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L'Enchanteur 1768—1848
Génie du christianisme Note XLVI, page 409

Notes et éclaircissements

Note XLVI, page 409

Génie du christianisme · 31 min de lecture · p. 628–641 · chapitre 224 sur 244

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Monuments détruits dans l'abbaye de saint-denis

Nous donnerons ici au lecteur des notes bien précieuses sur les exhumations de Saint-Denis: elles ont été prises par un religieux de cette abbaye, témoin oculaire de ces exhumations.

Situation des tombeaux

Dans le sanctuaire, du côlé de l'épitre.

Lo tombeau du roi Dagobert |°, mort en 638, et les deux statues de pierre de liais, l'une couchée, l'autre en pied, et celle de la reine Nanthilde, sa femme, en pied.

On a été obligé de briser la statue couchée de Dagobert, parce qu'elle faisoit partie du massif du tombeau et du mur; on a conservé le reste du tombeau, qui représente la vision d'un ermite, au sujet de ce que l'on dit être arrivé à l'âme de Dagobert après sa mort, parce que ce morceau de sculpture peut servir à l'histoire de l'art et à celle de l'esprit humain.

Dans la croisée du chœur, du côté de l'épitre, le long des grilles.

Le tombeau de Clovis II, fils de Dagobert, mort en 662.

Ce tombeau étoit en pierre de liais.

Celui de Charles Martel, père de Pépin, mort en 741. Il étoit en pierre. Celui de Pépin, son fils, premier roi de la deuxième race, mort en 768. A côté, celui de Berthe ou Bertrade, sa femme, morte en 783.

Du côté de l'évangile, le long des grilles.

Le tombeau de Carloman, fis de Pépin et frère de Charlemagne, mort er 771, et celui d'Hermentrude, femme de Charles le Chauve, à côté, laquelle mourut en 869. Ces deux tombeaux en pierre.

Du côte de l'épitre.

Le tombeau de Louis III, fils de Louis le Bègue, mort en 882, et celui de Carloman, frère de Louis III, mort 9u 884. L'un et l'autre en pierre.

Du côté de l'évangile.

Le tombeau d'Eudes le Grand, oncle de Hugues Capet, mort en 898, et celui de Hugues Capet, mort en 996.

Celui de Henri Ier, mort en 1060; de Louis VI, dit le Gros, mort en 1437, et celui de Philippe, fils aîné de Louis le Gros, couronné du vivant de son père, mort en 1131.

Celui de Constance de Castille, seconde femme de Louis VII, dit le Jeune, morte en 1159.

Tous ces monuments étoient en pierre, et avoient été construits sous le ' règne de saint Louis, au xu siècle. Ils contenoient chacun deux petits cercueils de pierre, d'environ trois pieds de long, recouverts d'une pierre en dos d'âne, où étoient renfermées les cendres de ces princes et princesses.

Tous les monuments qui suivoient étoient de marbre, à l'exception de deux qu'on aura soin de remarquer : ils avoient été construits dans le siècle où ent vécu les personnages dont ils contenoient les cendres.

Dans la croisée du chœur, du côté de l'épitre.

Le tombeau de Philippe le Hardi, mort en 1285, et celui d'Isabelle d'Aragon, sa femme, morte en 1272. Ces deux tombeaux étoient creux, et contenoient chacun un coffre de plomb, d'environ trois pieds de long sur huit pouces de haut. Ils renfermoient les cendres de ces deux époux.

Celui de Philippe IV, dit le Bel, mort en 4314.

Côté de l'évangile.

Louis X, dit le Hutin, mort en 1316, et celui de son fils posthume (Jean, que la plupart des historiens ne comptent pas au nombre des rois de France), mort la même année que son père, et quatre jours après sa naissance, pendant lequel temps il porta le titre de roi.

Aux pieds de Louis le Hutin, Jeanne, reine de Navarre, sa fille, morte en 1349.

Dans le sanctuaire, du côlé de l'évangile.

Philippe V, dit le Long, mort le 3 Janvier 1321, avec le cœur de sa femme, Jeanne de Bourgogne, morte le 21 janvier 1329; Charles IV, dit le Bel, mort en 1328, et Jeanne d'Évreux, sa femme, morte en 1370.

Chapelle de Notre-Dame-la-Blanuise, du côté de l'épitre.

Blanche, fille de Charles le Bel, duchesse d'Orléans, morte en 1392, et Marie, sa sœur, morte en 1341; plus bas. deux effigies de ces deux princesses, en pierre, adossées aux piliers de l'entrée de la chapelle.

Dans le sanctuaire de cotte chapelle, côté de l'évangile.

Philippe de Valois, mort en 1350, et Jeanne de Bourgogne, sa première femme, morte en 1348.

Blanche de Navarre, sa deuxième femme, morte en 1398. Jeanne, tille de Philippe de Valois et de Blanche, morte en 1373 ; plus bas, deux effigies, en pierre, de Blanche et Jeanne, adossées aux piliers du bas de a dite chapelle.

Chapelle de Saint-Jean-Baptiste, dite des Charles.

Charles V, surnommé le Sage, mort en 4380, et Jeanne de Bourbon, sa femme, morte en 1378.

Charles VI, mort en 1422, et Isabeau de Bavière, sa femme, morte en 1435. Charles VII, mort en 1461, et Marie d'Anjou, sa femme, morte en 1463.

