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L'Enchanteur 1768—1848
Génie du christianisme Note XXXVIII, page 365

Notes et éclaircissements

Note XXXVIII, page 365

Génie du christianisme · 1 min de lecture · p. 614 · chapitre 216 sur 244

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Garnier Frères (texte de 1828), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Autre fragment des cloitres en ruines

Mais de plus fiers débris appellent mes pinceaux... Courons vers ces rochers, noir berceau des orages, Aux bords de cette mer si féconde en naufrages, Dont le fils de Fingal a chanté les héros.

Là, d'antiques forêts, un vallon solitaire, Où le daim vagabond paît l'herbe des tombeaux, Quelques sapins épars, un torrent dont les eaux Roulent avec fracas à travers la bruyère; Le tonnerre grondant sous un ciel nébuleux, Et des vents et des flots le sauvage murmure; Aux gothiques débris d'un cloître ténébreux La fougère mêlant sa funèbre parure, Tout enchante mes seas, tout en ces sombres lieux D'une sublime horreur épouvante mes yeux.

L'imagination, de ses rapides ailes, Embrasse de ces monts les neiges éternelles Et les peuple bientôt de mille souvenirs.

Son regard suit encor ces pieux solitaires Errant sous les arceaux de leurs noirs monastères, Dans la brise du soir elle entend leurs soupirs; En silence elle écoute, immobile, rêveuse, De l'orgue qui gémit la plainte harmonieuse :

Il lui semble qu'au loin d'invisibles concerts S'élèvent, emportés dans le vague des airs, Et de l'autel brisé relevant l'édifice, A l'Éternel encore elle offre un sacrifice.

(Note de l'Éditeur.)