Chapitre XVII
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État du culte théophilantropique quand M. de Chateaubriand commença son apostolat. - Le christianisme persécuté lui fournit son public. - Ecole religieuse en poésie. - Caractère de cette école en Angleterre, Milton, Kirke-Withe, Montgommery, Milman. - Ses ramifications sur le continent, Klopstock, Gessner, Chateaubriand.
His soul in his youthful aspirings Sougt the holy Hill, and his thirst was for siloa's waters. • Son âme, dans ses jeunes inspirations, chercha la sainte
colline, et fut altérée des ondes du Siloë. »
(SOUTHES, the Vision of Judj.)
Voyons l'état des esprits en France quand M. de Chateaubriand mit la main au Génie du christianisme.
La monarchie s'en était allée; durant ce temps d'arrêt de la civilisation, lorsque les Français se dédommageaient avec la liberté, trop compromise par ses passions terrestres, des pompes des thédrales et des petites maisons libertines de l'ancien régime, on avait, comme on sait, essayé des religions nouvelles. On mettait tout en refonte, la religion y passa : cela devait être.
D'abord, à l'anniversaire de la fondation de la république, la basilique de Notre-Dame changée en temple de Raison, Saint-Sulpice en temple de la Victoire, allégorisèrent les solennités républicaines. C'était , si vous voulez, un pauvre replâtrage de mythologie, un badigeonnage qui ne nous allait pas.
N'importe, il y avait encore quelque chose de remuant dans ces fêtes. Ainsi, par exemple, le citoyen Barras, monté sur son estrade, dans le temple de la Raison, avec les quatre membres du Directoire, haranguait longuement, retraçant en beau style les abus de la monarchie, les dilapidations des ministres courtisans, la cherté des plaisirs de la du Barry, de la Pompadour, le Parc-aux-Cerfs, l'Œil-de-Bœuf, tout l'ancien régime en licence, et l'on prêtait serment de haine à la royauté.
C'était alors que le Conservatoire de musique entonnait l'hymne de Lebrun.
Rien n'absout les tyrans ; quand un roi fut rebelle, Toujours la nation peut dicter son trépas.
La voix d'un peuple entier n'est jamais criminelle ; Et nous le sommes tous si Louis ne l'est pas.
Sil en est qui veuillent un maître, De rois en rois, dans l'univers .
Qu'ils aillent mendier des fers Ces Français (bis) indignes de l'être.
Peut-être encore y avait-il là dedans quelque retour du monde romain, qui aurait pu prendre la classe instruite. Mais plus tard ce fut bien autre chose !
La Réveillère-Lepaux inventa la religion la plus nauséabonde qui se soit vue : froide allégorie, poésie rachitique, telle enfin qu'en peut produire une tête d'avocat; une religion qu'il baptisa d'un nom grec pour la rendre encore plus énigmatique au peuple, la Théophilantropie.
C'était un idéalisme châtré ; point de ces pompes qui vont si bien aux yeux, point d'avenir, point de traditions enracinées. Rien qui allât au cœur; on ne s'adressait qu'à la raison... à la raison ! elle qui est toujours froide!
L'édifice reposait sur le déisme. Le cérémonial consistait en un sermon et des cantiques républicains, les autels en tables de bois, et pour tout ornement, des feuillages, des fleurs, des fruits, des gerbes d'épis. Qu'y avait-il là pour éblouir le vulgaire, qui veut avant tout être ébloui ?
La Réveillere-Lepaux, ou Sieyès, ou tout autre grand-pontife, était là comme résumé de cette idéologie.
Je sais que nous ne sommes pas dans cet Orient si vivement illusionné, sous le charme d'un dogmatisme poétisé lui-même par la poésie qui court les rues, dans cet Orient où la vie enfin est une longue métaphore ; mais encore , même à notre peuple stérile en images, mieux siéraient de grossières fables que de la métaphysique. Dans le hameau comme à Paris, jamais aggrégation d'individus ira-t-elle s'éprendre fortement d'une morale aride, inattrayante , au fond d'une filière d'idées abstraites ?