Revenus dans le sanctuaire, du coté du maître autel. côté de l'évangile, le roi Jean, mort en Angleterre, prisonnier: en 1364.

Au bas du sanctuaire et des degrés, du côté de l'évangile, le massif du monument de Charles VIII, mort en 4498, dont l'effigie et les quatre anges qui étoient aux quatre coins avoient été retirés en 1792, a été démoli le 8 août 1793.

Dans la chapelle de Notre-Dame-la-Blanche étoient les deux effigies, en marbre blanc, de Henri II, mort en 1559, et de Catherine de Médicis, sa femme, morte en 1589; l'un et l'autre revêtus de leurs habits royaux, couchés sur un lit recouvert de lames de cuivre doré, aux chiffres de l'un et de l'autre et ornés de fleurs de lis. Dans la chapelle des Charles, le tombeau de Bertrand Du Guesclin, mort en 1380.

Nota. Ce tombeau, qui n'avoit pas été compris dans le décret, avoit été détruit par les ouvriers le 7 août, mais on a rapporté son effigie dans la chapelle de Turenne, en attendant qu'il fût transporté a'sa destination.

Nota. Les cendres des rois et reines, renfermées dans les cercueils de pierre ou de plomb des tombeaux creux mentionnés ci-dessus, ont été déposées, comme il a été dit ci-devant, dans l'endroit où avoit été érigée la tour des Valois, attenant à la croisée de l'église, du côté du septentrion, servant alors de cimetière. Ce magnifique monument avoit été détruit en 1719.

L'on n'a trouvé que très- peu de chose dans les cercueils des tombeaux creux ; il y avoit un peu de fil d'or faux dans celui de l'Pépin. Chaque cercueil contenoit la simple inscription du nom sur une lame de plomb, et la plupart de ces lames étoient fort endommagées par la rouille.

Ces inscriptions, ainsi que les coffres de plomb de Philippe le Hardi et d'Isabelle d'Aragon, ont été transportés à l'hôtel de ville, et ensuite à la fonte. Ce qu'on a trouvé de plus remarquable est le sceau d'argent, de forme ogive, de Constance de Castille, deuxième femme de Louis VII, dit le Jeune, morte en 4160; il pèse trois onces et demie; on l'a déposé à la municipalité pour être remis au cabinet des antiques de la Bibliothèque du Roi.

Le nombre des monuments détruits du 6 au 8 août 4793 au soir, qu'on a fini la destruction, monte à cinquante-et-un : ainsi, en trois jours, on a détruit l'ouvrage de douze siècles.

P. S. Le tombeau du maréchal de l'Turenne, qui avoit été conservé intact, . fut démoli en avril 1796 et transporté aux Petits-Augustins, au faubourg Saint-Germain, à Paris, où l'on rassemble tous les monuments qui méritent d'etre conservés pour les arts.

L'église, qui étoit toute couverte en plomb, ne fut découverte et le plomb porté à Paris qu'en 1795, mais le 6 septembre 1796 on a apporté de la tuile et de l'ardoise de Paris pour, dit-on, la recouvrir, afin de conserver ce magnifique monument.

Les superbes grilles de fer faites en 1702, par un nommé Pierre Denys, très-habile serrurier, ont été déposées et transportées à la bibliothèque du collége Mazarin, 2 Paris, en juillet 1796.

Ce même serrurier avoit fait de pareilles grilles pour l'abbaye de Chelles, lorsque Mme d'Orléans en étoit abbesse.

EXTRACTION DES CORPS DES BOIS, REINES, PRINCES ET PRINCESSES, AINSI QUE DES AUTRES GRANDS PERSONNAGES QUI ÉTOIENT ENTERRÉS

Dans l'église de l'abbaye de saint-denis en France, faite en octobre 1793

Le samedi 12 octobre 1793, on a ouvert le caveau des Bourbons, du côté des chapelles souterraines, et on a commencé par en tirer le cercueil du roi Henri IV, mort le 14 mai 1610, âgé de cinquante-sept ans.

Remarques. Son corps s'est trouvé bien conservé, et les traits du visage parfaitement reconnoissables. Il est resté dans le passage des chapelles basses, enveloppé de son suaire, également bien conservé. Chacun a eu la liberté de le voir jusqu'au lundi matin 14, qu'on l'a porté dans le chœur, au bas des marches du sanctuaire, où il est resté jusqu'à deux heures après midi, qu'on l'a déposé dans le cimetière dit des Valois, ainsi qu'il a été ci-devant dit, dans une grande fosse creusée dans le bas dudit cimetière, à droite, du côté du

Le lundi 14 octobre 1793.

Ce jour, après le dîner des ouvriers, vers les trois heures après midi, on continua l'extraction des autres cercueils des Bourbons :

Celui de Louis XIII, mort en 1643, âgé de quarante-deux ans; Celui de Louis XIV, mort en 1715, âgé de soixante-dix-sept ans; De Marie de Médicis, deuxième femme de Henri IV, morte en 1642, âgée de soixante-huit ans;

D'Anne d'Autriche, femme de Louis XIII, morte en 1666, âgée de soixante-quatre ans;

De Marie-Thérèse, infante d'Espagne, épouse de Louis XIV, morte en 1683, âgée de quarante-cinq ans;

De Louis, dauphin, fls de Louis XIV, mort en 1714, âgé de près de cinquante ans.

