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L'Enchanteur 1768—1848

Première partie — Révolutions anciennes. introduction

Chapitre I

Essai sur les révolutions · 15 min de lecture · p. 35–40 · chapitre 10 sur 126

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859, t. I (texte de 1797 et notes de 1826), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Première question

Ancienneté des hommes

« Quelles sont les révolutions arrivées autrefois dans le gouvernement des hommes ; quel était alors l'état de la société; et quelle a été l'influence de ces révolutions sur l'âge où elles éclatèrent et les siècles qui les suivirent? »

Le seul énoncé de cette question suffit pour en démontrer l'importance. Le vaste sujet qu'elle embrasse remplira la majeure partie de cet ouvrage, et, servant de clef à nos derniers problèmes, en fera naître une foule de vérités inconnues. Le flambeau des révolutions passées, à la main, nous entrerons hardiment dans la nuit des révolutions futures. Nous saisirons l'homme d'autrefois malgré ses déguisements, et nous forcerons le Protée à nous dévoiler l'homme à venir. Ici s'ouvre une perspective immense ; ici j'ose me flatter de conduire le lecteur par un sentier encore tout inculte de la philosophie, où je lui promets des découvertes et de nouvelles vues des hommesa. Du tableau des troubles de l'antiquité passant à celui des nations modernes, je remonterai, par une série de malheurs, depuis les premiers âges du monde jusqu'à notre siècle. L'histoire des peuples est une échelle de misère dont les révolutions forment les différents degrés.

(a) Quelle assurance ! l'excuse ici est la jeunesse. De nowelles vues des hommes mais il aurait fallu commencer par savoir ce que j'étais moi-même. (N. ED.) ↩

Si l'on considère que depuis le jour mémorable où Christophe Colomb aborda sur les rives américaines, pas une des hordes qui vaguent dans les forêts du Nouveau-Monde n'a fait un pas vers la civilisation, que cependant ces peuples étaient déjà loin de l'état de nature1 à l'époque où on les a trouvés, on ne pourra s'empêcher de convenir que la forme la plus grossière de gouvernement n'ait dû coûter à l'homme des siècles de barbarie.

1 Une observation importante à faire sur la lenteur avec laquelle les Américains se civilisent, c'est que la nature leur a refusé les troupeaux, ces premiers législateurs des hommes. Il est même très-remarquable qu'on a trouvé ces sauvages polices la drécisément où il y avait une espèce d'animal domestique*. ↩

* Observation assez curieuse. (N. ÉD.) ↩

Qu'apercevons-nous donc au moment où l'histoire s'ouvre? De grandes nations déjà sur leur déclin, des mœurs corrompues, un luxe effroyable, des sciences abstraites1, telles quel'astronomie, l'écriture et la métaphysique des langues, arts dont l'achèvement semble demander la durée d'un monde ! Si on ajoute à cela les traditions des peuples : les Pasteurs de l'antique Egypte, paissant leurs gazelles dans les villes abandonnées et sur les monuments en ruine d'une nation inconnue, jadis florissante dans ces déserts2; cette même Égypte comptant plus de cinq mille ans3, depuis la fin de l'âge bucolique et l'érection de la monarchie sous son premier roi Ménès jusqu'à Alexandre; la Chine fondant son histoire sur un calcul d'éclipses qui remonte jusqu'au déluge4, au delà duquel ses annales se perdent dans des siècles innombrables ; l'Inde enfin, offrant le phénomène d'une langue primitive, source de toutes celles de l'Orient, langue qui n'est plus entendue que des Bramins1, et qui fut jadis parlée d'un grand peuple, dont le nom même a disparu de la terre; il est certain que le premier coup d'œil qu'on jette sur l'histoire des hommes suffirait pour nous convaincre que notre courte chronologie en remplit à peine la dernière feuille, si les monuments de la nature ne démontraient cette vérité au delà de toute contradiction2.

