Paraît quelques jours avant la célébration du Concordat. Contient Atala et René. Une première version de 430 pages aurait été imprimée à Londres en août 1799.
Genèse
Les Mémoires datent de l’exil à Londres la composition et l’impression d’un premier état du livre : à son départ pour la France, en 1800, l’imprimeur Dulau interrompt le tirage et lui remet les feuilles composées. De retour à Paris, il confie à Migneret le soin de recommencer l’impression interrompue.
L’œuvre
Quatre parties : dogmes et doctrine ; poétique du christianisme ; beaux-arts et littérature ; culte. Plutôt que de prouver la religion, l’auteur la montre belle : la cathédrale gothique, la cloche, les tombeaux, la poésie chrétienne. Atala et René y figurent comme illustrations.
Réception
Le livre paraît le 14 avril 1802, et le Concordat lui fournit « le décor et l’occasion superbe qu’il lui fallait » (Beaunier). Il vaut à son auteur un poste diplomatique. Le Journal des Débats parle d’« acclamations universelles » (5 messidor an X, cité par Bertrin). Louis Bertin y donne l’un de ses rares articles :
« Cet ouvrage contient une pensée vraie et grande qui en fait la force et qui est cachée sous la pompe des images comme une forte poutre destinée à soutenir l’édifice, que l’artiste a taillée en colonne pour l’orner. »
Louis Bertin, Journal des Débats, cité par Bardoux, La comtesse Pauline de Beaumont · Lire le passage
Fontanes défend le livre dans le Mercure : son article, écrit Mme de Beaumont, « surpasse nos espérances ». Ginguené l’attaque longuement dans la Décade philosophique (30 prairial, 10 et 20 messidor an X) ; il y voit, résume Cassagne, un livre de parti et de circonstance. Il demande aussi quelle solidité peut avoir une conversion par les larmes, et assure que l’ouvrage est déjà oublié :
« Il paraît s’être entièrement éclipsé dans le public, ou, si l’on veut, n’avoir pas obtenu ce que tout auteur désire pour son œuvre, ou en bien ou en mal, que le public s’en occupe. »
Ginguené, Décade philosophique, cité par Bertrin, La sincérité religieuse de Chateaubriand · Lire le passage
Un adversaire, l’abbé de Pradt, écrira au contraire en 1818 :
« De tous les écrits qui ont paru depuis trente ans, c’est celui qui a le plus agité la renommée et le plus remué l’opinion. »
Pradt, Les Quatre Concordats, cité par Bertrin, La sincérité religieuse de Chateaubriand · Lire le passage
Chateaubriand raconte la suite : Bonaparte y trouve son compte, puis le regrette ; l’Académie attaque le livre à l’occasion des prix décennaux. Une Défense du Génie du christianisme répond aux critiques dès 1803.
« il fut donc heureux d’être défendu au dehors par l’opinion que le Génie du Christianisme appelait. Plus tard, il se repentit de sa méprise »
Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 10 · Lire le passage
Éditions
En 1805, des « personnes chargées de l’instruction de la jeunesse » ayant demandé une édition dépouillée de la partie apologétique, Chateaubriand publie un abrégé, tout en renonçant à refondre l’ouvrage complet, par égard pour les acheteurs des premières éditions.
Textes en ligne
Texte en ligne : Génie du christianisme.
Extraits
« Les forêts des Gaules ont passé à leur tour dans les temples de nos pères, et nos bois de chênes ont ainsi maintenu leur origine sacrée. »
Troisième partie, livre I, chapitre VIII, « Des églises gothiques » (Wikisource). · Lire le passage
« MM. Dulau interrompirent le tirage du Génie du Christianisme, et m’en donnèrent les feuilles composées. »
Mémoires d’outre-tombe, livre XII, chapitre 6. · Lire le passage
« Des personnes chargées de l’instruction de la jeunesse ont désiré avoir une édition du Génie du Christianisme qui fût dépouillée de cette partie de l’Apologie, uniquement destinée aux gens du monde […] »
Préface de l’édition de 1805 (Wikisource). · Lire le passage
« […] j’ai publié l’abrégé que l’on attendoit de moi. »
Préface de l’édition de 1805 (Wikisource). · Lire le passage