Remarques. Quelques-uns de ces corps étoient bien conservés, surtout celui de Louis XIII, reconnoissable à sa moustache; Louis XIV l'étoit aussi par ses grands traits, mais il étoit noir comme de l'encre. Les autres corps, et surtout celui du grand dauphin, étoient en putréfaction liquide.

Le mardi 15 octobre 1793

Vers les sept heures du matin, on a repris et continué l'extraction des cercueils des Bourbons par celui de Marie Leczinska, princesse de Pologne,. épouse de Louis XV. morte en 1768, âgée de soixante-cinq ans;

Celui de Marie-Anne-Christine-Victoire de Bavière, épouse de Louis, grand-dauphin, morte en 1690, âgée de trente ans;

De Louis, duc de Bourgogne, fils de Louis, grand-dauphin, mort en 1712, âge de trente ans;

De Mane-Adélaïde de Savoie, épouse de Louis, duc de Bourgogne, morte en 1712, âgée de vingt-six ans;

De Louis, duc de Bretagne, premier fils de Louis, duc de Bourgogne, mort en 1705, âgé de neuf mois et dix-neuf jours;

De Louis, duc de Bretagne, second fils du duc de Bourgogne, mort en 1712, âgé de six ans;

De Marie-Thérèse d'Espagne, première femme de Louis, dauphin, fils de Louis XV, morte en 4746, âgée de vingt ans,

De Xavier de France, duc d'Aquitaine, second fls de Louis, dauphin, mort le 22 février 1754, âgé de cinq mois et demi;

De Marie-Zéphyrine de France, fille de Louis, dauphin, morte le 27 avril 1748, âgée de vingt-et-un mois,

De N., duc d'Anjou, fils de Louis XV, mort le 7 avril 1733, âgé de deux ans sept mois trois jours.

On a aussi retiré du caveau les cœurs de Louis, dauphin, fils de Louis XV, mort à Fontainebleau, le 20 décembre 4765, et de Marie-Josèphe de Saxe, son épouse, morte le 13 mars 1767.

Nota. Leurs corps avoient été enterrés dans l'église cathédrale de Sens, ainsi qu'ils l'avoient demandé.

Remarques. Le plomb en figure de cœur a été mis de côté, et ce qu'il contenoit a été porté au cimetière et jeté dans la fosse commune avec tous les cadavres des Bourbons. Les cœurs des Bourbons étoient recouverts d'autres de vermeil ou argent doré, et surmontés chacun d'une couronne aussi d'argent doré. Les cœurs d'argent et leurs couronnes ont été déposés à la municipalité, et le plomb a été remis aux commissaires aux plombs.

Ensuite on alla prendre les autres cercueils à mesure qu'ils se présentoient à droite et à gauche.

Le premier fut celui d'Anne-Henriette de France, fille de Louis XV, morte le 40 février 1752, âgée de vingt-quatre ans cinq mois vingt-sept jours;

De Louise-Marie de France, fille de Louis XV, morte le 27, février 1733, âgée de quatre ans et demi;

De Louise-Élisabeth de France, fille de Louis XV, mariée au duc de Parme, . morte à Versailles, le 6 décembre 1759, âgée de trente-deux ans trois mois et vingt-deux jours;

De Louis-Joseph-Xavier de France, duc de Bourgogne, fils de Louis, dauphin, frère aîné de Louis XVI, mort le 22 mars 1764, âgé de neuf à dix ans;

De N. d'Orléans, second fils d'Henri IV, mort en 1611, âgé de quatre ans, De Marie de Bourbon de Montpensier, première femme de Gaston, fils de Henri IV, morte en 1627, âgée de vingt-deux ans;

De Gaston Jean-Baptiste, duc d'Orléans, fls de Henri IV, mort en 4660, âgé de cinquante deux ans;

De Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier, fille de Gaston et de Marie de Bourbon, morte en 1693, âgée de soixante-six ans;

De Marguerite de Lorraine, seconde femme de Gaston, morte le 3 avril 4672, âgée de cinquante-huit ans;

De Jean-Gaston d'Orléans, fils de Gaston Jean-Baptiste et de Marguerite de Lorraine, mort le 10 août 1652, à l'âge de deux ans;

De Marie-Anne d'Orléans, fille de Gaston et de Marguerite de Lorraine, morte le 17 août 1656, à l'âge de quatre ans.

Nota. Rien n'a été remarquable dans l'extraction des cercueils faite dans la journée du mardi 15 octobre 1793 : la plupart de ces corps étoient en putréfaction; il en sortoit une vapeur noire et épaisse, d'une odeur infecte, qu'on chassoit à force de vinaigre et de poudre qu'on eut la précaution de brûler, ce qui n'empêcha pas les ouvriers de gagner des dévoiements et des fièvres, qui n'ont pas eu de mauvaises suites.

Le mercredi 16 octobre 1793.