Le Directoire, que ne se rappelait-il Zoroastre, Pythagore, qui revêtirent de profonds aperçus philosophiques d'un vernis poétique! Il aurait dû se souvenir que la loi, par exemple, de la décomposition et de la recomposition organiques se parait dans leurs enseignemens de la captieuse déception de la métempsycose.
Même prosaïsme de choses au conseil des Anciens. Là, la salle est ornée de festons de verdure, et sur la tribune aux harangues décorée de fleurs, repose le livre de la loi; et là Garat commence un plaidoyer contre la mémoire de Louis XVI.
Bonaparte ne contentait pas davantage les Italiens sur la terre classique du christianisme.
Berthier, détaché jusqu'à Rome, y réinstallait, au nom de la France, la république romaine; des Brutus revêtus de la toge consulaire remontaient au Capitole, et quels Brutus! Rienzi n'avait pu réhabiliter ce passé mort et bien mort, dans de meilleures circonstances.
En résumé, les sectaires nouveaux ayant manqué leur coup en fondant une croyance sans poésie, idéologique, inaccessible au vulgaire, on n'y croyait pas; partout une arrière-pensée empoisonnait les actes; il n'y avait ni foi en la théophilantropie, ni foi dans le républicanisme des chefs. Alors M. de Chateaubriand se mit à évangéliser la foi.
Pénétré de l'importance de son apostolat, se composant déjà en idée un public de ces gens froissés dans leurs habitudes d'église, plus que dans leur foi, par ces théophilantropes intolérans au nom de la tolérance; s'adjugeant ce public qui, en 89, n'allait plus à confesse, et qui, depuis qu'on l'a privé de ses prêtres, raffole du service divin; qui enfin veut à toute force entendre des messes, dans les caves, dans les granges, n'importe, pourvu qu'il y ait du danger; M. de Chateaubriand interrompt la composition des Natchez. Prophètes hébreux, pères de l'Eglise, poètes grecs et latins, toute cette bibliographie poudreuse passe et repasse dans ses mains. Sa brillante poésie instinctive s'allume, sympathisant avec celle spiritualité rêveuse de saint Chrysostôme, de saint Basile, et des autres flambeaux de l'église grecque. Dans l'église latine le Platonchrétien, saint Augustin, l'impressionne surtout de toute cette langueur d'âme, de cette satiété du monde qui transpire de chacune de ses pages. Hommes éprouvés par la persécution, ils parlent de près à notre émigré. C'est peu ; mais il y a chez eux une faconde inspirée, jaillissante, à laquelle la critique, trop partiale en France, n'a pas rendu justice jusqu'à l'avènement de M. Villemain à la chaire de la Sorbonne. La simplicité biblique allait fort bien à son caractère d'isolement : Booz, Job, Abraham, tirent sur le bucolique. Petite fut toujours la civilisation des Hébreux, même dans leurs beaux jours, même sous le règne de conquêtes de David, sous celui du somptueux Salomon ; aussi M. de Chateaubriand se surprit-il dans des enivremens de poésie à la lecture de ces saintes écritures embaumées d'un certain homérisme.
Des temples de Jehovah passant à ceux de Jupiter, de la Judée à Javan, il s'enthousiasme tour à tour et des accords du cinnor des filles de Sion, et des modulations de la lyre des neuf sœurs du Pinde; il se transporte sur la délimitation des deux littératures ; il compare, juge; il se persuade de plus en plus que, comme les dogmes du polythéisme, ceux de la foi chrétienne sont susceptibles d'embellissemens prestigieux. C'est à la plaidoirie de ce grand procès qu'il dévoue sa vie; c'est la tâche qu'il se propose de remplir. Cette proposition reconnue paradoxale jusqu'à lui, il la prouvera vraie: tel est l'objet de sa vie militante désormais.