1 HÉRODOTE, liv. I et II ; DIOD., liv. I et II. ↩

2 Voyage aux Sources du Nil, par J. BRUCE, t. III, liv. II, chap. II, p. 117, etc. En admettant avec Bruce que les Pasteurs remplacèrent les anciens peuples de l'Egypte, je rejette le reste de son système qui fait sortir les Pasteurs de l'Ethiopie. Il vous dit que les descendants de Cush, petit-fils de Noé, peuplèrent ces contrées alors désertes ; et quelques pages après il ajoute que les Cushites trouvèrent auprès d'eux une nation puissante, les Pasteurs. Outre que les anciens historiens paraissent faire entendre que les Pasteurs entrèrent en Egypte par l'isthme de Suez, Bruce a ignoré un passage d'Eusèbe qui dit : Æthiopes ab Indo flumine consurgentes juxta Egyptum consederunt. Et il fixe leur arrivée au règne d'Aménophis, avant la dix-neuvième dynastie, et vers le temps de la fondation de Sparte, environ 1500 ans avant l'ère vulgaire. Ainsi les Pasteurs auraient été les habitants primitifs de l'Ethiopie. D'ailleurs, selon Ussérius, Sésostris était fils d'Aménophis. Celui-ci avait régné glorieusement, et Sésostris, loin d'avoir à arracher son royaume des mains des Pasteurs victorieux, entreprit la conquête du monde, si nous en croyons Diodore de Sicile. Il faut donc placer le règne des Pasteurs dans une antiquité bien plus reculée que ne le fait le voyageur Bruce, et rejeter l'opinion, très invraisemblable, que ces peuples venaient originairement de l'Ethiopie. Manethon, dans sa seizième dynastie, les appelle expressément doives évo, Phéniciens étrangers. Au reste, Josèphe rapporte que Tethmosis contraignit ceux-ci par un traité d'abandonner son empire, ce qui en ferait remonter l'époque vers l'an 2889 de la période Julienne. Mais ceci ne doit s'en - tendre que des derniers Pasteurs. Il est certain que ces peuples ravagèrent plusieurs fois l'Egypte. (MANETHO apud Joseph. et Afric.; HEROD., lib. II, cap. C ; DIOD., lib. I, p. 48, etc. ; EUSEB., Chron., lib. I, p. 13.) ↩

3 Suivant le calcul modéré de Manethon. Si on admettait le règne des dieux et des demi-dieux, il faudrait compter plus de vingt mille ans. (Diod., lib. I, p. 41.) ↩

4 DUHALDE, Hist. de la Chine, t. II, p. 2. La première éclipse a été observée deux mille cent cinquante-cinq ans avant Jésus-Christ. ↩

1 Hist. of Ind. from the earliest Acc. ROBERTSON, Appendix to his Disquis. La langue sanscrite ou sacrée vient enfin d'être révélée au monde. Nous possédons déjà la traduction de plusieurs.poëmes, écrits dans cet idiome. La puissance et la philosophie des Anglais aux Indes ont fait à la république des lettres ce présent inestimable. (Voyez les auteurs cités ci-dessus.) ↩

2 BUFFON, Th. de la Terre. J'avais recueilli moi-même un grand nombre d'observations botaniques et minéralogiques sur l'antiquité de la terre. J'ai compté sur des montagnes d'une hauteur médiocre, qui courent du sud-est au nord-ouest, par le 42e degré de latitude septentrionale en Amérique jusqu'à treize générations de chênes, évidemment successives sur le même sol. On m'a montré en Allemagne une pierre calcaire seconde, formée des débris d'une pierre calcaire première : ce qui nous jette dans une immensité de siècles. M. M., célèbre minéralogiste de Paris, m'avait assuré avoir trouvé auparavant cette même pierre dans les environs de Montmartre. A Gracioza, l'une des Açores, j'ai ramassé des laves si antiques, qu'elles étaient revêtues d'une croûte de mousse pétrifiée de plus d'un demi-pouce d'épaisseur. Enfin, à l'ile Saint-Pierre, sur la côte désolée qui regarde l'ile de Terre-Neuve, dont elle est séparée par une mer bruyante et dangereuse, toujours couverte d'épais brouillards, j'ai examiné un rocher formé de couches alternatives de lichen rouge qui avait acquis la dureté du granit. Le manuscrit de ces voyages, dont on trouvera quelques extraits dans l'ouvrage que je donne ici au public, a péri, avec le reste de ma fortune, dans la révolution*. ↩

* Oui, le manuscrit tout à fait primitif de ces voyages, mais non pas le manuscrit des Natchez, écrit à Londres, dans lequel une grande partie du manuscrit primitif est conservée. (N. ÉD.) ↩

La destruction et le renouvellement d'une partie du genre humain, est une autre conjecture également fondée. Les corps marins transportés au sommet des montagnes, ou enfouis dans les entrailles de la terre ; les lits de pierres calcaires ; les couches parallèles et horizontales des sols3, se réunissent avec les traditions des Juifs4, des Indiens5, des Chinois6, des Égyptiens7, des Celtes8, des Nègres9, de l'Afrique et des Sauvages 1 même du Canada, pour prouver la submersion du globe 2.