Vers les sept heures du matin, on a continué l'extraction des corps et cercueils du caveau des Bourbons. On a commencé par celui de Henriette-Marie de France, fille de Henri IV et épouse de l'infortuné Charles Ier, roi d'Angleterre, morte en 1669, âgée de soixante ans; et on a continué par celui de Henriette-Anne Stuart, fille dudit Charles Ier et première femme de Monsieur, frère unique de Louis XIV, morte en 1670, âgée de vingt-six ans;

De Philippe d'Orléans, dit Monsieur, frère unique de Louis XIV, mort en 1701, age de soixante-et-un ans;

D'Élisabeth-Charlotte de Bavière, seconde femme de Monsieur, morte en 1722, âgée de soixante-dix ans;

De Charles, duc de Berry, petit-fils de Louis XIV, mort en 1714, âgé de vingt-huit ans;

De Marie-Louise-Elisabeth d'Orléans, fille du duc régent du royaume, épouse de Charles, duc de Berry, morte en 1719, âgée de vingt-quatre ans;

De Philippe d'Orléans, petit-fils de France, régent du royaume sous la minorité de Louis XV, mort le jeudi 2 décembre 1723, âgé de quarante-neuf ans ;

D'Anne-Élisabeth de France, fille aînée de Louis XIV, morte le 30 décembre 1662, laquelle n'a vécu que quarante-deux jours;

De Marie-Anne de France, seconde fille de Louis XIV, morte le 28 décembre 1664, âgée de quarante-et-un jours;

De Philippe, duc d'Anjou, fils de Louis XIV, mort le 10 juillet 1671, âgé de trois ans;

De Louis, duc d'Anjou, frère du précédent, mort le 4 novembre 1672, lequel n'a vécu que quatre mois et dix-sept jours;

De Marie-Thérèse de France, troisième fille de Louis XIV, morte le 1e* mars 1672, âgée de cinq ans;

De Philippe-Charles d'Orléans, fils de Monsieur, mort le 8 décembre 1666, âgé de deux ans six mois ;

De N., fille de Monsieur, morte en naissant, en 1665, D'Alexandre-Louis d'Orléans, duc de Valois, fils de Monsieur, mort le 13 mars 1676, âgé de trois ans;

De Charles de Berry, duc d'Alençon, fils du duc de Berry, mort le 16 avril 1718, âgé de vingt-et-un jours;

De N. de Berry, fille du duc de Berry, morte en naissant, le 21 juillet 4741 ; De Marie-Louise-Elisabeth, fille du duc de Berry, morte en 1714, douze heures après sa naissance;

De Sophie de France, sixième fille de Louis XV, et tante de Louis XVI, morte le 6 mars 1782, âgée de quarante-sept ans sept mois et quatre jours.

Le N. de France, dite d'Angoulême, fille du comte d'Artois, frère de Louis XVI, morte le 23 juin 1783, âgée de cinq mois et seize jours;

De MADEMOISELLE, fille du comte d'Artois, frère de Louis XVI, morte le 23 juin 1783, âgée de sept ans trois mois et un jour;

De Sophie-Hélène de France, fille de Louis XVI, morte le 19 juin 1787, âgée de onze mois dix jours;

De Louis-Joseph-Xavier, dauphin, fils de Louis XVI, mort à Meudon, le 4 juin 1789, âgé de sept ans sept mois et treize jours.

Suite du mercredi 16 octobre 1793.

A onze heures du matin, dans le moment où la reine Marie-Antoinette d'Autriche, femme de Louis XVI, eut la tête tranchée, on enleva le cercueil de Louis XV, mort le 10 mai 1774, âgé de soixante-quatre ans.

Remarques. Il étoit à l'entrée du caveau, sur un banc ou massif de pierre, élevé à la hauteur d'environ deux pieds, au côté droit, en entrant, dans une espèce de niche pratiquée dans l'épaisseur du mur : c'étoit là qu'étoit déposé le corps du dernier roi, en attendant que son successeur vint pour le remplacer, et alors on le portoit à son rang dans le caveau.

On n'a ouvert le cercueil de Louis XV que dans le cimetière, sur le bord de la fosse. Le corps retiré du cercueil de plomb, bien enveloppé de linges et de bandelettes, paroissoit tout entier et bien conservé; mais dégagé de tout ce qui l'enveloppoit, il n'offroit pas la figure d'un cadavre; tout le corps tomba en putréfaction, et il en sortit une odeur si infecte, qu'il ne fut pas possible de rester présent : on brûla de la poudre, on tira plusieurs coups de fusil pour purifier l'air. On le jeta bien vite dans la fosse, sur un lit de chaux vive, et on le couvrit encore de terre et de chaux.

Autre remarque. Les entrailles des princes et princesses étoient aussi dans le caveau, dans des seaux de plomb déposés sous les tréteaux de fer qui portoient leurs cercueils : on les porta au cimetière : on jeta les entrailles dans la fosse commune. Les seaux de plomb furent mis de côté, pour être portés, comme tous les autres, à la fonderie qu'on venoit d'établir dans le cimetière même pour fondre le plomb à mesure qu'on en trouvoit.

Vers les trois heures après midi, on a ouvert, dans la chapelle dite des Charles, le caveau de Charles V, mort en 4380, âgé de quarante-deux ans, et celui de Jeanne de Bourbon son épouse, morte en 1378, âgée de quarante ans.

Charles de France, mort enfant en 1386, âgé de trois mois, étoit inhumé aux pieds du roi Charles V, son aïeul. Ses petits os, tout à fait desséchés, étoient dans un cercueil de plomb. Sa tombe, en cuivre, étoit sous le marche-pied de l'autel.

Isabelle de France, fille de Charles V, morte quelques jours après sa mère; Jeanne de Bourbon, morte en 137%, âgée de cinq ans, et Jeanne de France, sa sœur, morte en 1366, âgée de six mois et quatorze jours, étoient inhumées dans la même chapelle, à côté de leurs père et mère. On ne trouva que leurs os, sans cercueils de plomb, mais quelques planches de bois pourri.