Neuve ou étrange, elle devait captiver l'attention publique. Ceux qui, du point culminant de notre civilisation indévote, ont cru entendre ce cri mystérieux : Les dieux s'en vont, ceux-là même devaient courir à la lutte qu'il promettait d'établir entre la muse chrétienne et la muse païenne; car vienne du nouveau : demandons-nous i tirer nos jouissances poétiques de la persuasion ? Des notre enfance des mythologues nous ont désappris ce genre de sensation intime : païen avec Homère, je me fais momentanément religieux avec Lamartine, avec Milton.
C'est grand dommage que la poésie sacrée ait fait son entrée dans le monde après la sortie des superstitions.
L'Angleterre a plus tôt commencé. Elle a son école religieuse qui s'inspire de la Bible, qui s'abreuve des flois de Siloé, vivant d'âme, de cœur, d'imagination à Jérusalem, dans la cité des prophètes, s'inféodant la Palestine, terre de vieille croyance.
La popularité de la Bible chez les Anglais, popularité toute due à la réformation, prépare une portion du public aux créations des Jérémies anglicans. Ames pieuses, ces dévotes sensibles à l'onction des prêches, en qui le siècle n'a pas déraciné les traditions mosaïques, voilà les lecteurs pour qui ont monté leurs lyres les Milman, les Kirke-Vithe, les Montgommery.
Mais comment admettre que l'on émeuve, attendrsse, sans persuader? dira-t-on.
Hélas. nous le savons tous, dans la société moderne trop bien organisée au moral pour l'analyse, la poésie ne saurait se soustraire à ce système de désillusion. Elle est toute réputée art; ce n'est plus une voix de prophète. L'ouvrage de tout poète, quelque sacrée que soit sa matière, est toujours chose de convention, d'arrangement, qu'on juge, et à laquelle on ne croit pas; et chacun de dire son mot, de juger, de motiver ses décisions par des étalages de principes, de critique. Comment avoir de la foi avec cela?
Si lorsque Moïse ou Helkias, n'importe, publia la Genèse, la critique littéraire avait régné ; si l'on avait jugé le mérite du déluge, au lieu de s'effrayer de cette punition de la terre; si des journaux avaient rapproché la cosmogonie attribuée à Moïse de celle de Sanchoniathon publiée dans le voisinage, à Tyr; si Adam avec sa pomme avait été jugé moins dramatique que les Manou des djoghes ou grandes périodes des Hindous ; si un professeur, un Tissot, un Villemain de Jérusalem avait rapproché Abraham, Sara, de leurs types Brahma, Saraswardi, et assigné le mérite de l'imitation, le livre national n'eût qu'effleuré les consciences au lieu de s'y enraciner.
Telles étaient les majeures considérations que M. de Chateaubriand devait envisager avant de se mettre à prêcher en poète; lorsque, devait-il se dire, lorsque les générations, fières de leurs progrès , se livrent à l'admiration avec bénéfice d'inventaire, elles sont connaisseuses ; plus d'illusions chez elles.
C'est ici, au moment où M. de Chateaubriand commence son évangélisation, l'occasion de jeter un coup-d'œil sur l'école religieuse.
Le chef de la poésie sacrée, c'est Milton, c'est plus que jamais le cas de dire :
Mais pour être approuvés De semblables projets veulent être achevés.
Si le plus renommé de nos poètes, Lamartine, ou tout autre, jetait le plan d'une épopée sur la donnée biblique, une épopée dont le héros, pour tout grand exploit, mangerait une pomme ; il n'est personne qui ne le détournât d'un pareil projet; il n'est personne qui ne s'empressât d'appliquer les précieux momens de ces êtres de flamme et d'éther qui passent et chantent, sur de plus attrayantes choses.
