Notes et éclaircissements
Note XVIII, page 239
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Garnier Frères (texte de 1828), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
Imitation de Voltaire
Toi sur qui mon tyran prodigue ses bienfaits, Soleil ! astre de feu, jour heureux que je hais, Jour qui fais mon supplice et dont mes yeux s'étonnent Toi qui sembles le dieu des cieux qui t'environnent, Devant qui tout éclat disparoît et s'enfuit, Qui fait pâlir le front des astres de la nuit; Image du Très-Haut qui régla ta carrière, Hélas ! j'eusse autrefois éclipsé ta lumière!
Sur la voûte des cieux élevé plus que toi, Le trône où tu t'assieds s'abaissoit devant moi; Je suis tombé : l'orgueil m'a plongé dans l'abîme.
Hélas ! je suis ingrat, c'est là mon plus grand crime; J'osai me révolter contre mon Créateur :
C'est peu de me créer, il fut mon bienfaiteur.
Il m'aimoit; j'ai forcé sa justice éternelle D'appesantir son bras sur ma tête rebelle; Je l'ai rendu barbare en sa sévérité; Il punit à jamais, et je l'ai mérité.
Mais si le repentir pouvoît obtenir grâce!...
Non, rien ne fléchira ma haine et mon audace; Non, je déteste un maître, et sans doute il vaut mieux Régner dans les enfers qu'obéir dans les cieux.