3 BUFFON, Théor. de la Terre. Hist. des Hommes, t. 1; CARL., Lettres sur l'Am. ↩

4 Genèse. ↩

5 Hist. of Ind. from the earliest, etc. ↩

6 DUHALD., Hist. de la Chine, t. II. ↩

7 LeCIAN., de Dea Syria. - Lucien rapporte l'histoire de la colombe de Noé. ↩

8 EDDA, Mythol.; KEYZL., Ant. Sept., c. II ; SCHED., de Diis Germ. ↩

9 KOBEN'S Acc. of the C. of Good Hope; SPARRM., Voy. among the Hott.,I. VI, c. V. Ce dernier auteur raconte que les Hottentots ont une si grande horreur de la pluie, qu'il est impossible de leur faire convenir qu'elle soit quelquefois nécessaire. Le ↩

voyageur suédois attribue la cause de cette singularité à des opinions religieuses ; il est plus naturel de croire que cette antipathie tient à un sentiment confus des malheurs occasionnés par le déluge. Il est vrai que cette tradition a pu être portée en Afrique, soit par les mahométans qui y pénétrèrent dans le huitième siècle (voy. Géogr., Nubiens, trad. de l'arabe, et Léon, Description de l'Afr.), ou longtemps auparavant par les Carthaginois, dont quelques voyageurs modernes ont retrouvé des monuments jusque sur les bords du Sénégal et du Tigre. Cependant, si les Carthaginois ont suivi les opinions de leurs ancêtres les Phéniciens, ils ne croyaient pas au déluge.

1 LÂF., Mœurs des Sauv., art. Relig.

Le docteur Robertson, dans son excellente Histoire de l'Amérique (t. II, 1. IV, p. 25, etc.), adopte le système des premières émigrations à ce continent, par le nord-est de l'Asie et le nord-ouest de l'Europe. D'après les voyages de Cook, et ceux encore plus récents des autres navigateurs, il paraît maintenant prouvé que l'Amérique méridionale a pu recevoir ses habitants des îles de la mer du Sud, de même que ces dernières reçurent les leurs des côtes de l'Inde qui en sont les plus voisines. Cette chaîne d'îles enchantées semble être jetée comme un pont sur l'Océan, entre les deux mondes, pour inviter les hommes à parcourir leurs domaines. Les rapports de langage et de religion entre les anciens Péruviens, les insulaires des Sandwich, d'Otahiti, etc., et les Malais, donnent quelque solidité à cette conjecture. Il est alors plus que probable que la tradition du déluge se répandit en Amérique avec les peuples de l'Inde, de la Tartarie et de la Norwége.

(Voyez les tables comparées des langues à la fin des Voyages de Cook, et les extraits d'un dernier Voyage à la recherche de M. de La Peyrouse. Journal de M. Peltier, nos IXIV-LXV.)

2 Il ne faut pas, au reste, se dissimuler une grande objection historique. Sanchoniathon le Phénicien, contemporain de Sémiramis, ne dit pas un seul mot du déluge. Il n'y a peut-être pas de monument plus curieux dans toute la littérature que les passages de cet auteur, échappés aux ravages du temps dans les écrits de Porphyre et d'Eusèbe. Non-seulement on doit s'étonner du profond silence de ces fragments sur les deux fameuses traditions du déluge et de la chute de l'homme, ainsi que de l'explication que ces mêmes fragments nous donnent de l'origine du culte chez les Grecs ; mais d'y trouver le plus ancien historien du monde athée par principes, c'est sans doute une circonstance de la nature la plus extraordinaire. Ces précieuses reliques de l'antiquité n'étant guère connues que des savants, les lecteurs me sauront peut-être gré de les leur produire ici.

« La source de l'univers, dit Sanchoniathon, était un air sombre et agité, un chaos infini et sans forme. Cet air devint amoureux de ses propres principes, et il en sortit une substance mixte appelée П60cg ou le désir.

