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L'Enchanteur 1768—1848
Études historiques Éclaircissements. sur Attila

Étude cinquième

Éclaircissements. sur Attila

Études historiques · 14 min de lecture · p. 383–398 · chapitre 44 sur 92

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Études ou Discours historiques, Lefèvre, 1831 (édition originale), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

LE nom d'Etzel n'est évidemment que la forme teutonique du nom caucasien Attila. Les imprimés et les manuscrits ne varient point sur ce nom, trop connu des Romains pour qu'ils pussent l'altérer, et dont la composition et l'euphonie n'avoient rien d'étranger à leur oreille. Vous les voyez au contraire varier sans cesse dans les noms que leur ouïe saisissoit mal et pour lesquels leur alphabet n'offroit pas de lettres composées. Ainsi ils écrivoient Gaiseric, Geiseric, Gizeric, Genseric, etc. Le nom même de Hun s'altère; on le trouve souvent écrit Chun : les partisans de l'origine chinoise des Huns pourront en tirer une de ces inductions empruntée des langues, dont on fait aujourd'hui trop de cas. La science étymologique peut sans doute jeter quelque jour sur l'histoire, mais elle a aussi ses systèmes souvent plus propres à brouiller les origines qu'à les démêler. Le philologue Brigant démontroit doctement que tous les idiomes de la terre dérivoient du bas-breton ; il lui paroissoit très-probable qu'Adam et Ève parloient dans le paradis terrestre la langue qu'on parle à Quimper-Corentin ; seulement il ne savoit pas au juste si c'étoit avant ou après leur péché.

Pour revenir au nom d'Attila, la syllabe la n'est pas dans ce nom une adjonction latine : je ferai voir • que les anciennes langues barbares avoient une foule de mots terminés par la voyelle a. Etzel est si peu le nom primitif d'Attila que même, dans un chant de l'Edda, il est écrit Attil, en omettant la voyelle finale ; je citerai ce chant, quand je parlerai de la poésie des peuples septentrionaux.

Quoi qu'il en soit, on lira avec un extrême plaisir les notes suivantes sur le poëme des Nibelüngen, je les dois à la politesse et à l'obligeance de S. E. M. Bunsen, digne et savant ami de M. Niebuhr, ministre de S. M. le roi de Prusse à Rome, et dont une triste prévoyance de l'avenir m'a fait cesser trop tôt d'être le collègue.

Notes communiquees par s. ex. m. Bunsen

LE poëme épique germanique, connu sous le titre de « Der Nibelunge Not », c'est-à-dire « la fin tragique (ou les malheurs) des Nibelongs » doit sa forme actuelle à un des premiers poètes de la fin du douzième ou du commencement du treizième siècle : il n'est pas sûr que ce poëte fut Wolfram von Eschenbach, selon l'opinion générale, ou Heinrich von Ofterdingen, comme le croit M. Auguste-Guillaume de Schlegel.

Le nom des Vibelungen est absolument ignoré. Le pays des Nibelungen (ce qui paroît signifier pays des brouillards) pourroit bien être la Norwége ; mais, dans le poëme, les héros de la Bourgogne sont eux-mêmes appelés les Nibelungen.

Les personnages historiques qui se trouvent dans le poëme sont les suivans :

I. Cinquième et sixième siècles.

1. Etzel : c'étoit le nom original d'Attila (+ 455) , comme l'a déjà remarqué Jean Müler dans son histoire de la Suisse (1, 7, note 30). Ce nom signifie peut-être le prince de la Wolga, car ce fleuve est appelé Etzel par les Tartares. Entre les vassaux d'Etzel paroît le grand roi des Ostrogoths, Thédoric (+ 527) , appelé dans le poëme Dietrich de Bern (Vérone). D'après l'histoire, il ne naquit que quatre ans avant la mort d'Attila. Le poëme connoît encore Infrid, probablement Hermenfrid, roi de Thuringe, qui avoit pour épouse la nièce de Théodoric ; et le roi des Ostrogoths, Vitiges , appelé Wittich (+ 542).

2. A côté de ces personnages des cinquième et sixième siècles se trouve le margrave Rudiger de Pechlarn, personnage historique vivant vers la moitié du dixième siècle. Il étoit margrave du pays au-dessous de l'Ens ( en Autriche).