Remarques. On a trouvé dans le cercueil de Charles V une couronne de vermeil bien conservée, une main de justice d'argent et un sceptre de cinq pieds de long, surmonté de feuilles d'acanthe d'argent, bien doré, dont l'or avoit conservé tout son éclat.

Dans le cercueil de Jeanne de Bourbon, son épouse, on a trouvé un reste de couronne, un anneau d'or, les débris de bracelets ou chaînons, un fuseau ou quenouille de bois doré, à demi pourri, des souliers de forme fort pointue, en partie consommés, brodés en or et en argent.

Les corps de Charles V et de Jeanne de Bourbon sa femme, de Charles VI et de sa femme, de Charles VII et de sa femme, retirés de leurs cercueils, ont été portés dans la fosse des Bourbons; après quoi, cette fosse a été cou- . verte de terre, et on en a fait une autre à gauche de celle des Bourbons dans le fond du cimetière, où on a déposé les autres corps trouvés dans l'église.

Le jeudi 17 octobre 1793, du matin, on a fouillé dans le tombeau de Charles VI, mort en 1422, âgé de cinquante-quatre ans, et dans celui d'Isabeau de Bavière, sa femme, morte en 1435; on n'a trouvé dans leurs cercueils que des ossements desséchés : leur caveau avoit été enfoncé lors de la démolition du mois d'août dernier. On mit en pièces et en morceaux leurs belles statues de marbre, et on pilla ce qui pouvoit être précieux dans leurs cercueils.

Le tombeau de Charles VII, mort en 4461, âgé de cinquante-huit ans, et celui de Marie d'Anjou, sa femme, morte en 1463, avoient aussi été enfoncés et pillés. On n'a trouvé dans leurs cercueils qu'un reste de couronne et de sceptre d'argent doré.

lenarques. Une singularité de l'embaumement du corps de Charles VII, c'est qu'on y avoit parsemé du vif-argent, qui avoit conservé toute sa fluidité. On a observé la même singularité dans quelques autres embaumements de corps du quatorzième et du quinzième siècle.

Le même jour, 17 octobre 1793, l'après-dînée, dans la chapelle de Saint-Hippolyte, on a fait l'extraction de deux cercueils de plomb, de Blanche de Navarre, seconde femme de Philippe de Valois, morte en 1391, et de Jeanne de France leur fille, morte en 1371, âgée de vingt ans. On n'a pas trouvé la tête de cette dernière; elle a été vraisemblablement dérobée il y a quelques années lors d'une réparation faite à l'ouverture du caveau.

On a ensuite fait l'ouverture du caveau de Henri II, qui étoit fort petit : on en tira d'abord deux cœurs, un gros, et l'autre moindre : on ne sait de qui ils viennent, étant sans inscriptions; ensuite quatre cercueils : 1° celui de Marguerite de France, femme de Henri IV, morte le 27 mai 1615, âgée de soixante-deux ans; 2° celui de François, duc d'Alençon, quatrième fils de Henri II, mort en 1584, âgé de trente ans; 3° celui de François II, qui n'a régné, qu'un an et demi, et qui mourut le 5 décembre 1560, âgé de dix-sept ans; 4° d'une fille de Charles IX, nommée Élisabeth de France, morte le 2 avril 1578, âgée de six ans.

Avant la nuit on a ouvert le caveau de Charles VIII, mort en 1498, âgé de vingt-huit ans. Son cercueil de plomb étoit posé sur des tréteaux ou barres de fer : on n'a trouvé que des os presque desséchés.

Le vendredi 18 octobre 1793, vers les sept heures du matin, on a continué l'extraction des cercueils du caveau de Henri II, et on en a tiré quatre grands cercueils : celui de Henri II, mort le 10 juillet 1559, âgé de quarante ans et quelques mois; de Catherine de Médicis sa femme, morte le 5 janvier 4589, âgée de soixante-dix ans; de Charles IX, mort en 1574, âgé de vingt-quatre ans; de Henri III, mort le 2 août 1589, âgé de trente-huit ans.

Celui de Louis, duc d'Orléans, second ils de Henri II, mort au berceau. De Jeanne de France et de Victoire de France, toutes deux filles de Henri II, mortes en bas âge.

Remarques. Ces cercueils étoient posés les uns sur les autres sur trois lignes : au premier rang, à main gauche en entrant, étoient les cercueils de Henri II, de Catherine de Médicis, sa femme et de Louis d'Orléans leur second fils; le cercueil de Henri II étoit posé sur des barres de fer, et les deux autres sur celui de Henri II.

Au second rang, au milieu du caveau, étoient quatre autres cercueils placés les uns sur les autres, et les deux cœurs ci-dessus mentionnés étoient posés dessus.

Au troisième rang, à main droite, du côté du chœur, se trouvoient quatre cercueils : celui de Charles IX, porté sur des barres de fer, en portoit un grand (celui de Henri III) et deux petits.

Sous les tréteaux ou barres de fer étoient posés les cercueils de plomb. Il y avoit beaucoup d'ossements; ce sont probablement des ossements trouvés dans cet endroit lorsqu'en 1719 on a fouillé pour faire le nouveau caveau des Valois, qui étoit avant construit dans l'endroit même où on a déposé les restes des princes et princesses au fur et à mesure qu'on en a découvert.

