Première partie — Révolutions anciennes. introduction
Chapitre XXI. Siècle de Solon
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859, t. I (texte de 1797 et notes de 1826), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
C'est ici l'époque d'une des plus grandes révolutions de l'esprit humain, de même qu'elle le fut d'un des plus grands changements en politique. Toutes les semences des sciences, fermentées depuis longtemps dans la Grèce, y éclatèrent à la fois. Les lumières ne parvinrent pas, comme de nos jours, au zénith de leur gloire ; mais elles atteignirent cette hauteur médiocre, d'où elles éclairent les hommes sans les éblouir. Ils y voient alors assez pour tenir le chemin de la liberté, et non pas trop pour s'égarer dans les routes inconnues des systèmes. Ils ont cette juste quantité de connaissances qui nous montrent les principes, sans avoir cet excès de savoir qui nous porte à douter de leur vérité. La tragédie prit naissance sous Thespis1, la comédie sous Susarion2, la fable sous Ésope3, l'histoire sous Cadmus4, l'astronomie sous Thalès5, la grammaire sous Simonide6. L'architecture fut perfectionnée par Memnon, Antimachide ; la sculpture, par une multitude de statuaires : mais surtout la philosophie et la politique prirent un essor inconnu. Une foule de publicistes et de législateurs parurent tout à coup dans la Grèce et donnèrent le signal d'une révolution générale. Ainsi les Locke, les Montesquieu, les J. J. Rousseau, en se levant en Europe, appelèrent les peuples modernes à la liberté.
1 HOR., in Art. poet. ↩
2 ARIST., de Poet., cap. IV. ↩
3 PHÆEDR., lib. I. ↩
4 SUID., in Cadm. ↩
5 HEROD., lib. 1, cap. LXXIV. ↩
6 CICER., de Orat., lib. II, cap. LXXXVI. ↩
Jetons d'abord un coup d'œil sur les beaux-arts7.
7 Je daterai désormais, jusqu'à la fin de cette révolution, du bannissement d'Hippias, olympiade 67. ↩