Le poëme nomme Blodel, frère du roi des Huns , que l'histoire appelle Bleda.

3. Gunther, roi des Bourguignons, résidant à Worms, frère de Chriemhild, épouse de Sigfrid : Prosper Aquitanus a écrit ce qui suit en 43r :

« Gundicarium Burgundionum regem, intra Gallias habitantem , Actius bello obtinuit, pacemque ei supplicanti dédit ; quâ non diù potitus est, siquidem illum Huni cum populo suo ac stirpe deleverunt.

Le nom du frère Giselher se trouve dans un document du roi Gundobald, de l'an 517, parmi les rois de Bourgogne. Parmi les chevaliers de sa cour, Volcher rappelle le nom de Talco, qui assassina (en 577) Chilperich par ordre de Bunhild, sa belle-sœur.

4. Sigfrid, l'Achille du poëme, invulnérable comme le héros grec, à l'exception d'un seul endroit : Sigfrid vainqueur des Nibelongs, d'un dragon et de la reine d'Ijenland, l'amazone Brunhild, qui devint épouse du roi Gunther et reine de Bourgogne. Son père, nommé Sigmunt, est roi des Pays-Bas (Niderlant), et réside à Santen, sur le Bas-Rhin.

Il est remarquable que le monument sépulchral du roi Siegbert (qui n'est qu'une autre manière d'écrire le même nom) , élevé à Soissons dans l'église de Saint-Médard que ce prince avoit bâtie, montre le dragon sous les pieds du roi. La vie de ce malheureux prince offre encore une ressemblance avec celle du héros du poëme, en ce qu'il vainquit, comme Sigfrid, les Saxons et les Danois, et qu'il fut assassiné (en 575) à l'instigation de sa belle-sœur Frédégonde, comme Sigfried, par les suggestions de Brunhild. Siegbert étoit roi d'Austrasie, dans laquelle se trouve Santen. Guntran, qui paroît être le même nom que Gunther ou Gundar, étoit son frère. Enfin la femme de Siegbert s'appelle Brunehild, fille du roi des Visigoths, Atanahild d'Espagne, qui fut assassinée en 613. La version de l'histoire du poëme, dans l'Edda, nomme Sigurd (Sigfrid) le premier époux de Brunehild.

Voilà tous les personnages du poëme: quelques-uns rappellent des noms, d'autres la vie et les faits d'hommes illustres chez les Bourguignons , les Francs et les Goths des cinquième et sixième siècles , à l'exception du margrave Rudiger, qui appartient à un cercle postérieur du neuvième et du dixième siècle : je citerai maintenant les principaux noms historiques de ces deux derniers siècles.

II. Neuvième et dixième siècles.

Le poëme nomme les Russes qui paroissent sur la scène en 862, les Hongrois et les Huns qui s'y montrent, d'après l'opinion ancienne, en goo. Entre les personnages qui accueillent les Bourguignons lorsqu'ils se rendent par la Bavière et l'Autriche chez Attila , en Hongrie, se trouve l'évêque Piligrin ou Pilgerin de Passau (en Bavière). C'est le grand apôtre des Hongrois. Il fut évêque d'une partie de Hongrie et d'Autriche, depuis 971 jusqu'à 991. Les Bourguignons le trouvent à Passau : il y reçoit Chriemhild comme sa nièce.

Onzième et douzième siècles.

Au onzième siècle seulement peut appartenir la mention des Polonois, et au douzième, celle de la ville de Vienne, bâtie en 1162.

Le grand génie de ce douzième siècle, qui sut réunir ces éléments épiques, tels qu'ils s'étoient formés dans le cours de l'histoire des peuples germaniques, en attachant les héros de plusieurs époques au principal événement de l'histoire des Bourguignons , la défaite du roi Gunther par les Huns ; ce grand génie, dis-je, a donné à son récit la couleur du moyen âge féodal et chevaleresque. Le poëme n'est donc historique, à proprement parler, que pour ce temps même, et ne présente des époques antérieures que l'image transmise par la tradition populaire. Ainsi la cour de Gunther est celle d'un prince du douzième siècle : l'armure des héros, et toute la vie sociale, est celle du même temps : les Huns du cinquième siècle vivent comme les Hongrois du onzième.

