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L'Enchanteur 1768—1848
Essai sur les révolutions Chapitre XLI. Depuis la Réformation jusqu'au Régent

Seconde partie

Chapitre XLI. Depuis la Réformation jusqu'au Régent

Essai sur les révolutions · 2 min de lecture · p. 346 · chapitre 111 sur 126

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859, t. I (texte de 1797 et notes de 1826), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Lorsque les tempêtes élevées par la réformation se furent apaisées, le Vatican reparut, mais à moitié en ruine. Il avait perdu l'orgueil de ses murs, et ses combles entr'ouverts étaient sillonnés de ses propres foudres, que la fureur de l'orage avait repoussés contre lui. Les rois et les papes, en s'opposant par des mesures violentes aux innovations religieuses, n'avaient fait qu'irriter les esprits. Petite et faible dans le calme, la liberté devient un géant dans la tempête.

Entre les conséquences funestes qui résultèrent de ces troubles

tous Roys, de ne recognoistre iamais leurs fautes, que quand ils sont visitez de Dieu... De ma part, ie ne pense point que jamais Roy ait receu vn plus grand affront de son peuple (il faut que ceste parole à nostre très-grande honte m'eschape), que celuy qu'a receu le nostre. Que luy, qui à son retour de la Beauce auoit esté receu auec tant de congratulations et applaudissements du Parisien, six ou sept mois après ait esté caressé de telle façon qu'auons veu, en la journée des Barricades, mesmes dans vne ville, qu'il auoit aimée et cherie par-dessus toutes les autres. Que le ieudy et vendredy qu'il demeura dans la ville, on ne veit iamais plus grand chaos et emotion populaire ; et le samedy soudain que l'on fust aduerty de son partement, nous veismes vn raquoisement inopiné de toutes choses : signe malheureux et trop exprès de la haine qu'on luy porte. (Id., 1. XII, p. 196, etc.)

1 BENTIVOG., GROTIUS, STRADA, etc. - 2 ROBERTSON'S Hist. of Scotland. _3 HUME.

Whitelock, walker, etc

(a) Ce chapitre avoit bien commencé pour la réformation; c est dommage, pour le philosophisme, qu'il ait fini aussi mal. Il parait que je n'étais dans I Essai ni pour Genève ni pour Rome. (N. ÉD.) pour la religion, une ne doit pas être omise. Les révolutions ravagent les mœurs dans leur cours, comme ces sources empoisonnées qui font mourir les fleurs sur leur passage. L'œil de la loi fermé pendant les convulsions d'un état, ne veille plus sur le citoyen qui lâche les rênes à ses passions et se plonge dans l'immoralité; il faut ensuite des années, quelquefois des siècles, pour épurer un tel peuple. Ce fut évidemment le cas en Europe, après les troubles dont je viens de parler; et la religion, qui se calcule toujours sur les mœurs, dut, en proportion de la relaxation de celles-ci, perdre beaucoup de son influence.

Cependant, l'harmonie s'étant rétablie, les hommes reportèrent les yeux en arrière, et commencèrent à rougir de leur folie. Les lumières, toujours croissantes, secondaient ce penchant à haïr ce qui semblait la cause de tant de maux. En matière de foi il n'est point de bornes; aussitôt qu'on cesse de croire quelque chose, on cessera bientôt de croire le tout. Rabelais, Montaigne, Mariana, étonnèrent les esprits par la nouveauté et la hardiesse de leurs opinions politiques et religieuses. Hobbes et Spinosa, levant ensuite le masque, se montrèrent à découvert ; et bientôt après Louis XIV donna à l'Europe le dernier exemple de fanatisme national, par la révocation de l'Édit de Nantes1.

1 Je ne parle pas des scènes scandaleuses de la populace de Londres contre les catholiques, en 1780. ↩