Le même jour, 18 octobre 1793, on est descendu dans le caveau de Louis XII, mort en 1515, âgé de cinquante-trois ans. Anne de Bretagne, son épouse, morte en 1514, âgée de trente-sept ans, étoit dans le même caveau à côté de lui : on a trouvé sur leurs cercueils deux couronnes de cuivre doré.

Dans le chœur, sous la croisée septentrionale, on a ouvert le tombeau de Jeanne de France, reine de Navarre, fille de Louis X, dit le Hutin, morte en 1349, âgée de trente-huit ans. Elle étoit enterrée aux pieds de son père, sans caveau : une pierre creuse, tapissée de plomb intérieurement, et couverte d'une autre pierre toute plate, renfermoit ses ossements; on n'a trouvé dans son cercueil qu'une couronne de cuivre doré.

Louis X, dit le Hutin, n'avoit pas non plus de cercueil de plomb, ni de caveau : une pierre creuse, en forme d'auge, tapissée en dedans de lames de plomb, renfermoit ses os desséchés, avec un reste de sceptre et de couronne de cuivre rongé par la rouille; il étoit mort en 1316, âgé de près de vingt-sept ans.

Le petit roi Jean, son fils posthume, étoit e côté de son père, dans une petite tombe ou auge de pierre, revêtue de plomb, n'avant vécu que quatre

Près du tombeau de Louis X, étoit enterré, dans un simple cercueil de pierre, Hugues, dit le Grand, comte de Paris, mort en 956, père de Hugues Capet, chef de la race des Capétiens. On n'a trouvé que ses os, presque en poussière.

On a été ensuite au milieu du chœur découvrir la fosse de Charles le Chauve, mort en 877, âgé de cinquante-quatre ans. On n'a trouvé, bien avant dans la terre, qu'une espèce d'auge en pierre, dans laquelle étoit un petit coffre, qui contenoit le reste de ses cendres. Il étoit mort de poison en deçà du Mont-Cenis, sur les confins de la Savoie, dans une chaumière du village de Brios, à son retour de Rome. Son corps fut mis en dépôt au prieuré de Mantui, du diocèse de Dijon, d'où il fut transporté sept ans après à Saint-

Le samedi 49 octobre 1793, la sépulture de Philippe, comte de Boulogne, fils de Philippe-Auguste, mort en 1223, n'a rien donné de remarquable, sinon la place de la tête du prince, creusée dans son cercueil de pierre.

Nous remarquerons la même chose pour celui de Dagobert.

Le cercueil de pierre, en forme d'auge, d'Alphonse de Poitiers, frère de saint Louis, mort en 1271, ne contenoit que des cendres; ses cheveux étoient bien conservés. Mais ce qui peut être remarquable, c'est que le dessous de la pierre qui couvroit son cercueil étoit tacheté, coloré et veiné de jaune et de blanc comme du marbre • les exhalaisons fortes du cadavre ont dû produire cet effet.

Le corps de Philippe-Auguste, mort en 1223, étoit entièrement consommé : la pierre taillé en dos d'âne qui couvroit le cercueil de pierre étoit arrondie du côté de la tête.

Le corps de Louis VIII, père de saint Louis, mort le 8 novembre 4226, âgé de quarante ans, s'est trouvé aussi presque consommé. Sur la pierre qui couvroit son cercueil étoit sculptée une croix en demi-relief : on n'y a trouvé qu'un reste de sceptre de bois pourri ; son diadème, qui n'étoit qu'une bande d'étoffe tissue en or, avec une grande calotte d'une étoffe satinée, assez bien conservée. Le corps avoit été enveloppé dans un drap ou suaire tissu d'or; on en trouva encore des morceaux assez bien conservés.

Remarques. Son corps ainsi enseveli avoit été recousu dans un cuir fort épais qui étoit bien conservé.

Il est le seul que nous ayons trouvé enveloppé dans un cuir. Il est vraisemblable qu'on ne l'a fait pour lui que pour que son cadavre n'exhalât pas au dehors de mauvaise odeur dans le transport qu'on en fit de Montpensier en Auvergne. où il mourut à son retour de la guerre contre les Albigeois.

On fouilla au milieu du chœur, au bas des marches du sanctuaire, sous une

tombe de cuivre, pour trouver le corps de Marguerite de Provence, femme de saint Louis, morte en 1295. On creusa bien avant en terre sans rien trouver : enfin on découvrit à gauche de la place où étoit sa tombe, une auge de pierre remplie de gravats, parmi lesquels étoient une rotule et deux petits os.

Dans la chapelle de Notre « Dame-la-Blanche, on a ouvert le caveau de Marie de France, fille de Charles IV, dit le Bol, morte en 1341, et de Blanche sa sœur, duchesse d'Orléans, morto en 1392. Le caveau étoit rempli de décombres, sans corps et sans cercueils.

En continuant la fouille dans le chœur, on a trouvé, à côté du tombeau de Louis VIII, celui où avoit été déposé saint Louis, mort en 1270. Il étoit plus court et moins large que les autres ; les ossements en avoient été retirés lors de sa canonisation, en 1297.

Nota. La raison pour laquelle son cercueil étoit moins large et moins long que les autres, c'est que, suivant les historiens, ses chairs furent portées en Sicile : ainsi on n'a rapporté à Saint-Denis que les os, pour lesquels il a fallu un cercueil moins grand que pour le corps entier.

