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L'Enchanteur 1768—1848
Essai sur les révolutions Chapitre XXXIX. Décadence du Christianisme occasionnée par trois causes : les vices de la cour de

Seconde partie

Chapitre XXXIX. Décadence du Christianisme occasionnée par trois causes : les vices de la cour de

Essai sur les révolutions · 2 min de lecture · chapitre 109 sur 126

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859, t. I (texte de 1797 et notes de 1826), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Rome, la renaissance des Lettres, et la Réformation.

C'est de l'époque des Croisades qu'il faut dater la décadence de la religion chrétienne. Les papes, expulsés d'Italie, s'étaient retirés pendant quelque temps à Avignon ; et la création des anti-papes, en faisant naître des schismes, affaiblissait l'autorité de l'Église. D'une autre part, les pontifes, subjugués par le luxe et l'ivresse de la puissance, s'étaient plongés dans tous les vices. L'athéisme public de quelques-uns, l'effronterie et le scandale de leur vie privée, ne devaient pas beaucoup servir au maintien du culte chez les peuples. Le clergé, aussi dépravé que son chef, se livrait à tous les excès ; et les couvents servaient de repaire à la crapule et à la débauche1.

1 DANTE, Inferno; PETR., Lett.; MACCH., Ist. Fiorent. ↩

Dans ces circonstances, un grand événement vint porter un coup mortel au christianisme. L'empire d'Orient étant tombé sous le joug des Turcs, le reste des savants grecs se réfugia auprès des Médicis en Italie. Par un concours singulier de choses, l'imprimerie avait été découverte en Occident quelque temps avant l'arrivée de ces philosophes, comme si elle eût été préparée pour la réception des illustres fugitifs. J'ai parlé ailleurs de la renaissance des lettres et de ses effets. Elle fut bientôt suivie de la réformation ; de sorte que le christianisme eut à soutenir coup sur coup des attaques dont il ne s'est jamais relevéa.

(a) Il y a quelque chose de vrai, historiquement parlant, dans ce que je viens de dire du christianisme, depuis la conversion des Barbares jusqu'à la Réformation ; mais on sent un ennemi dans l'historien; l'esprit de satire perce de toute part. Quant au christianisme qui ne s'est jamais relevé des attaques qu'il a eu à soutenir, c'est une erreur capitale que d'en avoir jugé ainsi. La religion chrétienne n'a point péri dans la révolution; elle ne périra point chez les hommes, parce qu'elle a ses racines dans la nature divine et dans la nature humaine. La foi pourra changer de pays ; mais elle subsistera toujours, selon la parole de Dieu. (N. ÉD.) ↩