« Cette substance mixte fut la matrice générale des choses ; mais l'air ignorait ce qu'il avait produit. Avec celle-ci il engendra Môt (une vase fermentée), et de cet embryon germèrent toutes les plantes et le système de l'univers. »

L'auteur phénicien raconte ensuite que le soleil, la lune, les étoiles, sont des animaux intelligents qui se formèrent dans Môt, ou le limon ; et que, la lumière ayant produit les tonnerres, les animaux, éveillés au bruit de la foudre, s'enfuirent dans

Posons donc pour base de l'histoire ces deux vérités : l'antiquité des hommes, et leur renouvellement après la destruction presque totale de la race humaine.

Mais, en ne commençant l'Histoire qu'à l'époque très-incertaine du déluge, vous êtes loin d'avoir vaincu toutes les difficultés. Sanchoniathon ne vous apprend d'abord que la fondation des villes et des États. Cronus, fils du roi Ouranus, saisit son père auprès d'une

les forêts, ou se précipitèrent dans les eaux. Ici Sanchoniathon cite les écrits de T'aautus, dont il a tiré sa cosmogonie, et il fait Taautus même inventeur des lettres: ainsi, on peut imaginer une plus grande antiquité. L'historien passe à la génération des hommes, et dit :

« Du vent Colpias et de sa femme Baau furent engendrés deux mortels (mâle et femelle) appelés Protogonus et Æon. De ce premier couple naquirent Genus et Genea, qui, dans une grande sécheresse, étendirent leurs mains vers le soleil, s'écriant : Beelsamin ! (en phénicien, Seigneur du ciel; en grec, Zeus.) » De là l'origine du grand nom de la Divinité chez les Grecs. L'historien se moque de ceux-ci, pour n'avoir pas entendu l'expression phénicienne.

Sanchoniathon rapporte ainsi douze générations : Protogonus, Genus, Phos, Libanus, Memrumus, Agreus, Chrysor, Technites, Agrus, Amynus, Misor, Taautus, donnant aux uns l'invention de l'agriculture, aux autres celle des arts mécaniques, etc., montrant comment les divisions géographiques prirent leur nom de ces premiers hommes, telle que de Libanus, le Liban, et enfin la source de la plupart des divinités des Grecs qui déifièrent ces mortels par ignorance.

On remarque qu'à la dixième génération (Amynus), qui correspond à Noé dans la Genèse, Sanchoniathon passe immédiatement à Misor, sans qu'il paraisse même se douter du mémorable événement qui dut avoir lieu alors. » D'Agrus, dit-il, naquit Amynus, qui enseigna aux hommes à bâtir des villes; d'Amynus, Misor le juste, etc. »

Concluons cette note par une remarque importante. On place Sanchoniathon (Porphyre) vers le temps de Sémiramis. Or, la reine assyrienne régnait environ deux mille cent quatre-vingt-dix ans avant notre ère. Selon l'opinion commune, la première colonie égyptienne qui émigra aux côtes de la Grèce, n'y parvint que dans l'année 1856 de la même chronologie ; et le système religieux n'y prit des formes permanentes que sous la législation de Cécrops, un peu plus de trois siècles après. Cependant l'auteur phénicien relève les méprises des Grecs sur les dieux, en parlant des premiers comme d'une nation déjà ancienne. Il y a plus : il nous apprend qu'Athéna, fille de Cronus, régna en Attique à une époque qu'il est difficile de déterminer, et qui renverserait le système entier de notre chronologie. Je laisse à penser au lecteur ce qu'il faut croire maintenant de l'histoire et de l'origine moderne des Grecs, sans parler que* Diodore dans Eusèbe, Hérodote, Apollodore, Pausanias, confirment le récit de l'auteur phénicien par plusieurs passages. Au reste, si l'on suppose que Sanchoniathon vivait deux ou trois siècles après Moïse, comme quelques savants le prétendent, on pallie toutes les difficultés. (SANCH., apud Eus. Præpar. Evang.,..1, C. x.) fontaine, le fait cruellement mutiler, entreprend de longs voyages, dispense à son gré les empires, donnant à sa fille Athéna, l'Attique, et au dieu Taautus, l'Egypte 1. Hérodote et Diodore vous introduisent ensuite dans le pays des merveilles. Ce sont des villes de vingt lieues de circuit, élevées comme par enchantement2, des jardins suspendus dans les airs3, des lacs entiers creusés de la main des hommes4. L'Orient se présente soudainement à nous dans toute sa corruption et dans toute sa gloire. Déjà trois puissantes monarchies se sont assises sur les ruines les unes des autres5; partout des conquêtes démesurées, désastreuses aux vaincus, inutiles ou funestes aux vainqueurs6. En Perse une nation avilie7 et des satrapes exaltés8; en Égypte un peuple ignorant et superstitieux9, des prêtres savants et despotiques10. Dans ce monde, où le palais du Sardanapale s'élève auprès de la hutte de l'esclave, où le temple de la Divinité ne rassemble que des misérables sous ses dômes de porphyre; dans ce chaos de luxe et d'indigence, de souffrances et de voluptés, de fanatisme et de lumières, d'oppression et de servitude, laissons dormir inconnus les crimes des tyrans et les malheurs des esclaves. Un rayon émané de l'Egypte, après avoir lutté quelque temps contre les ténèbres de la Grèce, couvrit enfin de splendeur ces régions prédestinées. Les hordes errantes qu'Inachus, Cécrops, Cadmus, avaient d'abord réunies, dépouillèrent peu à peu leurs mœurs sauvages, et, se formant, à différentes époques, en républiques, nous appellent maintenant à la première révolutiona.