Les notices détaillées sur l'origine et l'histoire de ce poëme épique (auquel on peut, avec beaucoup de probabilité, rapporter le passage célèbre de la vie de Charlemagne « (Item barbara et antiquissima carmina, quibusveterum regum actus et bella canebantur, scripsit memoriæque mandavit) », ont été recueillies par les savants frères Grimm, dans leur journal, le Deutsche Walder. La meilleure dissertation sur son importance nationale et sa beauté épique est de M. Aug.-G. Schlegel, dans le Musée germanique (Deutsches Muséum), publié par M. Frédéric Schlegel.

La première édition, faite en 1757 par Bodmer, fut dédiée à Frédéric le Grand, au génie duquel n'échappa point la grandeur de la conception de ce poëme qui ne fut cependant apprécié par la nation qu'au commencement de notre siècle. Publié successivement par Hagen et Leune, il a été dernièrement imprimé, d'après le manuscrit le plus ancien, avec un Latent de critique éminent, par le célèbre philologue de Berlin, M. Lachmann.

Une traduction françoise de ce poëme, que les Goëthe et les Schlegel ont trouvé digne du nom de Iliade germanique, une traduction faite dans le style simple et naïf des chroniques, et précédée d'une notice historique et d'une analyse qui feroit ressortir la sublimité de la conception et les beautés de détail de cette Épopée, obtiendroit un succès général. Elle demanderoit cependant un homme très-versé dans la littérature allemande ancienne, pour bien comprendre la langue dans laquelle le poëme original est écrit.

Extrait du poëme des Nibelungen

Écrit en 4316 strophes de quatre vers rimés (espèce d'alexandrins ) divisé en quarante aventures.

Gunther, fils de Danckart et d'Ute, roi de Bourgogne, résidant à Worms, avoit deux frères, Gernot et Giselher, et une sœur objet de leurs soins, nommée Chriemhild ; leur cour étoit la première de ce temps, et les plus célèbres chevaliers y servoient : la jeune princesse étoit également célèbre dans tout le monde par sa beauté et la noblesse de son cœur. Elle eut un songe : elle rêva que, tenant dans ses mains un faucon, deux aigles se précipitoient sur lui et le tuoient. Sa mère lui expliqua ce songe: le faucon signifioit un noble chevalier qu'elle auroit pour époux, et qu'elle perdroit par une mort violente.

En ce temps-là, il y avoit à Santen un héros qui, par sa beauté et sa bravoure, surpassoit tous les chevaliers : Sigfrid, fils de Sigmunt et de Sigelint. Après avoir tué un dragon, dont le sang le rendit invulnérable, à l'exception d'un endroit entre les deux épaules, après avoir vaincu les frères Nibelong et Schilbong, propriétaires d'un trésor, il alla à la cour de Worms pour demander la main de Chriemhild. Hagen, le premier des chevaliers du roi, s'y opposoit; mais Sigfrid ayant rendu deux grands services au roi, le roi lui promit de lui donner sa fille en mariage.

Le premier service fut de combattre les puissants ennemis de Gunther, les Saxons et les Danois : le second fut de l'aider à vaincre la célèbre amazone Brunehild, reine d'Isenlant; elle obligeoit tous ceux qui venoient demander sa main, de combattre trois fois avec elle ; ils perdoient la tête s'ils étoient vaincus ; ils obtenoient la reine pour épouse, s'ils réussissoient à la vaincre. Jusqu'ici tous avoient péri : Gunther auroit eu le même sort, si Sigfrid ne l'avoit assisté invisiblement : un habit magique, qu'il avoit enlevé à un nain, Albrich, gardien du trésor des Nibelongs, lui procura cet avantage.

Brunehild vaincue, fut emmenée à Worms, ou l'on célébra les noces de Gunther et de Sigfrid. La fière Brunehild ne permit pas à Gunther d'user de ses droits : lorsqu'il s'approcha d'elle, elle le lia, et lui fit promettre de n'attenter jamais à sa virginité. Mais Sigfrid aida encore son beau-frère à vaincre la belle amazone : ils attachèrent une nuit Brunehild sans qu'elle s'en aperçût ; elle cria merci, et devint dès lors épouse obéissante de Gunther.

