Notes et éclaircissements
Note XXV, page 314
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Garnier Frères (texte de 1828), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
On se refuse presque à croire que quelques-unes de ces notes soient de Voltaire, tant elles sont au-dessous de lui. Mais on ne peut s'empêcher d'être révolté à chaque instant de la mauvaise foi des éditeurs et des louanges qu'ils se donnent entre eux. Qui croiroit, à moins de l'avoir vu imprimé, que dans une notule, faite sur une note, on appelle le commentateur le Secrétaire de Marc-Aurèle, et Pascal le Secrétaire de Port-Royal? Dans cent autres endroits on force les idées de Pascal pour le faire passer pour athée. Par exemple, lorsqu'il dit que la raison de l'homme seule ne peut arriver à une demonstration parfaite de l'existence de Dieu, on triomphe, on s'écrie qu'il est beau de voir Voltaire prendre le parti de Dieu contre Pascal. En vérité, c'est bien se jouer du sens commun et compter sur la bonhomie du lecteur.
N'est-il pas évident que Pascal raisonne en chrétien qui veut presser l'argument de la nécessité d'une révélation? Il y a d'ailleurs quelque chose de pis que tout cela dans cette édition commentée. Il ne nous est nasdémontré qne les Pensées nouvelles qu'on y a ajoutées ne soient pas au moins dénaturées, pour ne rien dire de plus. Ce qui autorise à le croire, c'est qu'on s'est permis de retrancher plusieurs des anciennes, et qu'on a souvent divisé les autres, sous prétexte que le premier ordre étoit arbitraire, de manière à ce qu'elles ne donnent plus le même sens. On conçoit combien il est aisé d'altérer un passage en rompantlachaînedesidées, et en séparant deux membres de phrase pour en faire deux sens complets. Il y a une adresse, une ruse, une intention cachée dans cette édition, quil'auroient rendue dangereuse. si les notes n'avoient heureusement détruit tout le fruit qu'ons'en étoit promis.