Telle est cependant l'autorité du génie : Milton, du plus stérile thème a tiré peut-être la plus élevée, la plus abondante de toutes les épopées. Qui ne le connaît, ce Paradis perdu, où les contradictions de la création de Moïse se coordonnent en tableaux de la plus grande pompe ? Qui ne connaît et les décors enchanteurs de l'Eden terrestre, et ces scènes de saintes amours, et ces batailles d'en haut, mouvementées de grandiose, et tout ce drame enfin qui règne sur la terre, au ciel et dans l'immensité !
Les auteurs de la Messiade et de la Mort d'Abel ne m'ont jamais paru que de stériles ramifications de ce tronc séveux hors des Iles-Britanniques ; il est vrai qu'il faudrait savoir à fond l'allemand pour les juger, l'allemand riche en mètres, en arrangemens phraséologiques qui moulent la pensée au gré de l'invention.
C'est au sein même de l'Angleterre que l'école miltonienne s'est continuée avec quelque succès.
Kirke-Withe, jeune fleur tranchée en son aurore, consumée de trop d'àme, fut un de ces talens précoces qui amassent, durant une enfance passionnée, des germes d'autres passions dont l'explosion les tuera. Pic de la Mirandole n'y survécut pas ; le Tasse y échappa, mais brisé, mais désorganisé, mais traînant les débris de l'existence. Kirke-Withe n'a pas dû à sa constitution ce funeste salut. A treize ans il avait composé le poème de l'Enfance, poème admiré; mais se sentant consumer, à l'aspect du terme prochain de ses jours, il regarda au-delà, vit l'éternité, et ne s'occupa plus que de Dieu. Il préluda par des traductions de psaumes à la Christiade ; la mort, l'inexorable mort, ne la lui laissa pas finir. Quand la dernière heure de ses vingt et un ans eut sonné :
« J'ai chanté, dit-il, les œuvres divines sur un mode plus noble que celui qu'on pouvait attendre de la lyre sur laquelle s'exerçait mon enfance. Et maintenant mes forces languissent, je suspends ma lyre mouillée de larmes au triste cyprès... Mes chants resteront-ils imparfaits? O toi! qui visites les fils des hommes ! toi qui écoutes quand les cœurs humbles te prient! prolonge de quelques jours ma triste vie; diffère encore mon dernier arrêt ; je suis un jeune voyageur dans le pèlerinage de ce monde, et je voudrais te consacrer ce faible gage d'amour avant de faire connaissance avec la mort, et d'obtenir ma liberté en riant. »
Poète non moins pieux, mais hors de la portée de cette épée de Damocles, qui pendait sur la tête de Kirke-Withe, Montgommery sentait mieux les joies innocentes de ce monde, et reportait les petites satisfactions d'une existence douce et candide sur les premiers temps du genre humain. Il a chanté le monde avant le deluge.
Au milieu de cette scène neuve, vierge, sur laquelle le peu de mots de la Genèse n'ont pas fixé longuement l'attention, Montgomery a soupiré de suaves, d'angéliques amours.
La race des géants en révolte ouverte contre le dieu de la création, la postérité de Cain étouffera bientôt la lumière du vrai Dieu, dont Enoch entretient encore l'étincelle parmi la descendance de Seth.
Javan , après avoir apostasie la cause des justes pour les périssables gloires des Caïnistes vainqueurs, est ramené vers ses premières liaisons par l'amour de Zillah ; il la trouve dans un bosquet de lauriers, et joue de la flûte pour la réveiller ; il se présente ensuite à Enoch, qui va célébrer l'anniversaire de la mort d'Adam par un sacrifice : cette circonstance donne lieu à un récit qui semble de rigueur dans toute contexture épique.
Les géans livrent le combat; ils remportent la victoire, enchaînant ce qui reste de la postérité de Seth, et en attendant de porter leurs étendards contre la demeure divine, contre le trône même de Jehovah, ils veulent immoler Javan le transfuge ; Zillah mourra avec lui sur le bûcher ; mais Enoch est enlevé dans le ciel, les géans sont terrifiés, les chaines de Javan se brisent, il s'éloigne avec Zillah et les justes, et bientôt les carreaux, les foudres de Dieu anéantissent les rebelles.