10 DIOD., lib. I, p. 88; PLUT., de Is. et Osir. ↩

* Sans parler que n'est pas français. Il y a dans tout cela quelque lecture, mais de la lecture mal digérée et empreinte d'un mauvais esprit. (N. ED.) ↩

1 SANCHON., ibid. ↩

2 DIOD., lib. II, p. 95. ↩

3 DIOD., p. 98, 99. ↩

4 HÉROD., lib. I, c. clxxxv. ↩

5 Les Assyriens, les Mèdes et les Perses. ↩

6 Diodore, lib. II, p. 90, etc. ; JOSEPH., Ant., lib. X, etc. ↩

7 PLUT., in Apophthegm. , SENEC., lib. III, C. XII. de Benef. ↩

8 PLAT., lib. III, de Leg., p. 697 ; XEN., Cyrop., lib. IV ; SENEC., lib. V, de Ira, c. XX. ↩

9 CIC., lib. I, de Nat. deor.; HEROD., lib. 1, c. LXV; DIOD., lib. 1, P. 74, etc.; JUVEN., Satir. XV. ↩

(a) Je n'ai point voulu interrompre par des notes ce débordement d'observations et de notes. Qu'est-ce que cette confusion d'observations sur l'histoire des homines et sur l'histoire naturelle veut dire ? Que je doutais de la nouveauté du monde et de la chronologie de Moïse. Eh bien, dans ce même Essai, vingt passages prouveront que je croyais à l'authenticité historique des livres saints : je ne savais donc ce que je croyais et ce que je ne croyais pas. Quant aux antiquités égyptiennes et chinoises, il est démontré aujourd'hui que ces prétendues antiquités sont extrêmement modernes. Le chinois, le sanscrit, les hiéroglyphes égyptiens, tout est pénétré, et tout se renferme dans la chronologie de Moïse. Le zodiaque de Denderah est venu se faire expliquer à Paris, et l'on a été obligé de reconnaître que des monuments réputés antédiluviens souvent ne remontaient pas au delà du second siècle de l'ère chrétienne. Depuis que l'esprit philosophique a cessé d'être l'esprit d'irréligion, on a cessé d'attacher de l'importance à l'âge du monde. Quant aux monuments de l'histoire naturelle, les études géologiques de M. Cuvier n'ont laissé aucun doute et sur les races qui ont péri, et sur le déluge universel. J'en étais encore dans l'Essai à l'histoire naturelle de Voltaire, aux coquilles des pèlerins et à toutes ces savantes incrédulités. Y a-t-il rien de plus puéril que ces générations de chênes que j'ai vues, de mes yeux vues, sur des montagnes de l'Amérique ! L'écolier méritait de recevoir ici une rude leçon. Si je ne la pousse pas plus loin, on voudra bien pardonner quelque chose à la commisération fraternelle. (N. ED.) ↩