On a ensuite décarrelé le haut du chœur pour découvrir les autres cercueils cachés sous terre. On a trouvé celui de Philippe le Bel, mort en 1314, âgé de quarante-six ans. Ce cercueil étoit de pierre, recouvert d'une large dalle. Il n'y avoit pas d'autre cercueil que la pierre, creusée en forme d'auge et plus large à la tête qu'aux pieds, et tapissée en dedans d'une lame de plomb, et une forte et large lame aussi de plomb, scellée sur les barres de fer qui fermoient le tombeau. Le squelette étoit tout entier : on a trouvé un anneau d'or, un sceptre de cuivre doré, de cinq pieds de long, terminé par une touffe de feuillage sur laquelle étoit représenté un oiseau aussi de cuivre

Le soir, à la lumière, on a ouvert le tombeau de pierre du roi Dagobert, mort en 638. Il avoit plus de six pieds de long : la pierre étoit creusée pour recevoir la tête, qui étoit séparée du corps. On a trouvé un coffre de bois d'environ deux pieds de long, garni en dedans de plomb, qui renfermoit les os de ce prince et ceux de Nanthilde, sa femme, morte en 642. Les ossements étoient enveloppés dans une étoffe de soie, séparés les uns des autres par une planche intermédiaire, qui partageoit le coffre en deux parties. Sur un des côtés de ce coffre étoit une lame de plomb, avec cette inscription :

Hic jacet corpus dagoberti

Sur l'autre côté, une lame de plomb portoit :

Hic jacet corpus nanthildis

On n'a pas trouvé la tête de la reine Nanthilde. Il est probable qu'elle sera restée dans l'endroit de sa première sépulture, lorsque saint Louis les fit retirer pour les placer dans le tombeau qu'il leur fit élever dans le lieu où il se voit aujourd'hui.

Dimanche 20 octobre 1793.

On a travaille à détacher le plomb qui couvroit le dedans du tombeau og pierre de Philippe le Bel. On a refouillé auprès de la sépulture de saint Louis, cans l'espérance d'y trouver le corps de Marguerite de Provence, sa femme : on n'a rien trouvé qu'une auge de pierre sans couverture, remplie de terre et de gravats.

Dans cet endroit devoit être aussi le corps de Jean Tristan, comte de Nevers, fils de saint Louis, mort en 1270, quelques jours avant son père, près de Carthage en Afrique.

Dans la chapelle dite des Charles, on a retiré le cercueil de plomb de Bertrand Du Guesclin, mort en 1380. Son squelette étoit tout entier, la tête bien conservée, les os bien propres et tout à fait desséchés. Auprès de lui étoit le tombeau de Bureau de La Rivière, mort en 1400. Il n'avoit que trois pieds de long; on en a retiré le cercueil de plomb.

Après bien des recherches, on a trouvé l'entrée du caveau de François I°", mort en 1547, âgé de cinquante-deux ans.

Ce caveau étoit grand et bien voûté; il contenoit six corps renfermés dans des cercueils de plomb, posés sur des barres de fer : celui de François le; celui de Louise de Savoie, sa mère, morte en 1531; de Claudine de France, sa femme, morte en 1524, âgée de vingt-cinq ans; de François, dauphin, mort en 1536, âgé de dix-neuf ans, de Charles, son frère, duc d'Orléans, mort en 1544, âgé de vingt-trois ans, et celui de Charlotte, sa sœur, morte en 1524, âgée de huit ans.

Tous ces corps étoient en pourriture et en putréfaction liquide, et exhaloient une odeur insupportable; une eau noire couloit à travers leurs cercueils de plomb dans le transport qu'on en fit au cimetière.

On a repris la fouille dans la croisée méridionale du chœur; on a trouvé une auge ou tombe de pierre remplie de gravats. C'étoit le tombeau de Pierre

Sur le soir, on a trouvé, près de la grille du côté du midi, le tombeau de Matthieu de Vendôme, abbé de Saint-Denis et régent du royaume sous saint Louis et sous son fils Philippe le Hardi ; il n'avoit pas de cercueil, ni de pierre, ni de plomb; il avoit été mis en terre dans un cercueil de bois, dont on trouva encore des morceaux de planches pourries. Le corps étoit entièrement consommé : on n'a trouvé que le haut de sa crosse de cuivre doré et quelques lambeaux de riche étoffe, ce qui marque qu'il avoit été enseveli avec ses plus riches ornements d'abbé. Il étoit mort en 1286, le à septembre, au commencement du règne de Philippe le Bel.

L' lundi 21 octobre 1793.

Au milieu de la croisée du chœur, on a levé le marbre qui couvroit, le petit caveau où on avoit déposé, au mois d'août 1791. les ossements et cendres de six princes et une princesse de la famille de saint Louis, transférés en cette église, de l'abbaye de Royaumont, où ils étoient enterrés; les cendres et ossements ont été retirés de leurs coffres ou cercueils de plomb, et portés au cimetière dans la seconde fosse commune, où Philippe-Auguste, Louis VIII, François I** et toute sa famille avoient été portés.

Dans l'après-midi, on a commencé à fouiller dans le sanctuaire, à côté du grand autel, à gauche, pour trouver les cercueils de Philippe le Long, mort en 1322; de Charles IV, dit le Bel, mort en 1328 ; de Jeanne d'Evreux, troisième femme de Charles IV, morte en 1370; de Philippe de Valois, mort en 1350, âgé de cinquante-sept ans; de Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe de Valois, morte en 1348, et celui du roi Jean, mort en 1364.

