Seconde partie
Chapitre XXXIV. Histoire du Christianisme, depuis la naissance du Christ jusqu'à sa résurrection¹
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859, t. I (texte de 1797 et notes de 1826), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
1 Je ne marque point les dates, parce qu'elles se trouvent aux chapitres des philosophes modernes.
Il existait un peuple haï des autres peuples ; nation esclave et cruelle, qui, hors un législateur, un roi et quelques poëtes d'un beau génie, n'avait jamais produit un seul grand homme. Le Dieu de Sinaï était son Dieu. Ce n'était point, comme le Jupiter des Grecs, une Divinité revêtue des passions humaines ; mais un Dieu tonnant, un Dieu sublime, qui, entre toutes les cités de la terre, choisit la ville de Jacob pour y être adoré.
Parmi ce peuple juif, l'Éternel avait dit qu'une Vierge, de la maison de David, écraserait la tête du Serpent, et enfanterait un Homme-Dieu. Et cependant les siècles s'étaient écoulés; et Jérusalem gémissait sous le joug d'Auguste ; et le grand Monarque tant attendu n'avait point encore paru.
Tout à coup le bruit se répand que le Sauveur a vu le jour dans la Judée. Il n'est point né dans la pourpre, mais dans l'humble asile de l'indigence; il n'a point été annoncé aux grands et aux superbes, mais les anges l'ont révélé aux petits et aux simples ; il n'a point réuni autour de son berceau les heureux du monde, mais les infortunés ; et, par ce premier acte de sa vie, il s'est déclaré de préférence le Dieu du misérable.
Si la morale la plus pure et le cœur le plus tendre, si une vie passée à combattre l'erreur et à soulager les maux des hommes, sont les attributs de la Divinité, qui peut nier celle de Jésus-Christ? Modèle de toutes les vertus, l'amitié le voit endormi sur le sein de Jean, x ou léguant sa mère à ce disciple chéri ; la tolérance l'admire avec attendrissement, dans le jugement de la femme adultère ; partout la pitié le trouve bénissant les pleurs de l'infortuné ; dans son amour pour les enfants, son innocence et sa candeur se décèlent ; la force de son âme brille au milieu des tourments de la croix; et son dernier soupir, dans les angoisses de la mort, est un soupir de miséricorde.