Ce rapide aperçu saurait-il indiquer la sentimentalité qui fait le caractère de la poésie? La piété du poète ne gagne pas, elle n'est pas communicative ; parce que autre chose c'est de faire passer quelques momens agréables au lecteur, et autre chose c'est de l'environner d'un parfum de poésie hébraïque, de l'enivrer, de s'emparer de sa raison sceptique, et de le déposer ainsi aux pieds du créateur comme une conquête de la poésie. De pareils miracles ne se voient plus.
Milman est prêtre et poète dramatique : tant à cinquante lieues de Paris les idées, les coutumes, les mœurs diffèrent ! Ce prêtre appartient, comme on le pense bien, à cette école religieuse dont nous parlons, école qui ne dédaigne aucune voie, aucun moyen. La Prise de Jérusalem, le Festin de Baltazar , le Martyr d'Antioche , telles sont ses principales tragédies.
M. Amédée Pichot, dans son excellent Voyage en Angleterre, précieux répertoire des illustrations littéraires de par-delà la Manche, nous a fait connaître quelques fragmens de ces pièces sacrées.
Seule la Prise de Jérusalem donne une continuité de ces émotions d'un genre si neuf, émotions suaves, émotions antiques, dont le Moïse de M. de Chateaubriand nous a fait goûter les délices. C'est de la sévérité hébraïque, quelque chose de l'austérité des prophètes parlant au nom de Jehovah; mais au milieu de cette teinte mystérieuse, de ces voix du Sinai tonnant sur les générations humaines, se jouent des passions plus près de notre fragile nature. Miriam et Saloné, jeunes et belles filles de Juda, avec des amours d'un caractère tout différent, prêtent au poète des ressorts pour attacher l'attention flottante d'un parterre qui pourrait se fâcher du guet-àpens de l'affiche du spectacle, qui, promettant un passe-temps scénique, aurait attiré à un prêche en vers du vénérable ministre.
Milman a donc fait la part des passions terrestres. Donner l'analyse de cette tragédie sacrée, ce serait nous engager dans un trop long examen que ne comporte pas ce rapide coupd'œil. Mais nous pouvons citer un passage d'après M. Amédée Pichot.
Miriam, en qui le prosélytisme chrétien a fait des progrès cachés, au moment où la flamme dévore la cité sainte, invoque le nom du Christ.
« Qui a parlé du Christ? dit un vieillard. Qui l'a appelé Sauveur? Il est ici, il est ici, mais exterminateur, mais escorté de la vengeance. C'est lui qui se manifeste dans le feu qui consume Sion.
Miriam
Malheureux vieillard! qui t'arrête sur le bord de ta tombe pour être témoin de la ruine de la patrie ? Aurais-tu connu le Christ?
Le vieillard
Oui, je le vis ; c'est le Nazaréen que tu veux dire ; je le vis lorsqu'il gravissait péniblement la montagne maudite ; le bois de sa croix pesait sur ses épaules déjà déchirées par les verges, et la pâleur couvrait son front couronné, mais non d'un diadème royal; il regardait avec patience et pitié la multitude furieuse.
Miriam
Et tu ne l'adoras point?
Le vieillard
J'avais appelé la malédiction sur ma tête ; j'avais crié au Romain : «Que son sang retombe sur nous et sur nos enfans. » Et il est retombé sur nous, sur mes enfans et les enfans de mes enfans ! Le glaive du gentil les a tous moissonnés ; Et moi, épi flétri, desséché, j'attends la faulx du carnage. »
Cette école poético-religieuse, propagée sur le continent, comme nous l'avons dit, s'était agrégé Klopstock, Gessner en Allemagne: plus heureuse en France, M. de Chateaubriand fit ses affaires, et la répandit avec éclat.