Le mardi 22 octobre 1795.

Dans la chapelle des Charles, le long du mur de l'escalier qui conduit au chevet, on a trouvé deux cercueils l'un sur l'autre : celui de dessus, de pierre carrée, renfermoit le corps d'Arnaud Guillem de Barbazan, mort en 1431, premier chambellan de Charles VII; celui de dessous, couvert de lames de plomb, contenoit le corps de Louis de Sancerre, connétable sous Charles VI, mort en 1402, âgé de soixante ans; sa tête étoit encore garnie de cheveux longs et partagés en deux cadenettes, bien tressées.

'On a levé ensuite la pierre perpendiculaire qui couvroit les tombeaux en pierre de l'abbé Suger et de l'abbé Troon; le premier, mort en 1454, et le second en 1221 : on n'y a trouvé que des os presque en poussière.

On a continué la fouille dans le sanctuaire, du côté de l'évangile, et on a découvert, bien avant en terre, une grande pierre plate qui couvroit les tombeaux de Philippe le Long et des autres.

On s'en tint là, et, pour finir la journée, on alla dans la chapelle dite du Lépreux, lever la tombe de Sédille de Sainte-Croix, morte en 1380, femme de Jean Pastourelle, conseiller du roi Charles V : on n'a trouvé que des ossements consommés.

Le mercredi 23 octobre 1793.

On a repris, du matin, le travail qu'on avoit laissé la veille, pour la décou verte des tombeaux du sanctuaire.

On trouva d'abord celui de Philippe de Valois, qui étoit de pierre, tapissé intérieurement de plomb, fermé par une forte lame de même métal, soudée sur des barres de fer; le tout recouvert d'une longue et large pierre plate on a trouvé une couronne et un sceptre surmonté d'un oiseau de cuivre doré.

Plus près de l'autel, on a trouvé le tombeau de Jeanne de Bourgogne. première femme de Philippe de Valois; on y a trouvé son anneau d'argent, un reste de quenouille ou fuseau et des os desséchés.

Le jeudi 24 octobre.

A gauche de Philippe de Valois étoit Charles le Bel. Son tombeau étoit construit comme celui de Philippe de Valois; on y a trouvé une couronne

d'argent doré, un sceptre de cuivre doré, haut de près de sept pieds, un anneau d'argent, un reste de main de justice, un bâton de bois d'ébène, un oreiller de plomb pour reposer la tête; le corps étoit desséché.

Le vendredi 25 octobre.

1.9 tombeau de Jeanne d'Evreux avoit été remué, la tombe étoit brisée en trois morceaux, et la lame de plomb qui fermoit le cercueil étoit détachée; on ne trouva que des os détachés sans la tête; on ne fit pas d'information ; Il y avoit néanmoins apparence qu'on étoit venu, dans la nuit précédente, dépouiller ce tombeau.

Au milieu, on trouva le tombeau en pierre de Philippe le Long; son squelette étoit bien conservé, avec une couronne d'argent doré enrichie de pierreries, une agrafe de son manteau en losange, avec une autre plus petite, aussi d'argent, partie de sa ceinture d'étoffe satinée, avec une boucle d'argent doré et un sceptre de cuivre doré. Au pied de son cercueil étoit un petit caveau où étoit le cœur de Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe de Valois, renfermé dans une cassette de bois presque pourri; l'inscription étoit sur une lame de cuivre.

On a aussi découvert le tombeau du mi Jean, mort en 1364, en Angleterre, âge de cinquante-quatre ans : on y a trouvé une couronne, un sceptre fort haut, mais brisé, une main de justice, le tout d'argent doré. Son squelette etoit entier. Quelques jours après, les ouvriers, avec le commissaire aux piombs, ont été au couvent des Carmelites faire l'extraction du cercueil de madame Louise de France, ille de Louis XV, morte le 23 décembre 1787, âgée de cinquante ans et environ six mois. Ils l'ont apporté dans le cimetière, et le corps a été déposé dans la fosse commune; il étoit tout entier, mais en pleine putréfaction ; ses habits de carmélite étoient très-bien conservés.

Dans la nuit du 11 au 12 septembre 1793, par ordre du département, en présence du commissaire du district et de la municipalité de Saint-Denis, on a enlevé du trésor tout ce qui y étoit, châsses, reliques, etc. ; tout a été mis dans de grandes caisses de bois, ainsi que tous les riches ornements de l'église, et le tout est parti dans des chariots pour la Convention, en grand appareil et grand cortége de la garde des habitants de la ville, le 13, vers les dix heures du matin.

Supplément.

Le 18 janvier 1794, le tombeau de François la étant démoli, il fut aisé d'ouvrir celui de Marguerite, comtesse de Flandre, fille de Philippe le Long et femme de Louis, comte de Flandre, morte en 1382, âgée de soixante-six ans; elle étcit dans un caveau assez bien construit; son cercueil de plomb etoit posé sur des barres de fer : on n'y trouva que des os bien conservés et quelques restes de planches de bois de châtaignier. Mais on n'a pas trouvé la sepulture du cardinal de Retz, dît le Coadjuteur, mort en 1679, âgé de soixante-six ans, non plus que celle de plusieurs autres grands personnages.