Première partie — Révolutions anciennes. introduction
Chapitre X. Règne et Mort de Pisistrate
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859, t. I (texte de 1797 et notes de 1826), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
La victoire s'attachera au parti populaire toutes les fois qu'il sera dirigé par un homme de génie : parce que cette faction possède au-dessus des autres l'énergie brutale d'une multitude pour laquelle la vertu n'a point de charmes, ni le crime de remords.
Après tout, le succès ne fait pas le bonheur : Pisistrate en est un exemple. Chassé de l'Attique par Mégaclès réuni à Lycurgue, il y fut bientôt rappelé par ce même Mégaclès qui, changeant une troisième fois de parti, se vit à son tour obligé de prendre la fuite. Deux fois les orages qui grondent autour des tyrans renversèrent Pisistrate de son trône, et deux fois le peuple l'y replaça de sa main2. La fin de sa carrière fut plus heureuse. Il termina tranquillement ses jours à Athènes, laissant à ses deux fils, Hipparque et Hippias, la couronne qu'il avait usurpée3.
2 HEROD., lib. I, cap. LXIV; ARIST., lib. V, de Rep., cap. XII.- ↩
3 HEROD., lib. 1, cap. I.XIV; ARIST., lib. V, de Rep., cap. XII. ↩
Au reste ces différentes factions avaient tour à tour, selon les chances de la fortune, rempli la terre de l'étranger d'Athéniens fugitifs. A la mort de Pisistrate, les Modérés et les Aristocrates se trouvaient émigrés dans plusieurs villes de la Grèce4 : la nous allons bientôt les voir remplir avec succès le même rôle que, de nos jours, les Constitutionnels et les Aristocrates de France ont joué si malheureusement en Europe.
4 HEROD., lib. V, cap. LXI-XCVI. ↩