Dans la lutte avec Brunehild, Sigfrid lui enleva sa ceinture et l'emporta : cette ceinture fut la première cause de son malheur et de la chute de toute la maison de Bourgogne.

Chriemhild, ayant découvert cette ceinture, tourmenta son mari par sa jalousie, jusqu'à ce que celui-ci, dans un moment de foiblesse et contre la parole donnée à Gunther, trahit le mystère : il donna la ceinture de Brunehild à sa femme, qui, de son côté, lui promit de la garder secrètement.

Quelque temps après, les deux princesses se rendirent à l'église ; Brunehild ne voulut pas permettre à l'épouse de Sigfrid, qui avoit été présentée comme vassale de Gunther, d'entrer à côté d'elle. Chriemhild offensée, lui montra la ceinture, et l'appela concubine de son mari. Brunehild jura de tirer vengeance de cet affront ; elle accusa Sigfrid de s'être vanté d'avoir joui des faveurs de la reine : celui-ci prouva son innocence par un serment public. Le roi étoit satisfait , mais la reine appela Hagen, qui lui promit de la venger par la mort de Sigfrid. Il communiqua son dessein aux princes et au roi, qui céda aux insinuations du traître et aux larmes de sa femme. Hagen feignit la plus grande amitié pour Sigfria, et, voyant Chriemhild, qui n'oublioit point son rêve, inquiète sur le sort de son mari, il lui promit de ne s'éloigner jamais de lui, en ajoutant toutefois que cela paroissoit assez inutile, puisque le héros était invulnérable. Alors Chriemhild révéla à Hagen le point vulnérable, et marqua, par une croix rouge, l'endroit entre les épaules où le sang du dragon n'avoit pas pénétré.

Le succès de la trahison étant assuré, on arrangea une chasse sur une île du Rhin; et , lorsque le héros alla se désaltérer à une fontaine dans la forêt, Hagen le perça : il fit placer le corps inanimé de Sigfrid devant la porte de Chriemhild, qui le lendemain fut épouvantée de ce spectacle lorsqu'elle sortit de ses appartements.

La première partie du poëme se termine ici. Chriemhild vécut dans le deuil le plus profond pendant treize années, pleurant la perte de son mari et le trésor des Nibelongs qu'on lui avoit enlevé.

Etzel, roi des Huns, ayant entendu parler de la gloire de Sigfrid et de la beauté de sa veuve, résolut, après la mort de sa première femme, Helche, de demander la main de Brunehild. L'idée de se remarier, et surtout à un païen, effraya Chriemhild : elle ne céda que lorsqu'un des vassaux allemands d'Etzel, le margrave Rudiger, lui promit de ne l'abandonner jamais, de l'aider à venger l'assassinat de son premier mari et l'enlèvement du trésor de Nibelongs.

Chriemhild épousa le roi des Huns, qui la reçut à Vienne. Sa douleur continua, et sa soif de vengeance contre Hagen s'accrut. Elle feignit de mourir du désir de revoir ses parents. Etzel, pour la consoler, lui promit d'inviter toute la cour des Bourguignons à venir la voir. Gunther fut ainsi invité : Hagen lui conseilla de ne pas y aller, mais le roi partit avec mille soixante chevaliers et neuf mille de ses gens.

Arrivés au Danube, Hagen se fit prédire l'issue du voyage par les nymphes du fleuve, auxquelles il enleva leurs habits : elles lui déclarèrent que tous devoient périr dans cette expédition, hors le chapelain du roi. Hagen, pour faire mentir la destinée, précipita le prêtre dans le fleuve: mais celui-ci fut sauvé miraculeusement. Alors Hagen brisa le seul vaisseau sur lequel ils avoient traversé le Danube, et annonça à ses compagnons qu'ils ne retourneroient plus chez eux.

