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L'Enchanteur 1768—1848
Essai sur les révolutions Chapitre XXXIX. L'Italie

Première partie — Révolutions anciennes. introduction

Chapitre XXXIX. L'Italie

Essai sur les révolutions · 2 min de lecture · p. 145 · chapitre 45 sur 126

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859, t. I (texte de 1797 et notes de 1826), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

L'Italie, à l'époque de la révolution républicaine en Grèce, était ainsi que de nos jours divisée en plusieurs petits Etats à peu près semblables de mœurs et de langage. Nous les considérerons à la fois, pour éviter les détails inutiles.

La constitution monarchique régnait généralement chez tous ces peuples2.

2 LIV., lib. 1, n. 15; VELLET. PATERC., lib. V, n. 1 ; lib. 1. C. IX; MACCH., Istor. Fior., lib. II ; DENINA, Istor. de l'Vital. ↩

Leur religion ressemblait à celle des Grecs; ils y ajoutèrent l'art des augures1.

1 OvID., Metam., lib. XV, v. 558. ↩

Leurs coutumes n'étaient pas sans luxe, leurs usages sans corruption2; l'un et l'autre y avaient été introduits par les cités de la Grande-Grèce.

2 Au siècle le plus vertueux de Rome, le fils du grand Cincinnatus fut accusé de fréquenter le quartier des courtisanes. On connait le luxe du dernier Tarquin. (Voyez TITE-LIVE.) ↩

Déjà ces nations comptaient quelques philosophes :

Tagès, le plus ancien d'entre eux, fut un imposteur ou un insensé, qui inventa la science des présages3.

3 OVID., loc. cit. ↩

Un autre auteur inconnu écrivit sur le système de la nature. Il disait que le monde visible mit soixante siècles à éclore avant d'être habité, qu'il en durerait encore soixante avant de se dissoudre; fixant à douze mille ans la période complète de son existence4.

4 SUID., vo Tyrrhen, p. 519. A l longueur des périodes près, ce système rappelle celui de Buffon. (Voy. Théor. de la Terre.) ↩

En politique, Romulus et Numa avaient brillé. Plutarque a comparé celui-là à Thésée, et celui-ci à Lycurgue5. Le premier parallèle est aussi heureux que le second semble intolérable. Qu'avaient de commun les lois théocratiques du roi de Rome avec les institutions sublimes du législateur de Sparte6a? Plusieurs philosophes se sont enthousiasmés de Numa sous la seule idée qu'il étudia sous Pythagore. La chronologie a prouvé un intervalle de plus d'un siècle entre l'existence de ces deux sages. Que devient le mérite du premier? Il y a beaucoup d'hommes qu'on cesserait d'estimer, si on pouvait ainsi relever toutes les erreurs de compte.

5 In Vit. Romul., Thes., etc. ↩

6 La preuve du vice de ces lois c'est qu'elles furent renversées cent années après, et que le sénat, dans la suite fit brûler les livres de Numa retrouvés dans son tombeau. ↩

(a) J'ai considérablement rabattu de mon admiration pour les lois de Lycurgue : tout ce qui blesse les lois naturelles a quelque chose de faux. Quant à Numa, mon philosophisme ne me permettait pas alors de le traiter mieux. ↩