux défauts dans ce face à face des choses modernes et des choses de jadis ; mais nous ne nous en cachons pas, nous y aimons beaucoup M. de Chateaubriand encore dans la candeur de ses sentimens, dans la virginité tout entière de sa plume! Il a gagné en maturité, il s'est perfectionné; son style étincelle à son apogée aujourd'hui. C'est un grand écrivain, le premier de l'Europe peut-être, qui revoit le livre d'un jeune auteur faillible sous bien des rapports; mais il avait alors une qualité, une qualité qui ne se rachète pas au prix même de toutes les richesses du génie : il avait ce laisser-aller de la conscience, logique toute rationnelle, toute d'accord avec elle, sincère, forte, intime, logique, que la vie use bientôt, que la connaissance, la fréquentation du monde fait bien vite mettre sous clef, cacher avec soin comme un parvenu ses vêtemens de bure du village.

Une préoccupation perce à chaque note de l'Essai : c'est un reste de cette faiblesse qui jetait M. de Chateaubriand dans le découragement durant sa détresse. Chose surprenante que les deux génies les plus saillans du romantisme, lui et Bernardin de Saint-Pierre, aient faibli dans l'adversité jusqu'à faire étalage de malheurs ! tous deux ils n'ont pas su les dévorer en silence; tous deux, oui, ils en ont presque appelé à la bienfaisance publique; mais l'auteur des Études de la nature surtout avec trop de larmes dans la voix. Rousseau, autre fondateur de l'école, aimait à parler de ses malheurs, de sa pauvreté, mais c'était pour se donner la satisfaction de repousser les dons, de mortifier les âmes charitables, les grands-seigneurs qui s'y laissaient prendre. Bernardin de Saint-Pierre gémissait de meilleure foi, il recevait; M. de Chateaubriand n'en était pas là toutefois.

Pourquoi ces âmes tendres, en qui rencontrent des échos si doux les cordes de la lyre des anges, ne savent-elles pas se fermer sur elles-mêmes dans l'affliction ? Rousseau, Bernardin, Chateaubriand! instrumens sonores que frappe si harmonieusement le rayon gracieux du matin, vous ne sauriez rester muets sous cette fatalité qui menace de vous briser.

Le républicanisme d'airain d'un Marie Chénier, la trempe ferme d'un Pindare Lebrun , de ces gens forts dans l'adversité, âmes nerveuses, c'est ce qui a manqué à M. de Chateaubriand : aussi sa sensibilité s'est-elle trop tourmentée du bruit fait si long-temps à dessein de cet Essai sur les révolutions, comme d'un tissu d'impiétés et de jacobinisme même. Il y a dans ce livre un peu de cette philosophie, fruit inévitable des lumières du siècle, il y a des vues généreuses de la révolution ; et durant ce royalisme qui a brillanté sa polémique de la restauration, nul doute que l'auteur n'ait bien souffert intérieurement de ces citations de l'Essai. Il s'est accoutumé de longue main à ne reporter que des souvenirs chagrins sur ces pages par lui données avant de prendre parti; et lorsque la rage des factions s'est un peu apaisée, lorsque le retrait d'un portefeuille a mis le noble pair dans l'opposition ; lorsque , villélisme et jésuitisme allant trop loin, l'écrivain de la royauté et de la religion a refusé de les suivre ; lorsque, enfin, rendu à la paix domestique, caressé par les libéraux joyeux de sa retraite, il a réglé son avenir dans une édition complète, ces réminiscenses souffreteuses l'avaient trop tourmenté pour s'effacer sur-le-champ. Il en est resté quelque chose dans ses remarques.

Cet ouvrage d'un émigré ne produisit pas un grand effet dans la république française. L'édition que de Boffe voulait faire à Paris ayant avorté, il n'en vint que quelques exemplaires dans les bureaux de certains journaux dans lesquels le sous-lieutenant de 178g avait conservé quelques amis. Voici ce que nous apprend une lettre d'un neveu de Lemierre à M. de Chateaubriand.

Paris, ce 15 juillet 1797• «D'après vos instructions j'ai fait remettre « par M. Say, directeur de la Décade philosophique et littéraire, à M. Ginguené, propriétaire lui-même de ce journal, la lettre et l'exemplaire qui lui étaient destinés... J'ai été moi-même chez M. de La Harpe : il m'a parfaitement reçu, a été vivement affecté de la lecture de votre lettre, et m'a promis de rendre compte de l'ouvrage avec tout l'intérêt et toute l'attention dont l'auteur lui-même paraissait digne; mais sur la demande que je lui ai faite d'une lettre pour vous, il m'a répondu que pour des raisons particulières il ne pouvait écrire dans l'étranger.

»M. de Sales a été enchanté de votre ouvrage ; il me charge de toutes ses civilités pour vous. Le Républicain français1 n'a pas moins été satisfait du livre, et il en a fait un éloge complet. Plusieurs gens de lettres ont dit que c'était un très bon supplément à l'Anacharsis; enfin à quelques critiques près qui tombent sur quelques citations peut-être oiseuses et sur un ou deux rapprochemens qui ont paru forcés, votre Essai a eu le plus grand succès.

(1) Journal du temps. ↩