Etzel reçut ses hôtes avec cordialité : mais la reine ne cacha pas sa fureur contre Hagen. Elle tenta de le faire tuer lui seul : n'ayant pu réussir, elle résolut de les faire périr tous. Tandis que les héros de Bourgogne étoient assis à un banquet , le maréchal du roi arriva, tout ensanglanté, avec la nouvelle que ses neuf mille soldats avoient été massacrés par Blodel, frère d'Etzel, qu'il venoit de tuer. Hagen se lève, abat la tête du jeune prince , fils d'Etzel et de Chriemhild, assis à la table, et se retire avec les autres Bourguignons au château qui leur avoit été assigné pour demeure. Les Huns envoyés par la reine, ne pouvant pas y pénétrer, mirent le feu aux quatre coins de la forteresse : les chevaliers de Bourgogne étouffèrent l'incendie sous les cadavres des ennemis, et ranimèrent leurs forces épuisées en buvant du sang, d'après le conseil de Hagen, ce qui leur donna une rage et un courage invincibles.

Le lendemain, Rudiger et Théodoric cherchèrent en vain à obtenir le libre retour des Bourguignons : Chriemhild voulut la tête de Hagen, mais le roi refusa fortement de le livrer à sa vengeance. Rudiger, dont la fille devoit épouser le prince Giselher de Bourgogne, fut forcé, comme vassal d'Etzel, de renouveler l'attaque : après une scène attendrissante entre ce prince et Hagen auquel il donna son bouclier (touché de l'héroïsme de son ennemi qui lui demanda ce dernier signe de son estime), il attaqua les héros de Bourgogne : le prince Gernot tomba entre ses mains : enfin lui et Giselher périrent au même moment en combattant corps à corps l'un contre l'autre.

Les gens de Rudiger furent tous tués. Lorsque les vassaux de Dietrich, roi des Amelongs (Ostrogoths), apprirent cette nouvelle, ils demandèrent la permission d'enlever le corps du margrave. Le roi Gunther étoit disposé à le leur donner, mais Volkner et Hagen exigèrent d'eux de venir le reconnoître parmi les autres morts. Ainsi commença une querelle qui eut pour suite un nouveau combat, où tous les hommes de Ditrich, envoyés vers les Bourguignons, restèrentsur la place.

Le grand prince des Amelongs s'avança alors avec Hildebrandt, le plus brave de ses compagnons. Il pria le roi de se livrer à lui avec le peu de héros, qui vivoient encore : sous cette condition il promit de sauverleur vie.

Les fiers Bourguignons refusèrent de se rendre ; le héros des Ostrogoths vainquit le roi et Hagen, l'un après l'autre, et les emmena liés devant Chriemhild, en l'exhortant à respecter leur vie. Chriemhild parla d'abord à Hagen seul, en lui promettant la vie sauve, s'il vouloit lui dire ce qu'étoit devenu le trésor des Nibelongs. Hagen refusa de trahir le secret tant que son roi vivroit. Chriemhild lui fit montrer aussitôt la tête de Gunther. En la voyant, Hagen lui dit qu'il avoit prévu sa cruauté, et qu'il avoit voulu la pousser jusqu'au meurtre de son propre frère : il lui déclara qu'elle ne sauroit jamais le secret, que maintenant lui seul possédoit, après la mort de tous les princes de Bourgogne.

A ces mots Chriemhild saisit un glaive, et fit voler la tête du héros , Hildebrandt, compagnon de Dietrich, à qui la garde de Hagen étoit confiée, saisi d'horreur assomma la reine. Ainsi périrent les Bourguignons, et Etzel resta seul avec Dietrich pour pleurer les morts.

J'ajouterai à ces notes, communiquées par S. Exc. M. Bunsen, que les Allemands ont une tragédie d'Attila de Warner. Il existe une Vie d'Attila écrite dans le douzième siècle, par Juvencus Cœcilius Calanus Delmaticus, et une autre Vie écrite dans le seizième, par Olaüs, archevêque d'Upsal. Il a paru dernièrement en Allemagne une histoire des Huns.

Études discours historiques

TH.

OU

DISCOURS HISTORIQUES SUR LA CHUTE DE L'EMPIRE ROMAIN, LA NAISSANCE ET LES PROGRÈS DU CHRISTIANISME, ET L'INVASION DES BARBARES;

Suivis d'une analyse raisonnée de l'histoire de France. de chateaubriand. rue de l'eperon, n°. 6

Canono o alisa che prete pibovine

OU

Discours historiques